mardi, 27 mars 2018 11:13

Un bien pas si commun

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editoVietnam © Pascal Deloche/GodongLes deux thèmes de ce cahier sont apparemment antagoniques, telle une maladie et son remède. Face à la menace de l’explosion démographique et à l’inévitable rétrécissement de l’espace vital, les solutions apocalyptiques ont toujours séduit. Le cinéma, les bandes dessinées offrent de spectaculaires échantillons de massacres qui colonisent l’imaginaire populaire et faussent la perspective.

Lorsqu’il n’a plus été possible de compter sur la sélection naturelle, les catastrophes naturelles, les épidémies ou les guerres pour régulariser la progression de la population du globe, on a recouru aux génocides.

Même si leurs fauteurs prétendent en avoir perdu le souvenir et s’indignent lorsque l’histoire leur rafraîchit la mémoire, l’ancien virus n’est pas mort. «Les nôtres d’abord» prend désormais le relais. Les arguments qui ont justifié les guerres et les brigandages coloniaux sont de retour, revus et corrigés. Il s’agit moins de maîtriser une démographie que de sauvegarder les intérêts d’une nation ou d’une clique, habilement travestis en bien commun.

L’horizon politique et économique se rétrécit à mesure que l’interdépendance des problèmes qui affectent l’humanité déborde les limites d’une nation ou la comptabilité d’une multinationale. La faim dans le monde, les problèmes écologiques, l’accaparement des richesses par une minorité, la mauvaise distribution des ressources, la prise en otage de la politique par l’économie, la gestion du phénomène migratoire remettent en question les notions de nation et de citoyenneté et bousculent les douanes. Confondue avec les intérêts communs d’une petite frange de la population, la notion de bien commun s’est dégradée.

Parce que la Terre et ses ressources ont été données à tous, le souci du bien commun impose de réfléchir en termes d’humanité, sans oublier les générations futures. Invitation à porter un regard plus large, plus universel, au-delà des intérêts d’un groupe ou d’une nation, si vastes et légitimes soient-ils. Dans une formule ramassée, Benoît XVI parle du «bien du nous-tous».[1] Mieux que des recettes, il s’agit d’une visée, d’une ligne de conduite: l’Homme est la mesure de toute décision politique ou économique. Peu importent sa couleur, sa race, sa culture, sa religion.

Au niveau global de l’humanité comme à celui plus local des flux migratoires, la gestion des problèmes démographiques est nécessairement grevée d’une «hypothèque sociale» ;[2] seules des mesures globales et solidaires rendent compte du bien commun. Vaste programme, bien difficile à atteindre « car il requiert la capacité de réaliser le bien des autres comme si c’était le sien et de le rechercher constamment ».[3]

Déjà résonnent, indignées, les interventions des députés de certains partis et les protestations d’actionnaires réunis en assemblées générales d’entreprises.

Découvrez ici le sommaire de la revue choisir n°687, avec ses deux dossiers : Démographie et L'Apocalypse.

[1] Caritas in veritate, Rome 2009.
[2] Jean-Paul II.
[3] Compendium de la Doctrine sociale de l’Église catholique, n° 16.

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