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Michel Porret

En 1816, la romancière anglaise Mary Shelley rédige à Cologny l’histoire d’une pathétique créature cadavérique qui épouvante la société d’alors. Ce faisant, elle pose les jalons d’un imaginaire littéraire de l’expérimentation humaine et animale, menant à la post-humanité.

Après le Golem (hercule argileux de la kabbale), qu’anime le rabbin Loew dans le ghetto de Varsovie sous Rodolphe II de Habsbourg,[1] la figure de la créature révoltée contre son créateur inspire la romancière Mary Wollstonecraft Godwin, bientôt Shelley. Ayant fui l’Angleterre puritaine de la Regency, elle s’installe en mai 1816 à Cologny (villa Diodati, surplombant Genève), avec sa demi-sœur Claire Clermont et son futur mari, le poète Percy B. Shelley. Les accompagnent l’écrivain Lord Byron et le médecin William Polidori.

mercredi, 15 octobre 2014 10:41

Les Lumières du pénal

Il y a 250 ans, Cesare Beccaria publiait Dei delitti e delle pene, véritable best-seller des Lumières. A l'heure où le populisme pénal ethnicise la criminalité, flatte la vindicte sociale, récuse l'Etat réparateur et prône l'excès pénal pour répondre à la question sociale de la misère et réprimer les indésirables sociaux, la parole humaniste de ce juriste du XVIIIe siècle retrouve tous ses droits.

« Il n’y point de méchant qu’on ne pût rendre bon à quelque chose. » Cet utilitarisme convenu, qu’affiche Rousseau dans le « Contrat social », évoque le fameux mot de Voltaire qui salue Cesare Beccaria en 1766 : « Un homme pendu n’est bon à rien. » Pourtant, de même que Montesquieu ou Kant, Rousseau adhère pleinement à l’utilité supposée de la peine capitale. Un aspect de sa pensée, à redécouvrir à l’occasion du tricentenaire de sa naissance.