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Editoriaux

jeudi, 27 septembre 2018 11:53

L’image de Dieu amputée

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masculin feminin symbolesAu Nord de la lagune de Venise, à Torcello, dans la cathédrale Maria Asunta datant de 639, une inscription sur le bandeau de l’abside m'a enchanté: «Je suis Dieu et homme, l'image du père et de la mère; du coupable je ne suis pas loin, mais du repenti je suis proche.» Dieu, image de la mère tout autant que du père! Aussitôt surgit l’inévitable question: où donc dans l’Église se cache l’image de la mère?

jeudi, 28 juin 2018 16:00

Se réapproprier le corps

Écrit par

edito688© Svensen/FotoliaQui n’a jamais vécu cette expérience troublante -décrite diversement par des existentialistes comme Sartre- d’apercevoir son reflet au détour d’une vitrine et de ne pas se reconnaître, l’image projetée ne correspondant pas à celle que nous nous faisons de nous-même, nous renvoyant à celle d’un corps réduit à l’état d’«objet»? Il nous faut alors nous «réidentifier» à notre propre enveloppe physique. Ce processus jalonne nos vies, avec ces étapes où le corps se transforme radicalement (vieillissement, régime drastique, grossesse, accident). Il est particulièrement aigu chez les adolescents. Rien d’étonnant à ce qu’ils jettent un œil à chaque miroir devant lequel ils passent, pour apprivoiser ce Moi corporel qui, hier encore, était celui d’un enfant, mais qui les projette aujourd’hui dans le monde des adultes.

mardi, 27 mars 2018 11:13

Un bien pas si commun

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editoVietnam © Pascal Deloche/GodongLes deux thèmes de ce cahier sont apparemment antagoniques, telle une maladie et son remède. Face à la menace de l’explosion démographique et à l’inévitable rétrécissement de l’espace vital, les solutions apocalyptiques ont toujours séduit. Le cinéma, les bandes dessinées offrent de spectaculaires échantillons de massacres qui colonisent l’imaginaire populaire et faussent la perspective.

Lorsqu’il n’a plus été possible de compter sur la sélection naturelle, les catastrophes naturelles, les épidémies ou les guerres pour régulariser la progression de la population du globe, on a recouru aux génocides.

jeudi, 28 décembre 2017 08:48

Le dévoilement, un don

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Mai 2005, festival Music to rock the Nation, Paris © Nicolas Messyasz/CIRICMai 2005, festival Music to rock the Nation, Paris © Nicolas Messyasz/CIRICExplorer le thème Musique et identité révèle des surprises. Je fais partie des personnes pour lesquelles le lien avec la musique est compliqué. Dépourvue d’oreille et de mémoire musicales, chantant faux, je suis en outre tétanisée dès que l’on me demande de citer un morceau aimé ou de choisir un disque. Je préfère laisser les animateurs radio ou les bandes aléatoires d’ITunes décider pour moi. Osons un peu de psychologie de café du commerce: on est ce qu’on écoute, comme on est ceux que l’on fréquente!

jeudi, 28 septembre 2017 11:30

Viva la muerte !

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RevolutionElles marchent main dans la main, comme deux sœurs, la révolution et la mort. Des jumelles peut-être, tant elles sont inséparables.
L’une imagine un monde meilleur, le grand bond en avant, et rêve de transformer l’ordre établi.
L’autre, impatiente et violente, lui ouvre le chemin, liquidant le passé sans état d’âme. Sans la mort, telle un animal stoppé dans son élan, la révolution stagne au niveau des utopies; elle garde un goût d’inachevé. Avec la mort, elle devient odieuse. Certaines révolutions, il est vrai, se sont heureusement passées des services de la mort et de la violence pour bouleverser l’Ordre ancien: la révolution des œillets au Portugal (1974), celle de velours en Tchécoslovaquie (1989), la révolution orange en Ukraine (2004).

Éditorial du dernier numéro de notre revue. Découvrez le sommaire du choisir n° 685

mercredi, 05 juillet 2017 08:40

Des extrêmes à la radicalisation

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p23SpieringsHerrmannDe l’infiniment petit à l’infiniment grand de l’Univers, des violentes et meurtrières catastrophes naturelles à la fragilité d’une aile de papillon ou la douceur d’un flocon de neige, de la barbarie la plus sanguinaire aux purs actes d’amour, de la misère et la faim qui tenaillent des populations entières à la richesse indécente de quelques-uns toujours plus fortunés (voir l'article d'E. Perrot), les extrêmes sont de ce monde, constamment et partout. Ils modèlent nos environnements, influencent le cours de l’Histoire, inspirent nos âmes... et choisir, qui se penche sur ce sujet dans son numéro d'été.

jeudi, 30 mars 2017 11:02

Ne pas avoir honte demain

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La dignité piétinéeLa dignité piétinée de Gringo Cardic (©MICR)La vie est dans le mouvement, disait le Philosophe. Et celle des peuples, dans la marche! Simplement pour vivre? Pour survivre! Si quelques-uns se sont mis en route en quête d’un climat social et économique plus favorable, ou pour mettre leur argent à l’abri, d’autres sont partis pour échapper à des contraintes politiques, aux persécutions, à la famine, à la guerre, à la torture. Laissant derrière eux une patrie, un environnement social, une maison, les tombes de leurs ancêtres et l’album de leurs souvenirs, ils ont fui vers un inconnu à peine choisi.

vendredi, 30 décembre 2016 16:17

Papillons de nuit

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Difficile de ne pas se laisser affecter par l’actualité. L’année écoulée a égrené son chapelet aux perles amères: attentats, flots de migrants, candidats présidentiels prônant la construction de murs... Plus d’un d’entre nous se sent assommé, voire angoissé, face à ces événements. Les temps sont sombres, répétons-nous à l’envi, nous stimulant mutuellement dans un pessimisme bien appuyé. L’obscurité étendrait son linceul...

En mars 2016, une éclipse totale de Soleil a obscurci le ciel en Indonésie. Le phénomène a été célébré dans l’archipel par des rituels tribaux et des prières. Aussi archaïques que ces manifestations puissent paraître, elles disent quelque chose d’essentiel de notre réalité humaine : nous sommes des êtres marqués par l’alternance du jour et de la nuit, effrayés par les ténèbres - du monde extérieur et en nous –, et nous aspirons de tous nos vœux à la lumière.

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