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Editoriaux

Le 17 mars 2013, au cours du premier Angélus suivant son élection, Jorge Mario Bergoglio citait le livre du cardinal Kasper, La miséricorde, notion fondamentale de l’Evangile, clé de la vie chrétienne, et déclarait : « Ce livre m’a fait du bien, beaucoup de bien. » Peu nombreux étaient à l’époque ceux qui pouvaient deviner l’importance que ce thème allait avoir pour son pontificat. François a d’ailleurs con­servé sa devise épiscopale Miserando atque eligendo. Il l’a expliquée dans son entretien avec Antonio Spadaro sj pour les revues jésuites[1] (qui publient de concert le présent éditorial). Le pape François disait alors : « Le gérondif latin miserando me semble intraduisible tant en italien qu’en espagnol. Il me plaît de le traduire avec un autre gérondif qui n’existe pas : misericordiando (en faisant miséricorde). »

mardi, 01 décembre 2015 09:37

Noël perverti ?

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« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime. » Toute la tendresse du Ciel pour l’humanité est comme ramassée dans le chant des anges. Un message qui ne cesse de ravir ceux et celles qui aspirent à la paix comme au suprême bonheur. Si le mystère de l’Incarnation et de la naissance de Jésus interpelle de moins en moins l’ensemble de la société, l’annonce de la paix ne laisse personne indifférent. Une fois l’an, elle vient réveiller une aspiration qui sommeille dans le fond insondable des inconscients, plus tenace que les croyances et les enseignements des Eglises.

mercredi, 04 novembre 2015 14:48

Le Synode, au-delà des attentes

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On attendait - ou on redoutait - du Synode des permissions et des interdits. Tels les incontournables indicateurs du renouveau ou de la stagnation de l’Eglise catholique, la contraception, les relations entre homosexuels ou la communion des divorcés remariés ont occupé presque tout l’horizon de la presse. Or, rien de cela dans les 72 pages du rapport final que les évêques ont remis au pape François, auquel appartient l’ultime décision. Pas de permissions, pas d’interdictions, mais beaucoup plus : une grande nouveauté dans la manière de gouverner et d’enseigner dans l’Eglise.

jeudi, 01 octobre 2015 10:26

Avons-nous le choix ?

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Depuis une quarantaine d’années, le new age annonce l’avènement, plus ou moins proche, d’une nouvelle ère pour l’humanité, celle « du verseau », plus emplie de sagesse et d’harmonie, moins belliqueuse que notre ère astrologique actuelle. Pour caricaturer, aux conflits fratricides et aux guerres de religions, à l’obsession matérialiste de nos sociétés, devrait succéder un éveil spirituel des consciences, menant à plus d’harmonie et de paix. Aussi farfelues que ces thèses puissent paraître, il est indéniable que les changements de paradigmes qu’elles annoncent rejoignent les appels de nombreux chrétiens à une révolution culturelle et spirituelle. L’Eglise, retrouvant sa voix prophétique au travers du pape François, ne cesse d’inviter à la conversion urgente des cœurs.

jeudi, 03 septembre 2015 16:33

La réforme est notre affaire

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Les fidèles attendent une réforme des institutions de l’Eglise. Le nouveau style du pape François, en effet, a fait naître de grands espoirs. Nombreux cependant sont celles et ceux qui se demandent s’il aura le temps de la mener à terme. Mais à trop se focaliser sur les structures, on en vient à perdre de vue les avancées réelles du renouveau qui pointent un peu partout dans le tissu de l’Eglise catholique. Les institutions sont nécessaires, mais elles ne précèdent pas la vie ; elles la suivent pour reconnaître et codifier ce qui existe déjà. Prétendre redonner vie à coups de lois et de décrets est une entreprise vouée à l’échec, qui finit tôt ou tard par se bureaucratiser, se corrompre et succomber.[1] Autant mettre la charrue devant les bœufs ! Les exhortations répétées du pape François nous invitent à mettre immédiatement en pratique un nouveau style de vie, sans attendre l’instauration de nouvelles structures. Même si une série d’organismes, et non des moindres,[2] ont déjà fait l’objet d’une réforme. En d’autres termes : la réforme de l’Eglise commence par la vie concrète, et elle est l’affaire des fidèles avant d’être celle des commissions et des experts. Qui a suivi avec un brin d’attention le voyage de François en Amérique latine n’aura pas de peine à s’en convaincre.

lundi, 29 juin 2015 16:14

Bonnes vacances !

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Bonnes, très bonnes vacances ! C’est le souhait chaleureux que la rédaction de choisir adresse volontiers à ses lecteurs, en leur proposant dans ce numéro une large gamme d’articles qui les invitent à apprécier les bienfaits d’une pause annuelle.

Certes, nombre de nos contemporains, voire de proches, ne connaîtront malheureusement pas ce temps de ressourcement. Au cœur des douloureuses situations conflictuelles du monde, de la réalité du chômage, du manque d’argent, de la maladie, ce vœu se révèle même provocant, en tout cas malvenu. Autant dire que si la chance d’être en congé nous est prochainement donnée, mieux vaut prendre personnellement conscience, dès maintenant, de la qualité de ce temps de repos et en mesurer la portée pour chacun de nous, pour nos familles et notre voisinage.

mardi, 02 juin 2015 16:05

Myopie médiatique

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L’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo a mobilisé les foules et aiguisé les appétits politiques. Se serrant les coudes, toutes divergences abolies le temps d’une impressionnante manifestation, ce beau monde faisait montre de courage en proclamant haut et fort : « Nous sommes Charlie ». Aussi ambiguë qu’émouvante, la réprobation a paru universelle ou tant s’en est fallu. A en croire les déclarations de circonstance, plus que le triste sort des caricaturistes assassinés, c’est surtout la menace contre la liberté d’expression qui a rassemblé, en une même proclamation de foi, des groupes si différents (jusqu’aux marchands d’armes et aux praticiens de la censure qui n’ont pas manqué de se précipiter au premier rang). Les victimes devenaient le symbole d’un droit fondamental de la personne qui ne saurait être mis en péril par le fanatisme.

mardi, 28 avril 2015 14:59

Robot, es-tu là ?

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Dans ce numéro de choisir, Serge Tisseron, psychiatre, évoque le danger d’une relation affective avec les robots domestiques. On peut s’attacher à ces aides-ménagères électromécaniques comme on s’attacherait à un petit chat. Le risque provoqué par ces engins sans âme est d’asservir. Comme à un vieux tricot troué devenu trop familier, ou comme une huître au rocher, on s’y accroche. Au cinéma, dans La guerre des étoiles, le robot R2-D2 a fait couler plus de larmes aux spectateurs que les millions de morts de la planète que le méchant Dark Vador fait exploser sous les yeux horrifiés de la princesse Leia. D’où les tentatives évoquées par le psychiatre : donner aux robots quelques aspects repoussants pour neutraliser les dangereux sentiments d’empathie.

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