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Editoriaux

lundi, 22 décembre 2014 01:00

La peste nationaliste

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Evoquant les atrocités commises par les « Nationaux » durant la guerre d'Espagne, Lydie Salvayre écrit dans le beau roman qui lui a mérité le Prix Goncourt 2014 : « Il me semble que je commence à savoir ce que le mot national porte en lui de malheur. »[1] Suit une liste de partis et de mouvements qui, par le passé, affublés du qualificatif « national », ont justifié un effrayant enchaînement de violences : Rassemblement national, Ligue de la nation française, Révolution nationale, Rassemblement national populaire, Parti national fasciste... L'auteure aurait pu poursuivre son chemin pour aboutir sur les champs de bataille de l'Ukraine, non sans avoir salué au passage le Front national.

lundi, 01 décembre 2014 01:00

Eve et Marie

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Le Christ n'a eu de cesse de nous appeler à une humanité nouvelle, qui ne séparerait plus le charnel du spirituel (Eve et Marie). De nombreux prophètes ont enseigné à travers l'Histoire que « la vulnérabilité est révélatrice à la fois de l'humanité et de l'altérité » (Amanda Garcia).[1] Les traités internationaux de protection des droits humains adoptés au siècle passé, telle la Convention internationale des droits de l'enfant dont nous venons de fêter les 25 ans, révèlent combien cette idée maîtresse a pris racine dans le monde.

mardi, 04 novembre 2014 13:52

Guerre juste ?

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« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, mais pourvu que ce fût en une juste guerre », écrivait Charles Péguy, dont nous célébrons cette année le centenaire d'une mort cueillie sur les champs de bataille au tout début de la guerre de 1914. Depuis un siècle, l'idée de déclarer une guerre « juste » n'est venue dans la tête d'aucune personne de bon sens. Car il n'existe pas de guerre qui n'engendre ses injustes barbaries.

Et voilà que le 19 août dernier, le pape François semble rompre avec ce consensus. Dans l'avion qui le ramène de Corée du Sud, le saint Père évoque la guerre en Irak et l'avancée des hordes de l'Etat dit islamique. « Dans le cas où il y a une agression injuste, je peux seulement dire qu'il est légitime d'arrêter l'agresseur injuste », a-t-il précisé. Le pasteur Dietrich Bonhoeffer, évoquant le désastre allemand sous la conduite d'Hitler, prenait la comparaison d'un train mené par un mécanicien fou ; il en concluait, lui aussi, qu'il fallait neutraliser le mécanicien, quitte à le supprimer si nécessaire.

mardi, 30 septembre 2014 10:34

Des prêtres heureux !

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Voici quelques années, la célèbre publication américaine Forbes offrait à ses lecteurs des statistiques sur les métiers les plus épanouissants. On y découvre, avec surprise, que le « métier » de prêtre est celui qui rend les hommes le plus heureux, suivi du métier de pompier...

Une enquête menée en France - plus récemment (2006) - par l'Association protection sociale et caisse des Cultes, décrivait bien différemment la situation actuelle des prêtres. Bon nombre d'entre eux exprimaient des sentiments de surcharge, de surmenage, de découragement, voire de déprime. Les raisons majeures de ce malaise étaient énumérées : un plus grand nombre de paroisses à prendre en charge, une multiplicité accrue de demandes des fidèles quant à la préparation et à l'administration des sacrements, une impression de dispersion, des interrogations sur la relève à assurer en tenant compte de l'âge moyen du clergé, la communication avec les collègues, avec l'autorité du diocèse, etc.

mardi, 02 septembre 2014 10:27

Face à la famille

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Le mois prochain, du 5 au 19 octobre, les évêques catholiques délégués du Synode se réuniront à Rome pour une assemblée générale extraordinaire consacrée aux défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation. Créé en 1965 par le pape Paul VI, comme prolongement du concile Vatican II, pour orienter et répondre à des questions brûlantes, le Synode a été porteur, dès sa première assemblée (1967), de nombreux espoirs d'ouverture... qui ont été progressivement déçus. Rappelons le Synode de 1971 sur les prêtres, celui de 1980 consacré à la famille chrétienne et à ses tâches, celui de 1987 sur la vocation des laïcs, puis celui de 1990 sur la formation des prêtres et, dernier en date, celui de 2008 sur la Parole de Dieu. Lors de ces Synodes successifs, à plusieurs reprises, j'ai entendu des remarques et des observations pertinentes d'évêques issus de différents pays s'exprimant dans l'assemblée, mais elles avaient disparu des documents finaux y relatifs, confiés à la rédaction des papes.

mardi, 01 juillet 2014 16:10

L'expérience du sommet

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De la pointe du Wildhorn, je regardais les Alpes valaisannes : des centaines de sommets, depuis les Dents du Midi jusqu'au Bietschorn. Ils se détachaient au-dessus des brumes de la vallée du Rhône dans la pleine lumière de midi. J'étais frappé par leur allure et leur beauté, et touché par un sentiment de reconnaissance à leur égard. Je les avais pratiquement tous escaladés et souvent plusieurs fois. Chacune de ces ascensions m'avait laissé une impression profonde. C'était parfois un dur effort dans la neige et la tempête, une autre fois le plaisir d'une escalade dans un beau rocher au soleil ou le bonheur de glisser à ski dans une poudreuse immaculée ; chaque fois ce fut une émotion intense. Je me rends compte aujourd'hui combien ces moments m'ont construit intérieurement.

mercredi, 04 juin 2014 10:07

Réconcilier les mémoires

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Les commémorations de l'été se chargent de nous le rappeler : il y a cent ans, la Première Guerre mondiale débutait en Europe, ravageant l'Ancien-Monde et ses colonies. Vingt-cinq ans plus tard, tout recommençait... Car, qu'elles soient coloniales, territoriales, idéologiques, économiques ou religieuses, les guerres laissent de profondes cicatrices, prêtes à se rouvrir à la moindre tension. La mé­moire de nos pères, souvent mystérieuse et peu exprimée, marque nos vies comme le montre Amanda Garcia dans Dessine-moi la guerre.[1] Les enfants de la Shoah rêvaient de miel et de manne lorsqu'ils se sont installés en Palestine, mais leurs cauchemars habités des terreurs et des noirceurs vécues ont pris le dessus : les victimes d'hier persécutent les Palestiniens d'aujourd'hui. Au Salvador, vingt ans après les accords de paix, le langage de la guerre froide est toujours en service, découvre-t-on dans le reportage de Jacques Berset.[2] La haine et la peur s'accrochent aux générations et se reproduisent comme du chiendent. Cachemire, Liban, Rwanda, Irak, ex-Yougoslavie, Colombie, Algérie, Syrie, Ukraine... la litanie des peuples en guerre depuis 1945 est sans fin.

vendredi, 02 mai 2014 11:02

La place du don

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En l'espace de quelques semaines, la nature donne... Plus de lumière, plus de chaleur, plus de vie. On pourrait dire que c'est dans l'ordre des choses, le cycle des saisons, et voir dans cette luxuriance quelque chose de tout à fait normal et ordinaire. Pourtant, à la lumière du don, le monde et l'être humain se révèlent sous un jour nouveau. L'être humain ne s'est pas fait lui-même ; il n'est pas sa propre origine ; il se reçoit d'autres que lui, à commencer par ses parents. Toute notre vie, toutes nos expériences s'articulent dans cet échange.

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