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lundi, 09 janvier 2017 15:50

Les nuits de Chapati

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chatUn couple de lecteurs nous a envoyé cette sympathique photo et nous écrit:

Le titre du n° 682, La traversée de nos nuits, aura retenu, avant lecture du tout, notre particulière attention. En effet, notre chatte pensionnaire Chapati a expressément souhaité poser pour une prochaine couverture de choisir en se couvrant, sur notre lit, du n° 682!

jeudi, 05 janvier 2017 08:56

Palestine-Israël: débusquer l’espoir

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L’entreprise de la guerre n’a jamais cessé dans l’histoire de l’humanité. Pire, elle fait rage aujourd’hui sous des formes nouvelles, notamment le terrorisme et le bombardement des populations par leurs propres gouvernants. Le livre Le tourment de la guerre de Jean-Claude Guillebaud, que choisir a recensé, nous en montre toutes les facettes, des fanfares destinées à galvaniser les soldats aux pillages des prédateurs qui suivent les victoires. Mais au terme de son percutant essai de synthèse des méfaits de la guerre, il évoque ces «faiseurs de paix» qui, même en eaux troubles, agissent comme des forcenés pour protéger et sauver des vies au lieu de les détruire.

Pour que la guerre ne soit pas que tourment!
Le conflit israélo-palestinien s’est enlisé depuis 1948 dans une sorte de guerre de tranchées où la violence des pauvres fait face à la puissance meurtrière des riches (les deux intifada en 1987 et 2000, les nombreuses opérations de Tsahal à Gaza). En novembre 2016, 30 membres de l’association franco-suisse Compostelle-Cordoue (Marcher-Dialoguer-Comprendre pour favoriser l’entre-connaissance) ont marché sur le Chemin d’Abraham, dans le désert de Judée, de Jéricho à Hébron, en terre palestinienne. Ils ont également rencontré à Jérusalem des acteurs du «vivre-ensemble». Nous voulons témoigner de ce que nous avons vu, entendu et surtout compris. Oui, des personnes et des organismes, en Israël et en Palestine, croient encore à la paix et y travaillent activement malgré les souffrances, l’insécurité et les humiliations, nous les avons rencontrés.
De nos rencontres à Jérusalem, trois figures de «combattants» pour la paix, la sécurité et la dignité émergent et dessinent la complexité de ce conflit majeur, hérité des blessures profondes vécues par deux peuples qui revendiquent la même terre d’accueil.

La chanteuse funambule
Tout d’abord cette jeune comédienne palestinienne, dont le visage dégage tant d’ardeur quand elle évoque, dans ses propos et ses chansons, à la fois la dignité de son peuple et la fierté de sa citoyenneté israélienne. Elle marche sur une corde raide tendue entre ses deux appartenances.
Contre les siens, cette militante si courageuse et lucide tient en effet à assumer sa double identité, même si être palestinienne en Israël et à Tel Aviv, c’est se confronter sans cesse aux discriminations voulues par l’État juif. Elle nous dira: «Quand la majorité au pouvoir se vante du caractère multiculturel de ce pays, je réponds: 'On peut très bien vivre ensemble avec son chien. Mais nous, on ne veut plus être le chien.» Aux Palestiniens d’Israël (20,7% de la population) elle veut redonner de l’espoir. Mais il n’est pas facile de conserver au quotidien cette attitude orientée vers la paix et la dignité. «Chaque matin, je retrouve mon espoir mort à côté de moi. Je dois lui donner des coups de pieds pour le réveiller.»

Le guerrier arrogant
À l’exact opposé de la chanteuse, nous avons écouté cet instructeur de la lutte anti-terroriste de Tsahal et guide de voyage dans la Pologne de la Shoah. Il avait cette fierté arrogante d’une partie des Israéliens qui, faut-il le souligner, ont créé en 48, dans la douleur et la violence, le premier État-nation démocratique du Proche-Orient. Avec lui, toutes les évidences sont renversées. Il nous rappellera ainsi que si lors de la création de l’État d’Israël 800 000 Palestiniens ont dû fuir leur terre ou en ont été chassés, 600 000 juifs ont été expulsés des pays arabes, dont la moitié ont été accueillis dans le nouvel État.
Les nouvelles colonies en Cisjordanie? «Le taux de natalité de la population juive a explosé depuis quelques années, il faut bien que les nouvelles familles trouvent des nouveaux logements pour s’installer.» Il concèdera qu’une partie de ces nouveaux colons sont là pour des raisons d'hégémonie religieuse. Le nouvel apartheid? «Israël est un laboratoire de la démocratie ... N’auriez-vous pas un autre moyen de militer pour la paix que de toujours stigmatiser Israël!» Sa solution pour une paix durable: «Deux États bien sûr, et les colons qui n’accepteront pas de se soumettre à l’autorité palestinienne, et bien, ils seront contraints de partir!» Interloqué, déstabilisé, notre groupe de marcheurs entrait de plain-pied dans l’extrême complexité d’une situation politique décidément hors du commun. Penser la paix dans un tel contexte nous oblige à déconstruire nombre de nos préjugés.

La fière enseignante
Palestinienne d’Israël, elle enseigne l’arabe dans les degrés 5 et 6 d’une école juive de Jérusalem ouest. On sait que les arabes d’Israël sont tenus d’appendre l’hébreu pour pouvoir vivre et travailler, mais les juifs, eux, n’ont pas besoin de cette langue pour vivre sans problème. Les arabes exerçant généralement des fonctions subalternes, la plupart des juifs pensent qu’ils leur sont inférieurs.
Les familles juives de ce quartier ont adopté cette enseignante palestinienne avec enthousiasme. Leurs enfants ont découvert que leur enseignante d’arabe ressemble à leurs autres maîtres et qu’elle ne leur est pas inférieure. Au début pourtant ils associaient le mot «arabe» à la peur et à la haine; aujourd’hui, ils évoquent des différences culturelles. Contre son milieu d’origine, cette enseignante affirme courageusement sa liberté, son bonheur et sa fierté à participer à ce projet. C’est la Fondation Abraham (The Abraham Fund Initiatives) qui l’a initié et le ministre israélien de l’Éducation a récemment décidé de rendre prochainement obligatoire l’apprentissage de l’arabe parlé. Une énorme victoire pour la paix et la dignité.

Partager nos différences
Ces trois figures dessinent une partie de la complexité d'un conflit qui ne trouve pas sa paix et qui continue de faire souffrir des milliers de personnes. Israël-Palestine: deux peuples en guerre, une guerre guidée par la peur, le ressentiment, l’injustice. Les gouvernants de ces deux peuples l’alimentent plutôt que de chercher des voies de conciliation pour construire une coopération pourtant dans l’intérêt des deux parties. Mais dans la société civile, nous avons rencontré des acteurs engagés dans la promotion de l’inter-connaissance et le respect des différences de culture et de croyance. Notre association a voulu faire leur connaissance et les soutenir, comme elle le fait depuis sa création en 2010 en organisant des marches symboliques et en développant des occasions de dialogue entre communautés d’appartenance et groupes d’action, dans nos villes et nos quartiers, à Paris, Toulouse, Genève, Sierre. Pour que les méfaits de la guerre ou la peur de son prochain déclenchement n’occupent pas la totalité de nos consciences, ne devons-nous pas, avec audace et persévérance, nous mettre à l’école du partage de nos différences, pour qu’elles puissent vivre ensemble?

Alain Simonin, Genève
président de Compostelle-Cordoue

mercredi, 15 juin 2016 12:57

Premier pardon

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En tant que vieux prêtre à la retraite, il m’arrive d’être invité à des célébrations du premier pardon. Elles me laissent de plus en plus perplexe. Comment ces enfants sont-ils préparés ? Essaye-t-on de leur donner un tant soit peu le « sens du péché » ? Cette année, par exemple, je me suis trouvé devant un panneau où les enfants avaient inscrit des exemples de péchés. Le premier mot était taper. Je ne me souvins pas des autres, mais il devait y avoir désobéir, dire des vilains mots, etc. Est-ce que ce sont vraiment des péchés ? Un péché, c’est une rupture avec Dieu. Or pas une seule fois il n’a été question de leur relation avec Dieu. « Est-ce que tu aimes le Seigneur ? Est-ce que de temps en temps tu lui parles ? Quand et comment fais-tu ta prière ? » Ce genre de questions figure parmi les abonnés absents ! Pourtant elles sont essentielles. Il s’agit bien d’un Sacrement que ces enfants sont censés célébrer.

Ils se présentent chez le prêtre avec un petit papier sur lequel ils ont écrit deux ou trois mots. Ce bout de papier leur enlève toute spontanéité. Au lieu de se raconter, de raconter leur histoire avec des détails, nous parler de ce qu’ils vivent ! Alors il faut leur poser des questions, essayer d’entamer un dialogue, ce qui prend un peu de temps. Or nous avons la consigne de faire court, parce que nous ne sommes que deux ou trois prêtres pour une quarantaine de gamins.

Ce qui me gène aussi, c’est qu’on doit les recevoir dans le chœur de l’église, au vu et au su de tous les copains, sans discrétion et sans intimité. J’en viens presque à regretter les confessionnaux qui favorisaient au moins une certaine discrétion. Je sais bien qu’il ne faut pas comparer la pastorale actuelle avec ce qu’on faisait « de notre temps » ! Mais on se donnait alors une journée entière de « retraite ». A midi, repas spaghettis où les « confesseurs » venaient manger avec les enfants, pour faire connaissance, s’apprivoiser ! Dans l’après-midi, on installait chacun des prêtres dans une pièce de la cure et les enfants passaient chez celui de leur choix. On se donnait le temps de discuter sérieusement avec chaque enfant.

Je me pose encore une autre question au sujet du sérieux de ces confessions. On entend tellement parler de problèmes dans les écoles, de drogue, de racket, de harcèlement par portables ou réseaux sociaux. Nos braves élèves catholiques en seraient-ils miraculeusement préservés ? En tout cas, jamais je n’ai entendu dans une confession la moindre allusion à un semblable problème, ni comme auteur ni comme victime ni comme témoin. Si au lieu de nous tendre un bout de papier, ils pouvaient parler librement, sans tabou, peut-être que de telles choses sortiraient aussi.

Enfin, au moment de leur donner l’absolution, je leur dis de demander pardon au Seigneur dans leur cœur. « Est-ce que par hasard tu connaîtrais une prière pour demander pardon ? » Mutisme complet ! Je ne demande pas qu’on leur apprenne un rébarbatif acte de contrition d’autrefois, mais des mots tout simples, des mots d’enfants : « Seigneur, je sais que tu m’aimes très fort. Et moi je ne t’aime pas assez. Pardonne-moi. Je te promets de faire un effort pour t’aimer mieux et de refaire la paix si je l’ai cassée. » C’est pas compliqué, mais c’est essentiel.


Abbé Xavier Lingg
Genève

jeudi, 04 février 2016 11:18

Marketing catholique

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La cure d’une paroisse, quelque part au Brésil. Je tire, au hasard, une brochure d’un présentoir. Titre (et choc pour moi) sur la couverture de papier glacé : Marketing catholique. A l’intérieur, une présentation de la 20e rencontre de «Marketing catholique», organisée du 5 au 8 mai dernier, à l’hôtel Princesa Louça (ex-Hilton) de Belém, capitale de l’Etat du Pará. Messe d’ouverture célébrée par le cardinal de Rio de Janeiro, Dom Orani Jõao Tempesta, qui préside l’Institut brésilien de marketing catholique (IBMC).

Internet m’apprendra que le fondateur, il y a un peu plus de 20 ans, de l’IBMC s’appelle Antonio Kater Filho. Il se présente, dans son curriculum vitae, comme un catholique qui communie chaque jour et exerce de multiples activités : producteur de séries télévisées, musicien et compositeur, professeur d’université, écrivain, théologien, prédicateur de retraites pour couples. Et, par-dessus tout, « consulteur de marketing catholique ».

«Le marketing n’est pas une arme diabolique du capitalisme. De nos jours, c’est un outil indispensable pour se rapprocher des fidèles», lit-on en exergue de ce curriculum. Il constitue, nous dit un autre professeur, Luís Henrique Marques, une réaction catholique à la concurrence des Eglises évangéliques pentecôtistes qui lui «siphonnent» ses membres depuis quelques décennies. Lié à la rénovation charismatique, il vise à offrir aux fidèles un « produit » qui réponde à leurs besoins spirituels, psychiques et émotionnels. Quel produit ? Le salut éternel, réponse de Dieu à la grande anxiété de l’être humain face à la vie après la mort, répond M. Kader Filho.

Problème : l’Eglise catholique semble peu douée pour le marketing. Le clergé parle une langue que personne ne comprend. Aujourd’hui, Jésus (auquel M. Kader Filho décerne le titre de plus grand spécialiste en marketing de l’Histoire) dirait que «le règne de Dieu, c’est comme gagner au loto». D’où un besoin de formation des clercs et des laïcs, dispensée notamment au cours des rencontres annuelles de l’IBMC, auxquelles «peuvent et doivent participer les paroisses, diocèses, congrégations, etc. qui cherchent à augmenter l’efficacité de leurs activités ou veulent lever des fonds avec professionnalisme...»

L’Eglise catholique a des atouts. Elle possède, toujours selon des propos de M. Kader Filho cités sur Internet, «le meilleur logo, la Croix, la meilleure enseigne, les clochers, et un produit vendeur, le salut». Là, je n’ai pu réprimer un haut-le-cœur. M’est venu à l’esprit l’épisode de l’Evangile où Jésus chasse les marchands du Temple (Jn 2,13-16). Et je me suis demandé, certes peu charitablement, s’il n’y a pas des coups de fouet qui se perdent...


Michel Bavarel
Meyrin

mercredi, 02 décembre 2015 11:09

Environnement

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J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les articles sur "L’environnement, Pari pour l’avenir", et Laudato Si' (in choisir octobre 2015, n° 669). C’est pourquoi je vous fais part de mes réflexions et observations concernant la détérioration de notre environnement : climat, eau, air, sols. Réflexion à partir de mon expérience et de mes activités en Afrique équatoriale de 1960 à 1970, et par la suite dans plusieurs ONG, avec de fréquents voyages en Afrique, à Cuba, au Nicaragua.

Laudatio Si’ est une importante contribution pour une conversion, pour s’engager résolument afin de RALENTIR la marche vers l’implosion de notre condition de vie. L’histoire et l’expérience nous prouvent qu’un cheminement vers la conversion est long, et que pour un changement important, il faut le nombre, une majorité. Une théologie positive ainsi que des projets pour un développement durable ont été diffusés depuis plus de 50 ans par des mouvements d’Action catholique (la JAC, la JOC...), par la théologie de la libération et par une multitude d’ONG de coopération Nord-Sud. Des progrès ont été faits. Mais nous devons constater les résultats : les forces négatives sont encore plus puissantes. Pour la plupart, la joyeuse espérance des années 60 a fait place à un désenchantement.

Dans la zone du Sahel, l’avancée du désert se poursuit. Dans la savane boisée, zone de culture et d’élevage, la fertilité des terres diminue. Les habitants se retirent dans d’autres zones de culture, provoquant des conflits avec les paysans sédentaires et une surexploitation des sols, qui mène au déboisement et à la diminution des rendements agricoles. Dans la plupart de ces pays, règne en plus une politique de corruption et d’arbitraire. Le départ vers l’Europe des habitants les plus dynamiques m’effraie.

Après avoir expérimenté le socialisme, le communisme, le repli identitaire, le capitalisme libéral mondialisé s’est imposé, produisant plus de richesse. Mais les riches deviennent plus nombreux et de plus en plus riches, les classes moyennes diminuent et les pauvres, même dans les pays riches, sont toujours plus nombreux. Le chômage augmente, la compétitivité médiatisée exige des entreprises une diminution des coûts, ce qui entraîne une automatisation et une diminution du personnel. Pendant que l’Etat fait tout pour créer des emplois, les entreprises doivent licencier ; celles qui ne le font pas disparaissent. Remède ? Pour conserver les emplois, il nous faut consommer plus, surtout des produits inutiles, en nous endettant.

Le système peut-il être réformé, évoluer ? Nulle part d'autres alternatives économiques et sociales ne sont expérimentées ni proposées. Alors qu’il faudrait des investissements très importants pour ralentir la pollution, le réchauffement climatique, que constatons-nous ? Une augmentation des dépenses militaires... Mon analyse est bien pessimiste, toutefois un brin d’espérance demeure. La science peut découvrir des nouvelles possibilités de lutte contre la pollution et le réchauffement climatique, et des moyens de production agricole moins polluants et aux bons rendements.

J’ai une grande admiration pour les hommes qui ont subi durant des millénaires des souffrances indicibles : déluges, famines, grandes endémies, tremblements de terre, etc., et qui n’ont pas désespéré.

François Cordonier,
Ollon

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