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addictionCela fait quelque temps que Lausanne vit une crise au sujet du deal de rue. Le coup de gueule de Fernand Melgar reflétait une situation mal vécue par certains habitants et qui demandait une action publique. La Municipalité y a répondu en renforçant la présence policière, les dealers sont partis exercer plus loin, permettant aux habitants des quartiers concernés de souffler un peu. Mais, dans la foulée, on observe un déluge de fausses bonnes idées et d’analyses suspectes. En voici quelques morceaux choisis et commentés.

ArmeeSuisse© wikimediasJacqueline Keune, coordinatrice des Communautés chrétiennes de base en Suisse, et Pierre Strauss, membre d'une de ces communautés, ont écrit le 21 juin une lettre ouverte au Conseil fédéral, reproduite ci-dessous. Ils y expriment leur honte face à la décision récente de la Confédération d’assouplir les règles pour l’exportation de matériel militaire vers les pays en guerre. La veille, la Commission Justice et Paix (J+P) de la Conférence des évêques suisses avait elle aussi vivement dénoncé cette décision.

Lettre ouverte au Conseil fédéral

Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux,

Vous avez décidé que la Suisse pourra participer activement aux guerres civiles à l'avenir et abolir l'interdiction d'exportation de matériel de guerre qui existait auparavant dans les pays en crise. Nous ne sommes pas seulement stupéfaits et déçus de votre décision, mais nous en avons honte!

Une profonde honte devant les populations, surtout les enfants, qui doivent maintenant faire l'expérience de la qualité et de la précision suisses, ce que le pape François, qui visite aujourd'hui notre pays, a dit: «Cette économie tue!» Les pays de crise et de guerre civile achètent des armes pour les utiliser!

mercredi, 06 juin 2018 13:54

La fin du poète maudit?

Écrit par

plumeJ'aimerais réagir à l'article de Céline Zufferey, intitulé Écrivain, un métier. La fin du poète maudit, qui a paru dans le n°687 de choisir. L'écrivain y défend l'idée que l'écriture littéraire est un métier que l'on peut apprendre. Elle a suivi une formation en création littéraire. «Les retours de mes collègues et de mes mentors m'ont amenée à situer mon écriture, à la préciser et à l'affirmer», écrit-elle. Cette formation a aussi permis que son écriture «progresse plus rapidement.»

Je ne mets pas en cause que l'on puisse faire des expériences positives en échangeant avec d'autres écrivains, par exemple en sein d'un atelier d'écriture. Personnellement, je ne suis pas convaincu du bien fondé de la méthode, mais j'admets que chacun doit suivre la voie qui lui convient. Par contre, je me trouve en désaccord total avec Mme Zufferey quand elle se livre à la démystification de l'écrivain. Pour faire cela, elle remonte au XIXe siècle et s'en prend à ce qu'elle appelle «le mythe de l'écrivain maudit», à savoir le poète démuni et marginal, l'éternel incompris qui souffre de son génie méconnu. Elle écrit qu'il y avait alors deux catégories d'écrivain, ceux qui se conforment au goût du public et ceux qui poursuivent la logique de l'art pour l'art. C'est une vision assez simpliste. La réalité est beaucoup plus complexe. Mme Zufferey semble croire que la morale et les vertus sont les caractéristiques d'une classe et qu'au XIXe on était incapable de juger de la qualité d'un texte littéraire indépendamment de la précarité supposée ou vraie de son auteur.

mardi, 08 mai 2018 09:33

Musulmans en Europe

Écrit par

choisir 687 revue culturelleLe début de l’article «Musulmans en Europe» (in choisir n° 687, avril-juin 2018, pp. 20-24), avec les statistiques, m’a intéressé. Mais une fois les chiffres donnés, leur interprétation m’a soufflé: «Si l’on tient compte de tous ces facteurs, les indications ont claires. Elles montrent que la situation démographique de la population musulmane -de manière analogue à sa situation socio-économique- se rapprochent des conditions existantes dans les pays européens concernés.» Ah bon? Je ne vois pas du tout en quoi. Les chiffres montrent bien que leur proportion augmente (en Seine-Saint-Denis, le prénom le plus donné est Mohammed), qu’ils sont plus jeunes que les autres habitants et font davantage d’enfants. Sur le côté socio-économique d’ailleurs, rien n’est dit dans l’article. Et d’adopter ensuite l’inévitable position victimaire (islamophobie, rejet, etc) des musulmans. Position soi-disant étayée par un sondage Ipsos qui souligne la surestimation par les personnes interrogées de la proportion de la population musulmane dans leur pays.

mardi, 06 mars 2018 11:24

Jésus, l'enquête, du born-again?

Écrit par

J'ai lu avec intérêt la critique du film Jésus, l'enquête de votre chroniqueur cinéma Patrick Bittar. Ses propos sont justes, c'est un très bon compte-rendu, mais il n'a pas remarqué la perspective évangélique américaine: lecture littérale de la Bible, born again, individualiste et même un côté échappatoire de la foi. La jeune femme prétend vivre quelque chose de merveilleux, mais cela n'implique pas pour elle un retour vers l'autre, mais simplement un effort pour amener son mari dans son monde merveilleux. Rien à voir avec la solidarité, la coresponsabilité face au cosmos donc, à mon avis, pas grand chose à voir avec le Christ.

En tout cas, le film a le mérite de susciter le débat.

vendredi, 15 décembre 2017 14:50

Tradition et Zélotes

Écrit par

J'ai beaucoup apprécié l'article de Daniel Marguerat, Jésus, un insurgé millénariste?, qui démontre combien Jésus, par son enseignement, se séparait des Zélotes. Même l’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), par certaines de ses récentes décisions, semble favoriser ce renversement des valeurs en voulant "faire autrement" au mépris de la Tradition. Or cette Tradition est une notion catholique qu'elle ne reconnait hélas pas au même niveau que l’Écriture, ce qui lui éviterait cependant des dérives sans lendemains... Il y a aussi des Zélotes parmi nos Autorités ecclésiastiques. Puissions-nous en être préservés! Ce sont mes vœux pour 2017.

vendredi, 18 août 2017 12:22

Précarité et nihilisme

Écrit par

choisir 684Dans son article De Malraux à Houellebecq (choisir n°684), M. Jean-Louis Loubet de Bayle nous présente une excellente synthèse de différents courants de pensée par rapport à André Malraux et son analyse de la civilisation moderne. J’aimerais juste exprimer un désaccord partiel concernant les deux points suivants: la précarité et le nihilisme.

L’idée selon laquelle, dans les sociétés traditionnelles, la vie des hommes et des sociétés était dominée par la précarité, qui absorbait une grande partie de leur énergie et de leur faculté de réflexion, me semble fausse. C’est l’inverse qui est vrai. Vivre dans la précarité et l’insécurité, vivre constamment à proximité de la mort, faisait que l’homme restait en alerte. Les inquiétudes de son existence l’approchaient de Dieu dont qu’il restait proche. C’est dans les moments de crise, de guerre et de détresse que les églises se remplissent. Il n’y a rien de pire pour la réflexion que l’absence d’inquiétude propre à l’opulence consumériste. Comme la foi, la réflexion se nourrit de l’inquiétude.

jeudi, 06 avril 2017 14:50

Un dossier partial ?

Écrit par

Mesdames et Messieurs les rédactrices et rédacteurs,

Ce numéro de choisir sur les migrations ne me convainc pas. Tous vos auteurs vont dans le même sens, celui d’une hospitalité chrétienne orientée, conduisant à une ouverture sans frein de l’immigration africaine et musulmane dans notre Europe judéo-chrétienne. Ce mondialisme, voulu, ou alors naïf de la part de certains chrétiens sincères mais aveuglés, conduira à terme au Grand Remplacement et à la soumission de la civilisation chrétienne occidentale à l’islam conquérant.

Pourquoi n’invitez-vous pas des chrétiens conservateurs, apportant une réflexion différente, messagers d’une réalité difficile, d’un réveil prophétique? Par exemple, le Père Henri Boulad, prêtre jésuite égyptien, qui appelle l’Europe à se réveiller. Je cite les conclusions d’un entretien du Père Boulad avec Philippe Pellet, dans un message aux chrétiens européens et aux Français, en mars 2017, à Budapest: «Après vous être débarrassé du communisme et du nazisme, ce serait tragique de tomber dans un fascisme bien pire que les précédent car il se réfère à Dieu, ce qui fait qu’il serait plus difficile de l’éradiquer. Donc, une fois qu’il aura pris racine, vous aurez ce que nous avons connu pendant des siècles chez nous au Moyen-Orient et que je connais dans ma propre famille qui a vécu le massacre de 20’000 chrétiens en 1860, qui a fait que mon grand-père s’est réfugié en Égypte.»

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