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mercredi, 01 avril 2020 12:31

Porteurs de lumière

Écrit par

Peinture et photo de Chiara MariPeinture et photo de Chiara MariDans ce moment historique particulier en Europe et dans le monde entier, les paroles des débuts de l’Évangile de Jean résonnent comme une invitation à me, à nous laisser éclairer. L’invitation vient de la lumière, de cette lumière qui «éclaire tout homme [être humain]» et qui illumine également tout corps (Jean 1,9-10).

Plus tard Jean parle du corps comme d’un temple, qu’il nous est donné aujourd’hui de redécouvrir par la quarantaine et l’isolement. Le corps qui est essence et existence, qui est le vecteur du Souffle vital et «unique sanctuaire», comme le revendiquait humblement Maurice Zundel.

Alors que tout loisir culturel, artistique et sportif est devenu difficilement accessible, en dehors du web, nous redécouvrons l’importance de ces médiateurs dans notre relation au corps, au plus profond de notre «soi». Les églises également fermées, la relation à la spiritualité est elle aussi à réinventer.

L’individu du XXIe siècle est ainsi violemment renvoyé à son corps, à son identité, à ce qui lui est de plus essentiel et intime. Temps de ralentissement imposé, temps où la confrontation au tabou de la mort, aux enjeux de la crise climatique et du pillage des ressources se fait d’autant plus manifeste. Ces différents aspects atteignent le corps dans sa totalité, le questionnent et le bousculent.

Intériorité et extériorité

La métaphore de l’inoubliable Etty Hillesum et de l’admirable Lytta Basset portent plus loin la réflexion. Elles parlent de notre «forteresse intérieure» comme d’un lieu de ressource et de résistance pour faire face aux changements, aux difficultés et au défis posés par les crises et les transitions.

Il m’apparaît de plus que redécouvrir son corps permet d’expérimenter l’art de s’insérer également dans un corps universel. Des initiatives de solidarités fleurissent et le quotidien se retransforme en défi qui pousse tout un(e) chacun(e) à réinventer des stratégies pour rester en lien. Recréer du lien autrement avec le corps sociétal, en commençant par les plus proches, les voisins, les plus vulnérables. Comme Marie Laure Choplin le dit dans Un seul corps, le défi est de refaire corps... De redécouvrir cette chance que l’être humain a de se centrer et de rebondir face aux difficultés en faisant preuve de solidarité.

Merci!

Mes pensées vont aux détenus que j’ai connus, aux personnes dans la précarité et aux amis dans le monde entier avec qui j’ai partagé des expériences et périodes de vie marquantes et qui m’ont témoigné de l’incarnation de la solidarité à l’échelle planétaire. C’est eux aujourd’hui que je veux remercier. Grâce à eux, j’ai reçu le don du partage de la Lumière universelle et clairvoyante qui nous anime tous et toutes. Elle me souffle doucement que tout effondrement est renaissance, que des cendres naîtra le renouveau.

Je veux partager ce souffle de confiance et d’espérance avec toi, lecteur ou lectrice, citoyen ou citoyenne, jeune ou âgé(e), où que tu sois, de n’importe quel pays que tu viennes, en marche vers n’importe quelle destination, quels projets de vie et désirs en devenir. Merci pour ton attention et bon chemin.

Chiara Mari, Lausanne
citoyenne, artiste, travailleuse sociale, pèlerine de la Lumière

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