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Hélène Ambord

jeudi, 18 février 2021 15:08

Liturgie et langage inclusif

Adobe StockVotre hommage à Marthe Gosteli me rappelle les ouvrages publiés par les féministes pour féminiser la langue française, ce qui n’allait pas de soi au milieu du XXe siècle. Traductrice dans une institution sociale dans les années septante, j’ai dû mettre au masculin le règlement du personnel d’une institution sociale quand quatre hommes engagés comme cadres l’ont exigé. L’institution, traditionnellement dirigée par des femmes, n’occupait jusqu'alors qu’un personnel strictement féminin: assistantes sociales, secrétaires, comptables y compris la comptable–cheffe. Tout a donc été mis au masculin. (Au moment où je vous écris, même internet cherche à corriger mon emploi du mot cheffe.)

693 01Je remercie choisir d’avoir conservé une édition papier. Car même si l’Église a le devoir de rejoindre les gens là où ils sont, sur le numérique donc, elle l'a aussi vis-à-vis des personnes qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas d’ordinateur, pas de smartphone ou qui sont incapables de s’adapter au rythme hallucinant de l’avancée numérique. Il peut aussi s’agir d’un problème financier. Ces gens font aussi partie de l’Église ou d’une société laïque perturbée par de profonds changements. J’ai déjà dû décommander un magazine très intéressant édité pour les personnes dures d’oreille (malentendantes, terme plus moderne). Il avait cessé de paraître sur papier, ce qui était trop fatigant pour moi. Comme Église, nous avons à nous occuper du royaume de Dieu et de sa justice, donc aussi des personnes moins équipées sur le plan technique.

Il est en outre dangereux pour la santé, pour les yeux et pour les contacts humains d’être en permanence devant des écrans, sans compter le gaspillage d’électricité qui nuit à l’environnement. Je travaille pour ma part sur papier la plupart du temps, mais sur papier FSC. Dans votre excellent numéro 693, deux choses m’ont frappée: l’empressement de l’Église à participer à la civilisation numérique pour répandre la Bonne Nouvelle (article de R.-Ferdinand Poswick) et l’envers du décor traduit dans la recension du livre C’est l’emploi qu’on assassine, de Jean-Marie Brandt et deux autres auteurs, commenté à la page 80.

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