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lundi, 10 octobre 2022 18:40

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Couverture de choisir n° 681, octobre 2016, premier trimestriel de la revue © choisir, photo: Icône trinitaire, XVe s., tempera sur bois, Musée de Provins et du Provinois (F)«Un grand merci à choisir de m’avoir apporté des années durant de quoi réfléchir, espérer, aimer, me cultiver.»
Hélène Ambord, Genève

«Espérons que les valeurs qui vous auront inspirés seront encore mises à l’honneur ailleurs.»
Marie Allenbach, Territet

Suite à l’annonce de la fermeture de choisir, nous avons reçu de nombreux témoignages de reconnaissance, tristesse, déception. D’espérance aussi parfois. Extraits choisis, représentatifs de notre lectorat et de nos objectifs.

«C’est avec un serrement au cœur que j’ai lu la lettre de Pierre [Emonet] datée du 14 mars. choisir était unique dans sa formule et convenait si bien à l’environnement œcuménique et séculier dans lequel tant de chrétiens (et de non-chrétiens) pouvaient se retrouver en lisant vos pages. (…) La fin de la parution était probablement prévisible, considérant les changements importants en particulier dans les habitudes de lecture des gens. (…) J’ai connu la fin de la revue Le Brigand, de ma (défunte) Province du Canada français. Ça n’a pas été trop difficile car, à ce moment-là, la Province cessait d’exister et j’étais envoyé à Rome. Mais ce fut un moment difficile à passer en 2018 pour une revue fondée en 1930. »
Pierre Bélanger sj, chargé de communication de la Curie générale de la Compagnie de Jésus, Rome

«Je ne sais que trop combien la fin d’une parution signifie une perte de signifiance dans l’espace public. Votre place était originale, unique, à l’image de la Compagnie de Jésus. Je comprends toutefois que le renouvellement des forces vives au niveau de la Compagnie, la baisse continue des abonnements et les nouvelles habitudes de lecture aient obéré votre dynamique. Je me rappelle encore de vos derniers anniversaires célébrés à Genève, en 2009 et 2019. Ils ont constitué de bons moments de retrouvailles et de soutien à votre cause éditoriale. Je souhaite de tout cœur que vous trouviez d’autres terrains d’expression de la foi, comme vous avez si bien su le faire durant ces longues années.»
Bernard Litzler, journaliste et diacre, Lausanne

«Ayant eu la chance de participer à la rédaction de choisir pendant quelques années, la nouvelle officielle de la cessation de la parution de la revue me touche beaucoup (…) Votre communiqué La fin d’un belle aventure me permet de réaliser ce que nous allons perdre: une source de réflexions exigeante sans doute, mais fiable, utile et précieuse par ces temps de surabondance d’informations qui va dans tous les sens; la possibilité de prendre du recul sur des questions de société, politiques, religieuses, etc., pour apprendre, s’ouvrir, approfondir et se faire une opinion; un courant ouvert de notre Église catholique,représenté par la communauté des jésuites romands -identifiée à la revue- qui devra se passer de cette visibilité. (…) D’autres médias reprendront, en partie, les objectifs poursuivis. On l’espère.»
Jacqueline Huppi, collaboratrice de choisir à la retraite

«Voir mourir un journal, une revue de qualité est toujours une mauvaise nouvelle, surtout en cette période de grande instabilité politique, économique et spirituelle. C’est une grande perte! L’apport de toutes les personnalités qui participaient à sa rédaction en faisait une revue riche, exigeante, parfois aux articles difficiles, certes, mais toujours importante pour notre réflexion.»
Yves et Claire-Marie Brun, Genève

«J’avoue que ça m’a fait un coup ! Elle a mon âge la revue choisir. Et aussi longtemps que je m’en souviens, je la lis. Mes parents y étaient abonnés avant que je prenne le relais … sans compter les collaborations multiples… Alors oui, je suis triste de voir ce patrimoine disparaître. (…) C’est dans le cours des choses peut-on dire. Mais cela m’interroge tout de même sur notre dépendance toujours accrue aux ordinateurs et aux écrans…»
Jean-Claude Huot, aumônier et formateur d’adultes, Renens

«Même si l’évolution des habitudes de lecture et des générations expliquent la fermeture de la revue, n’y a-t-il pas des mécènes pour sauver la presse, non seulement confessionnelle et culturelle comme choisir, mais d’autres médias papier qui vont sans doute peu à peu disparaître aussi? C’est catastrophique pour la liberté d’opinion, sans parler de la liberté de religion et de pensée, d’autant qu’elles doivent être contrebalancées, face au laminage des esprits par les réseaux sociaux et la pensée mainstream…»
Valérie Bory, journaliste, Pully

«Nous perdons par là un instrument précieux de réflexion et de culture, au niveau de la Romandie et bien au-delà, et surtout pour le débat au sein de notre Église, et des Églises au pluriel.»
Sœur Isabelle Donegani, Bex

«Je suis triste de voir se terminer l’aventure éditoriale de choisir. Domaine public a fait l’an passé le même choix: nous avons dû constater la difficulté de renouveler une équipe soudée et vieillissante et un lectorat fidèle mais en voie de diminution. Les médias, surtout ceux portés par un groupe militant, ont finalement la même espérance de vie que celles et ceux qui lui ont dédié leur engagement.»
Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale, Genève

«Pour l’avoir vécu, je sais comme il est douloureux de mettre fin à la parution d’une publication que l’on porte, que l’on accompagne, que l’on pétrit de toute son énergie, mais dont une analyse réaliste des perspectives ne permet pas le maintien. (…) choisir est une revue que j’aime lire, que je prends le temps de lire, tant la richesse, la finesse et l’ouverture des sujets et des intervenants viennent nourrir ma réflexion, mes engagements, comme jésuite et comme membre de la société. Avec tous mes regrets, je te remercie Pierre [Emonet] (…) pour le souci que tu as de permettre à tous de pouvoir accéder en ligne aux 63 années de publication de choisir
François Boëdec sj, provincial EOF, Paris

«C’est comme collégien à Saint-Michel/Fribourg que je me suis abonné à choisir… c’était mon premier abonnement autonome. Donc comme un choix de vie. (…) Ce qui était la force de choisir, c’était la rencontre de l’Évangile et de la culture contemporaine. (…) Mais surtout nous était offerte une vision de l’Église –dans un esprit d’universalité et d’œcuménisme, et aussi de justice sociale. C’est comme si nous savions vers quoi nous allions, pour parer aux lourdeurs du moment. Comment ne pas se souvenir de quelques grands combats, et même du numéro paru avec des pages blanches? Celui-là, il devra être, autant que les autres, numérisé!»
André Kolly, président de Cath-Info, Montpreveyres

«Nous vous félicitons pour l’important travail à venir, de la numérisation des numéros parus en 63 ans! En tant qu’octogénaires, nous restons sur le trottoir et regardons passer, mais nous vous félicitons au nom des jeunes, qui pourront retrouver là vos auteurs.»
Pierre-Ph. Collet, Genève

«C’est un phare qui s’éteint. Espérons que d’autres restent allumés!»
Madeleine Ringgenberg, Arzier

«Le Père Jean Nicod était très attaché à choisir. Il s’était profondément investi avec sa famille dans cette superbe aventure et reçu aide et soutient. Il saura sans aucun doute faire apparaître d’autres chemins.»
Bernard Claret, Verbier

«J’ai bientôt 90 ans. Je veux être optimiste et je vois de petites pousses vertes. Je prie pour que le grand arbre qui s’effondre parvienne à faire des rejetons. Bon vent à tous, à l’écoute de Dieu.»
Madeleine Demierre-Bruggimann, Genève

«Dans ma carrière, j’ai dû faire le deuil de tel journal, de tel centre de rencontres, de telle faculté de théologie. Je crus en mourir alors qu’en fait je n’étais qu’appelé à poursuivre une route d’espérance paradoxale. À tous les amis de choisir, mon expression de solidarité et de fraternité.»
Denis Müller, professeur honoraire à l’Université de Genève

«Des années et des années de compagnonnage et de nourriture spirituelle auxquelles il faut maintenant dire adieu! Merci en tout cas de votre présence à mes côtés, et à ceux de mon père avant moi… pendant tout ce temps. (…) Ce qui importe maintenant, c’est de lutter pour que l’indifférence à cet Imprononçable si fou et incroyable, au sens propre du terme, ne l’emporte pas sur la Soif de Lui. C’est un immense défi, tant notre époque (mais les autres étaient-elles plus ‹croyantes›?) paraît soumise à des impératifs présentés comme primordiaux (la réussite, le gain d’argent, la performance) et qui, en fait, sont mortifères et dénués de tout sens essentiel.»
Aline Viredaz, journaliste et écrivaine, Lausanne

«C’était un vrai miracle d’avoir choisir toujours à disposition pour essayer de comprendre la réalité et de scruter l’avenir. J’ai encore tous les numéros! En plus elle m’a fait envie de faire la même chose, d’écrire moi aussi, de publier des livres et de défendre la justice dans un sens large. Aujourd’hui, j’ai encore un blog au Temps, mais étant catholique et critique du mouvement #metoo dans ses excès, je me suis attirée des foudres… Merci à choisir d’avoir rempli sa mission au-delà du possible envers nous! Aux générations suivantes à prendre le relai d’une manière ou d’une autre.»
Christine von Garnier, journaliste, Lausanne

«La disparition de choisir est regrettable, même si, je ne vous le cache pas, j’étais de moins en moins satisfait par son orientation, son inclination aux idées féministes, sa complaisance avec le mariage pour tous, son esprit à mon goût trop bourdieusien. (…) Faudrait-il vraiment lire des idées féministes et égalitaires dans une revue chrétienne, catholique et jésuite? À force de vouloir épouser le monde, on finit par trahir son histoire, sa tradition, ses racines. (…) Mais ce n’est pas le moment de polémiquer. (…) La culture de débat et l’esprit d’ouverture étaient là, même un peu trop à mon goût. (…) Rien ne peut exister sans Dieu et sans la foi. J’aurais aimé lire dans choisir plus d’articles qui défendent notre héritage et entrent en guerre contre la destruction de l’humanité, contre le péché et le mal. Tout cela, je le dis sans regret ni colère. Votre revue a défendu les points de vue qui étaient les siens, voilà tout.»
Lars Klawonn, Zurich

«Je suis attaché à votre revue depuis environ 60 ans, quand, étudiant, je me posais beaucoup de questions concernant ce fameux ‹combat› entre science et foi. Dans choisir, j’ai trouvé plus que des certitudes ou des affirmations dogmatiques: des avis variés, par des personnes de tout bord argumentant clairement, mais aussi des réflexions personnelles de chrétiens actifs dans la politique, la philosophie ou la science.»
Jacques Petite, Martigny

«Le partenariat, et plus encore l’accompagnement éditorial du Festival Histoire et Cité ont constitué pour nous une aide et une ouverture précieuse ces dernières années.»
Thierry Maurice, collaborateur scientifique de la Maison de l’histoire, Genève

«Je tiens à vous exprimer, ainsi qu’à l’ensemble des personnes passées et présentes qui auront faire vivre choisir ma profonde reconnaissance. J’en aurai apprécié l’enracinement dans le christianisme et son histoire, mais aussi son ouverture à d’autres orientations spirituelles et culturelles. Félicitations aussi pour le choix des thèmes proposés, si pertinent. Le sens révolutionnaire, Trop d’humains, et après?, Église, nom féminin, La peur comme levier me sont encore en mémoire, tout comme Mensonge et post-vérité. Sans oublier votre rubrique Livres ouverts, très riche.»
Augustin Macheret, ancien conseiller d’État, Fribourg

«J’avais reçu mon premier abonnement comme cadeau en 1962 /3, sauf erreur, par un grand ami, pasteur protestant. Le monde a bien changé entre temps… J’aimerais vous remercier de m’avoir accompagnée pendant si longtemps avec des articles qui ont contribué à m’ouvrir de nouveaux horizons et à former ma compréhension de ma religion.»
Rita Day, Londres

«Merci pour l’ouverture, par l’esprit d’hospitalité que vous avez montré si longtemps vis-à-vis du monde ‹hors Églises›, pour la science, pour la culture, pour la société humaine dans son ensemble. Vous avez voulu bâtir des ponts, des passerelles, trouver des langages, partager des quêtes, œuvrer pour la justice… Grâce à vous, mon ministère et ma vie chrétienne en général ont été enrichis et élargis: cela n’est pas peu de chose.»
Alexandre Winter, pasteur, Genève

«Je suis triste d’apprendre la fin programmée de choisir. À cause de l’œcuménisme à Genève, des amitiés nouées, de la communion de foi qui nous réunit. J’espère que toute cette confiance nouée entre nous continuera d’une manière ou d’une autre.»
Henry Mottu, pasteur, Genève

«À l’heure où nous négocions avec Cath-Info une nouvelle convention avec la RTS et où nous mesurons l’importance de créer des structures de productions communes, n’aurait-il pas intérêt et urgence à penser les médias en termes vraiment œcuméniques? Le témoignage chrétien dans notre société l’exige.»
Michel Kocher, directeur de Médias-pro, Lausanne

«Les temps sont durs pour la presse écrite, surtout celle qui donne du sens! (…) Je remercie tout la valeureuse équipe de choisir d’avoir œuvré avec tant de dévouement et intelligence pour que sortent régulièrement des numéros variés et consistants. Je les ai pratiquement tous gardés.»
Fabienne Theytaz, Valais

«Je me suis sentie très fière de faire partie des abonnées. (…) Durant ce petit temps, j’ai attendu avec impatience mes 9 numéros annuels, puis les 4, pour découvrir chaque page, prendre le temps de réfléchir sur certains de vos thèmes, de rire même!»
Michèle Obry-Vanzetti, Vérossa

«Chaque numéro reste sur mon canapé durant 3 mois: je le lis à petites doses, lentement, car il faut parfois s’accrocher pour saisir la quintessence des articles. Il m’oblige à me concentrer, moi qui ai été biberonnée aux sujets d’une minute de la radio et de la TV, mais il m’ouvre à des réflexions éthiques et philosophiques passionnantes, comme le numéro sur le nom et la personne. Je vais le déguster avec d’autant plus de plaisir et d’attention d’ici la fin de l’année.»
Laure Speziali, journaliste, Versoix

«Nous attendrons avec encore plus d’impatience l’arrivée du dernier numéro.»
Jean-Louis Luyet et famille, Savièse

«Plutôt que de pleurer la perte que représente la fermeture du magazine, nous voulons célébrer et applaudir l’énorme réussite de ses 63 années de continuité. Notre admiration et nos remerciements vont à l’ensemble de l’équipe actuelle et antérieure.»
Jaume Boix, directeur de la revue El Ciervo, Barcelone

«Bravo pour tout! Bravo pour la persévérance! Bravo pour tant d’énergie déployée pendant si longtemps!»
Anne Deshusses-Raemy, Genève


 

Arlette Koegel-Holzer nous a fait le plaisir de venir nous voir à Genève pour nous dire ce que choisir a représenté pour elle, et nous avons recueilli ses propos.

«Je viens du milieu ouvrier, d’une famille catholique pratiquante. J’ai même vécu mon adolescence au sein d’une cure genevoise, ma mère travaillant là-bas. Vers mes 26 ans, lors de mes études d’infirmière à Lausanne, choisir a retenu mon attention, et je ne l’ai plus lâchée. Cela fera bientôt 45 ans. Je peux dire que votre revue a été un pilier dans ma vie. Elle m’a permis d’enrichir constamment l’au-dedans de moi, pour mieux être en relation avec l’au-dehors. C’était après Vatican II. choisir m’a permis de sortir des sentiers battus d’une catholicité rigoriste, ritualisée, elle m’a offert une vision de liberté, un esprit d’ouverture qui me faisait du bien. J’attendais chaque nouveau numéro comme une réjouissance. Là, il y avait de l’oxygène. choisir a consolidé ma foi, en me permettant de réaliser que la foi, ce n’est pas seulement des messes, des rituels, mais une manière de vivre l’Évangile au quotidien. Je peux dire que tant la revue que la pensée de Maurice Zundel ont nourri ma quête spirituelle. J’y ai aussi trouvé de quoi développer ma vision sociale et humaniste. Pour moi, qui me tenait en tant qu’infirmière proche de la souffrance, de la maladie et de la mort, c’était un éclairage essentiel et une source d’équilibre.

Je ne suis pas une intellectuelle, mais je suis curieuse. Et la revue a toujours proposé une lecture des événements différente des autres médias. À travers ses points de vue, qui touchaient à la théologie, la philosophie, les arts, les sciences, elle m’a permis de découvrir un monde aux couleurs culturelles diversifiées, d’autres religions même. Les auteurs des articles étaient des personnes érudites, aux idées larges, qui présentaient les recherches du moment, dans la complexité du moment. Ils n’avançaient pas une Vérité. Cette ouverture au monde a nourri mes engagements, m’a aidée à développer mon questionnement, à définir mes orientations. Les propositions de lectures m’ont souvent entraîné à lire certains auteurs pour aller plus loin. Lire choisir, c’était comme de la formation continue, une sensibilisation à la connaissance, mais aussi à l’art, qui a une place importante dans ma vie.»
Arlette Koegel-Holzer, Venthône

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