S’il est un verbe d’une grande richesse symbolique et de sens, c’est bien exister. Son origine latine ouvre un vaste champ exploratoire, qui ne peut que stimuler les linguistes et les philosophes.
Stjepan Kusar est responsable de la bibliothèque des jésuites de Carouge. Il enseigne la philosophie à l’Université catholique de Croatie.
L'encyclique « Lumen fidei » du pape François a été publiée le 5 juillet passé. Dans la continuité avec tout ce que le magistère de l'Eglise a énoncé, elle présente la foi comme existentielle. Ce texte mérite une grande attention pour deux raisons : ce qu'il dit et peut-être encore plus ce qu'il ne dit pas.
un homme libre
« Soyons gardiens de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement. (…) Rappelons-nous que la haine, l’envie, l’orgueil souillent la vie. » Le discours est jésuite, mais l’inspiration est franciscaine. Le pape François ne s’inspire pas de la ferveur du petit pauvre d’Assise par une sorte de mimétisme, mais sous le poids de sa responsabilité actuelle et de son expérience de prêtre et d’évêque en Argentine.
L’Eglise romaine, malgré de très louables efforts, est « fatiguée », écrivait déjà, avant de mourir, le cardinal Carlo Maria Martini dans une interview posthume devenue célèbre : « Nous nous trouvons dans la situation du jeune homme riche qui s’éloigne tristement quand Jésus l’appelle à devenir son disciple.»
choisir revue culturelle, avril 2013
La liberté d’un chrétien
Du pontificat de Benoît XVI, l’histoire retiendra surtout sa démission. Plus que les encycliques, les discours, les voyages, cet acte de courage et d’humilité marque d’un sceau original le ministère du pape allemand. D’abord parce qu’il s’agit d’une décision inhabituelle pour un souverain pontife, posée une seule fois dans l’histoire bimillénaire du christianisme. Mais surtout parce que le geste de Benoît XVI est un acte de grande liberté, à laquelle l’histoire des papes ne nous a pas habitués : au plus haut niveau de responsabilité, la personne l’a emporté sur le personnage.
choisir revue culturelle, mars 2013