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Gerald Morin

mercredi, 21 octobre 2020 09:13

La laïcité, une quête épisodique

Devise de la République sur une église à Saint-André-de-l'Eure (France) )© Fred de Noyelle/GODONGLa vision déiste de l’État a un long passé derrière elle, tandis que celle de la laïcité n'a à son actif qu'une histoire bien courte encore. Dans l’Antiquité déjà, croyants, athées et agnostiques voyaient leurs choix acceptés que dans la mesure où ils respectaient le culte des ancêtres et les règles de la Polis ou de l’Urbs. Les Romains cependant, qui avaient leurs propres dieux, laissaient les peuples occupés et assujettis libres de célébrer leurs croyances dans la mesure où celles-ci ne troublaient pas l’ordre public. Plus tard, au début de notre ère, deux des trois religions monothéistes ont imposé leurs pensées théologiques, le christianisme pendant 14 siècles et l’islam pendant 12 siècles.

Luc Ferry, 15 septembre 2015, Salvador (Brésil) © Joa Souza / DreamstimeLa question de la laïcité a été fortement relancée ces dernières semaines en France. Si la droite a fait voter ce 19 octobre au Sénat une proposition de loi constitutionnelle «visant à garantir la prééminence des lois de la République», le débat se focalise principalement autour du projet de loi gouvernemental visant à «renforcer la laïcité et conforter les principes républicains». Auparavant décrit comme «destiné à lutter contre le séparatisme», son libellé a été changé suite aux critiques de nombre de Français musulmans, qui en avaient dénoncé le postulat sous-jacent à leurs yeux: l'amalgame entre islam et séparatisme. Mais ce raccourci n'est-il vraiment qu'une vue de l'esprit?
Interviewé par Gérald Morin, l'essayiste Luc Ferry, ancien ministre français de l'Éducation, rappelle les principes fondamentaux de la laïcité et ses origines chrétiennes.

lundi, 05 octobre 2020 09:14

Act of God

Téléphone interdit dans l'église, appel de Dieu, Paris © GODONG, Fred de Noyelle Certains voient dans la Covid-19 la main de Dieu. Mais pourquoi, dans une situation émotionnelle majeure, faire référence à l’Invisible, à l’Inatteignable? Lors des «cas de force majeur», les anglo-saxons utilisent l’appellation Act of God (le fait de Dieu).
Quand l’être humain utilise «Dieu» à toutes les sauces, selon ses besoins, ses désirs ou ses peurs. Un article de Gérald Morin, paru initialement dans le numéro de juillet de CultureEnJeu.

«La complexité inextricable des causes et des effets n’est maîtrisable par personne.
Le hasard vient nécessairement contrecarrer les projets les mieux établis.»
Friedrich Dürrenmatt