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Inspiré par notre dossier sur le corps (n° 688, juillet-septembre 2018), Geoffroy de Clavière offre à nos lecteurs ce beau texte en prose.

Caro & Anima

DiscobolusDiscobole Lancellotti, copie vers 120 ap. J.-C., Rome, palais Massimo alle TermeChétif, bodybuildé, opalin, d’ébène, percé, tatoué, déifié, méprisé, adoré, bafoué, le corps cristallise tous les fantasmes, tous les rejets. Il peut être façonné à l’infini ou simplement négligé. Autrefois honni, aujourd’hui glorifié, il a ce grand avantage sur l’âme de pouvoir être touché, humé, bandé de soie, pénétré par la chair.

 

Corps méprisé, corps contrôlé, corps glorieux, corps caché, corps surveillé et puni, corps sportif et bronzé, il exerce son dictat sur l’homme qui, à force de tenter de l’oublier ou de le vénérer, fini par en perdre la raison.

 

Attrait de soi, désir de l’autre. Onanisme, se fondre en lui, en elle, peau contre peau, odeur contre odeur, mélange sans fin pour ne faire plus qu’un et se dévorer mutuellement jusqu’à disparaître dans les replis/circonvolutions de la chair.
Mourir, enfin. Redevenir poussière, micro corps au milieu des étoiles.

 

Dans mes rêves, parfois, le Discbole de Myron m’apparaît. Son bronze est froid et sensuel, clair et obscur. Après l’avoir parcouru du bout des doigts, je plonge mon index dans le miel et fais couler le nectar sur ma langue.

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