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mercredi, 02 décembre 2015 12:09

Environnement

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J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les articles sur "L’environnement, Pari pour l’avenir", et Laudato Si' (in choisir octobre 2015, n° 669). C’est pourquoi je vous fais part de mes réflexions et observations concernant la détérioration de notre environnement : climat, eau, air, sols. Réflexion à partir de mon expérience et de mes activités en Afrique équatoriale de 1960 à 1970, et par la suite dans plusieurs ONG, avec de fréquents voyages en Afrique, à Cuba, au Nicaragua.

Laudatio Si’ est une importante contribution pour une conversion, pour s’engager résolument afin de RALENTIR la marche vers l’implosion de notre condition de vie. L’histoire et l’expérience nous prouvent qu’un cheminement vers la conversion est long, et que pour un changement important, il faut le nombre, une majorité. Une théologie positive ainsi que des projets pour un développement durable ont été diffusés depuis plus de 50 ans par des mouvements d’Action catholique (la JAC, la JOC...), par la théologie de la libération et par une multitude d’ONG de coopération Nord-Sud. Des progrès ont été faits. Mais nous devons constater les résultats : les forces négatives sont encore plus puissantes. Pour la plupart, la joyeuse espérance des années 60 a fait place à un désenchantement.

Dans la zone du Sahel, l’avancée du désert se poursuit. Dans la savane boisée, zone de culture et d’élevage, la fertilité des terres diminue. Les habitants se retirent dans d’autres zones de culture, provoquant des conflits avec les paysans sédentaires et une surexploitation des sols, qui mène au déboisement et à la diminution des rendements agricoles. Dans la plupart de ces pays, règne en plus une politique de corruption et d’arbitraire. Le départ vers l’Europe des habitants les plus dynamiques m’effraie.

Après avoir expérimenté le socialisme, le communisme, le repli identitaire, le capitalisme libéral mondialisé s’est imposé, produisant plus de richesse. Mais les riches deviennent plus nombreux et de plus en plus riches, les classes moyennes diminuent et les pauvres, même dans les pays riches, sont toujours plus nombreux. Le chômage augmente, la compétitivité médiatisée exige des entreprises une diminution des coûts, ce qui entraîne une automatisation et une diminution du personnel. Pendant que l’Etat fait tout pour créer des emplois, les entreprises doivent licencier ; celles qui ne le font pas disparaissent. Remède ? Pour conserver les emplois, il nous faut consommer plus, surtout des produits inutiles, en nous endettant.

Le système peut-il être réformé, évoluer ? Nulle part d'autres alternatives économiques et sociales ne sont expérimentées ni proposées. Alors qu’il faudrait des investissements très importants pour ralentir la pollution, le réchauffement climatique, que constatons-nous ? Une augmentation des dépenses militaires... Mon analyse est bien pessimiste, toutefois un brin d’espérance demeure. La science peut découvrir des nouvelles possibilités de lutte contre la pollution et le réchauffement climatique, et des moyens de production agricole moins polluants et aux bons rendements.

J’ai une grande admiration pour les hommes qui ont subi durant des millénaires des souffrances indicibles : déluges, famines, grandes endémies, tremblements de terre, etc., et qui n’ont pas désespéré.

François Cordonier,
Ollon

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