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Redaction

mardi, 03 septembre 2013 09:49

Religiosité en Amérique latine

2013-09Sommaire de la revue n° 645

Septembre 2013

Lord George Carey, ancien archevêque de Cantorbéry et ancien chef de l’Eglise (anglicane) d’Angleterre, a mis en garde le gouvernement conservateur de David Cameron contre une intervention militaire en Syrie qui pourrait déclencher une guerre qui risquerait d'embraser tout le Moyen-Orient.

Dans son opposition déterminé à une action armée contre la Syrie, Lord Carey va encore plus loin que l'actuel archevêque de Cantorbéry Justin Welby, qui a incité les parlementaires britanniques à ne pas se "précipiter" pour poser un jugement et à prendre en considération le plus large impact qu'aurait une telle attaque dans le monde musulman.
Mgr Welby a également demandé aux parlementaires de se demander s'ils sont "sûrs" concernant les faits qui se sont passés sur le terrain avant d'agir "dans une situation réellement dangereuse et délicate". Le chef religieux avait certainement en tête les manipulations des "spin doctors" britanniques et américains, ces spécialistes de la communication et du marketing politique qui avaient fait croire à l'opinion publique mondiale l'existence - non vérifiée depuis - d'armes de destruction massives aux mains de Saddam Hussein. Cette manipulation avait permis aux Occidentaux d'entrer en guerre contre l'Irak.
L'archevêque de Cantorbéry s'est engagé, pendant des années, pour la réconciliation dans les zones de conflit en Afrique et au Moyen-Orient. Il insiste, dans une interview accordée le 27 août au quotidien britannique The Daily Telegraph, sur le fait qu'il existe de "nombreux pas intermédiaires" entre ne rien faire et vouloir un changement total de régime en Syrie. Il reconnaît qu'il n'y a "pas de bonnes réponses" à la crise en Syrie et qu'il n'y a tout simplement pas de solution simple. (apic)

Telle est le cri d'alarme lancé par le Patriarche de Babylone des Chaldéens, Louis Raphaël I Sako. "Cela équivaudrait à faire exploser un volcan. L’explosion serait destinée à emporter l’Irak, le Liban, la Palestine. Peut-être quelqu’un recherche-t-il justement cela."

Mgr Sako se trouve à la tête de la plus importante communauté chrétienne d'Irak. L’éventuelle intervention occidentale en Syrie lui rappelle fatalement l’expérience vécue par son peuple. "Dix ans après l’intervention de la coalition qui abattit Saddam Hussein, notre pays est encore martyrisé par les bombes, les problèmes de sécurité, l’instabilité, la crise économique." Dans le cas de la Syrie, les choses sont encore plus compliquées et ce à cause de la difficulté consistant à appréhender les dynamiques réelles de la guerre civile qui déchire depuis des années cette nation. "L’opposition à Assad, remarque le Patriarche, est divisée, les différents groupes se combattent entre eux. Les milices djihadistes se multiplient… Quel serait le destin de ce pays après une telle intervention ?"
Les formules utilisées par les pays occidentaux pour justifier une éventuelle intervention paraissent instrumentales et confuses au Patriarche. "Tous parlent de démocratie et de liberté, mais pour atteindre ces objectifs, il faut passer par des processus historiques et il n’est pas possible de les importer de manière mécanique et encore moins par la force. Le seul chemin possible en Syrie, comme ailleurs, consiste dans la recherche de solutions politiques : pousser les combattants à négocier, imaginer un gouvernement provisoire impliquant tant les partisans du régime que les forces d’opposition et ce en écoutant ce que veut vraiment le peuple syrien dans sa majorité."
Le Patriarche chaldéen se montre également prudent quant au choix de justifier l’intervention comme des représailles inévitables contre l’usage d’armes chimique de la part de l’armée syrienne: "Les occidentaux ont justifié l’intervention contre Saddam Hussein en l’accusant de posséder des armes de destruction massive. Mais ces armes n’ont pas été trouvées."

Le Secrétaire général du Conseil des Eglises chrétiennes en Egypte, le Père Bishoy Helmy, a rejeté et déploré, au nom des chrétiens égyptiens, les déclarations hostiles adressées par le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Ahmed Al Tayyeb, grand imam de l’Université d’Al Azhar. « L’histoire de l’imam, a déclaré le Père Bishoy Helmy, témoigne de ses vertus et de sa carrure humaine. »

Dimanche dernier, au cours d’un discours à l’Université de Rize, le Premier Ministre turc était intervenu à propos de la crise égyptienne, attaquant lourdement Al Tayyeb: « Lorsque j’ai vu le scheik d’Al Azhar au milieu des putschistes, j’ai été déçu (...) L’histoire maudira les hommes tels que lui, comme elle a maudit par le passé en Turquie des intellectuels et des chercheurs de ce genre. » Dans le cadre de ce même discours, le Premier Ministre turc a également accusé Israël et l’écrivain français Bernard-Henri Lévy d’avoir inspiré la déposition du Président égyptien Mohamed Morsi et du gouvernement dominé par les partis islamistes.

L’imam Al Tayyeb, pour sa part, a répliqué à cette attaque en souligant qu'en offensant Al Azhar, on offense tous les musulmans et tous les Egyptiens. L’Université d’Al Azhar représente le principal centre d’enseignement religieux de l’islam sunnite. « Face à la crise – a indiqué à l’agence Fides Mgr Adel Zaki OFM, vicaire apostolique d’Alexandrie – on enregistre actuellement une forte entente collaborative entre Al Azhar et le Conseil des Eglises chrétiennes, organisme qui vise à représenter la position unitaire des chrétiens sur les affaires sociales et politiques. » (réd./fides)

mardi, 27 août 2013 09:47

Jeûne au monastère de Mar Musa

A la veille de la fête liturgique de Saint Moïse (28 août), on a prié et jeûné au monastère de Deir Mar Musa (monastère de Saint-Moïse l’Ethiopien en Syrie) pour la paix en Syrie et pour la libération du Père Paolo Dall’Oglio sj. C’est ce qu’a indiqué le Père Jacques Mourad, responsable de la communauté monastique de rite catholique syrien, refondée en 1982 par le Père Paolo Dall’Oglio et qui compte actuellement dix moines. Le Père Dall'Oglio a été enlevé voici près d’un mois dans la zone de Raqqa.

Au cours des années, le monastère s’est ouvert pour accueillir des membres d’autres confessions chrétiennes et a mis en place une communauté spirituelle œcuménique mixte promouvant le dialogue entre le christianisme et l’islam.
Contacté par l'agence Fides, le Père Mourad, catholique syrien originaire d’Alep, a expliqué : "Le 27 août, veille de la fête de saint Moïse l’Ethiopien, fête annuelle de notre communauté et de notre monastère, nous, moines, vivrons une journée spéciale de jeûne, de méditation et de prière à laquelle participent des fidèles chrétiens et musulmans." Saint Moïse l’Ethiopien (330-405), un célèbre brigand devenu anachorète, avait convertit de nombreuses personnes, les conduisant avec lui au monastère. Le martyrologe romain en fait mémoire le 28 août. Cette année, a poursuivi le Père Mourad, "nous offrirons notre prière en particulier pour demander à Dieu la protection et la libération de notre confrère, le Père Paolo Dall’Oglio. Nous ne savons pas qui l’a enlevé et nous sommes sans nouvelles de sa part. Nous vivons ces heures avec tristesse et trépidation. Nous sommes préoccupés mais nous demeurons dans l’espérance. Nous demandons à tous les fidèles de par le monde de s’unir à notre jeûne et à notre prière et nous lançons un appel éploré en vue de sa libération. (...) Nous voulons également demander à Dieu le don de la paix pour la Syrie, martyrisée par la guerre. Nous déplorons toute forme de violence qui ne constitue jamais une solution. Nous espérons qu’un dialogue puisse être entrepris et qu’une nouvelle ère de réconciliation puisse débuter pour le peuple syrien."

Au cours de ces deux années de guerre, la communauté de Deir Mar Musa, monastère sis à 80 Km au nord de Damas, "est demeurée fidèle à son charisme de prière, de travail, de dialogue, d’accueil de l’autre, de paix et de réconciliation", a expliqué le Père Mourad. La communauté est présente dans deux autres monastères, l’un en Syrie (le monastère de Saint-Elie de Qaryatain, situé entre Homs et Palmira) et l’autre dans le Kurdistan irakien (le monastère de la Vierge-Marie de Suleymanieh).

(réd./fides)

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