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mercredi, 06 février 2008 11:00

Horizon 2030

Écrit par

sans couverture 1Geneviève Férone, 2030, le Krach écologique, Grasset & Fasquelle, Paris 2008, 286 p.

L'urgence à agir concrètement pour la planète a pris en 2008 des allures de cri d'alarme : ainsi le rapport du WWF intitulé Planète vivante,[1] qui chiffre notre dette écologique annuelle à 30% de ressources de plus que ce que la Terre peut offrir. Mais au-delà des chiffres, un besoin de synthèse se fait sentir. Or, justement, on trouve dans l'ouvrage de Geneviève Férone une sorte de synthèse des urgences et des défis qui se posent à une humanité qui doit faire « un choix de civilisation », à l'horizon 2030.

« Nous pouvons fabriquer des machines et de l'espérance de vie mais nous ne pouvons pas fabriquer du temps. Le temps de faire d'autres choix, en conscience. » Les propos de G. Férone se veulent innovants, soulignant une urgence dans quatre domaines (ou fronts) qui convergent et atteindront leur paroxysme probablement en 2030 : le climat, l'énergie et les matières premières, la population, l'économie. Les premiers mots en témoignent : « C'est tout à fait inédit. Nous ne voulons pas croire ce que nous savons ! »

Songer que le réchauffement par émission de gaz à effet de serre a, depuis le début de l'ère industrielle, atteint l'équivalent de 1% du rayonnement solaire vers la terre : thermomètre de nos aberrations. Les politiques de l'énergie vont devoir passer par une désintoxication massive, au moment même où l'usage du charbon s'impose dans les grands pays émergents comme la Chine et où la consommation d'énergie va croître plus vite que la production d'énergie renouvelable potentiellement exploitable.

« Nous restons perfusés aux énergies fossiles. » Le défi n'est pas tenable avec 7 milliards d'individus projetés en 2030, tant sur le plan nutritionnel qu'énergétique. Nous avons besoin de plus de deux hectares par habitant, d'un sol en diminution du fait d'infrastructures dévoreuses d'espace et de désertification. Quelle prise de conscience ose-t-on espérer de l'instinct de survie quand, pour quatre habitants sur cinq de la planète, la seule menace tangible reste celle de la pauvreté ? La Mère Nature devenue une marâtre !

La seule technologie ne nous sauvera pas. Geneviève Férone plaide pour une « consommation engagée », en réplique à la schizophrénie ambiante : savoir et ne pas vouloir ; un Plan Marshall de la sobriété face à la bombe sociale, pour passer le chas de l'aiguille des vingt ans à venir et vaincre la tyrannie pascalienne du technique. « La création de richesses économiques n'est plus synonyme de progrès humain. Que transmettent nos élites d'aujourd'hui à ce sujet ? Rien. »

La paix mise à l'épreuve de la rareté des ressources, une plus grande attention portée à nos choix : autant dire une métamorphose.

1 - Voir à ce propos Daniel Schöni Bartoli, « Cachée derrière la crise économique, une crise écologique majeure », in Domaine public n° 1804, 25.11.2008, www.domainepublic.ch.

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