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mercredi, 06 février 2008 11:00

Le catholicisme vert

Écrit par

Landron 41724Coll 42031Olivier Landron, Le catholicisme vert. Histoire des relations entre l'Eglise et la nature au XXe siècle, Cerf, Paris 2008, 528 p.

Sous la direction de Mgr Marc Stenger, Ecologie et création. Textes rassemblés par Olivier Landron, Parole et Silence, Paris 2008, 176 p.

Véritable encyclopédie de l'engagement « vert » des catholiques français dans toutes ses dimensions - depuis les activités en plein air (scouts) en passant par la pastorale agricole et en aboutissant au développement durable -, cet ouvrage comble une lacune. En effet, si la doctrine sociale de l'Eglise est bien documentée, ses engagements environnementaux le sont beaucoup moins.

Acquise au fil du XXe siècle aux bienfaits du progrès, l'Eglise a toujours gardé une saine distance à l'égard des excès de la société de consommation, que ce soit à travers « l'option préférentielle pour les pauvres » ou son rôle de gardienne de l'immatériel. En même temps, sa réflexion sur les rapports entre l'homme et la nature a constamment été marquée par le souci de ne pas sacraliser la nature. Teilhard de Chardin, soupçonné de proximité avec le panthéisme, en a fait l'expérience.

Vatican I avait mis en garde contre la confusion entre Dieu et ses créatures et insisté sur la mission civilisatrice du genre humain ; près d'un siècle plus tard, Vatican II souligna la différence entre usage et abus, ainsi que l'exigence d'un partage équitable des dons divins. La question sociale prit une dimension géographique et, jointe à l'exigence d'une gestion prudente des ressources, déboucha sur la notion de développement durable, à savoir, une affirmation de la primauté des besoins des plus démunis, un refus de s'abîmer dans l'accumulation matérielle, le respect des générations à venir.

« Dieu a destiné la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples » (Gaudium et spes). Paul VI, en 1970, affirma que le défi de l'humanité est de savoir « dominer sa domination », et le cardinal Villot dira en 1971 que « toute atteinte à la création est une offense au Créateur ». Difficile de fixer plus clairement des limites à la technique et au profit.

O. Landron rappelle ici un certain nombre de figures de proue assez différentes, comme le placide contemplateur des paysages passés et de l'enracinement paysan, le révolté devant la mécanisation du temps que fut Francis Jammes et l'acteur du mouvement social Lanza del Vasto, combattant non violent du Larzac. Ou encore Jacques Ellul, Jean-Marie Pelt, les époux Bastaire, Jean-Pierre Ribaut, les militants des causes paysanne, antinucléaire ou d'ATTAC.

Toutes ces individualités ont largement porté leur engagement, mais l'officialité de l'Eglise est nettement moins motivée. Il est temps de faire le lien entre le spirituel, le social et l'écologique pour construire cette nouvelle Alliance dont l'humanité a cruellement besoin ! Pour cet accomplissement, O. Laudron, maître de conférence à la Faculté de théologie de l'Université catholique de l'Ouest (Angers), apporte les ingrédients et les références.

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