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lundi, 18 décembre 2017 13:03

Jérusalem après Trump

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Dome jerusalemL’annonce du président américain Donald Trump, le 6 décembre dernier, de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël a suscité de nombreuses manifestations d’indignation et de crainte, tant dans le monde musulman que chrétien. Spécialiste reconnu du Proche-Orient, le Père jésuite David Neuhaus, de l’Institut biblique pontifical de Jérusalem, ancien vicaire patriarcal pour les catholiques de langue hébraïque d’Israël, analyse le pourquoi de ces réactions. Il revient sur les risques à venir, la violation du droit international, la position du Vatican et la nature particulière de cette ville trois fois sainte. Son point de vue est suivi de celui du dominicain Jean-Michel Poffet, diffusé par cath.ch le 12 décembre 2017.

Je vous écris de Jérusalem, Ville Sainte mais aussi champ de bataille où les récentes déclarations du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme «capitale d’Israël» ont assombri la ville malgré le fait que ces jours-ci les juifs célèbrent Hanukkah, la fête des lumières, et que les chrétiens se préparent à accueillir la Lumière du Monde, Jésus-Christ, en cette période de Noël.

Jérusalem, Ville Sainte, a été le sujet de nombreuses luttes depuis des siècles. Les juifs, les musulmans et les chrétiens se sont battus pour dominer la ville, jusqu’à en exclure les autres communautés. De nombreux chrétiens et musulmans du Moyen-Orient voient la déclaration récente du président Trump comme une nouvelle preuve que son administration, encore plus que celles de ses prédécesseurs, a fait cause commune avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu, au grand dam de la population palestinienne et de son rêve d’un état indépendant.

On peut observer au moins trois niveaux de réactions locales à la proclamation du président Trump selon laquelle son administration reconnaît Jérusalem comme «capitale d’Israël».

Combien de personnes vont mourir?

En premier lieu, beaucoup ont souligné l’irresponsabilité de faire une déclaration sur Jérusalem alors que tout le monde sait très bien que parler de Jérusalem met le feu aux poudres et provoque des réactions en chaîne difficiles à prévoir ou à contrôler. Conserver un statu quo fragile semble être le seul moyen de garantir un calme relatif dans la ville sainte. Le président Trump a clairement ignoré ce statu quo. Beaucoup se sont sûrement demandés: «Combien de personnes vont mourir suite à cette déclaration? » Elle a déclenché des manifestations dans le monde entier, mais les plus explosives ont eu lieu en Israël/Palestine et dans le reste du monde arabe et du monde musulman.

L’élément plus inattendu, et pourtant positif, de ces manifestations est que l’attention s’est recentrée sur le conflit israélo-palestinien et la tragédie permanente vécue par la population palestinienne. Ces dernières années, les événements au Moyen-Orient ont attiré l’attention notamment sur l’Irak, la Syrie ou encore l’Égypte car le monde Arabe a vécu un «Printemps arabe» puis un «Hiver islamiste» qui ont mis en exergue des formes de violence qui ont décimé des communautés entières et ont menacé de modifier le visage de la région. Par ailleurs, l’attaque perçue contre l’attachement des musulmans, des chrétiens et des Arabes à Jérusalem, en affirmant de manière unilatérale que Jérusalem est la capitale d’Israël, a rassemblé un monde arabe et un monde musulman divisés, dans un rejet commun de la décision de Donald Trump.

Malheureusement, l’inévitable s’est produit avec la mort de jeunes protestant contre ce changement et la peur constante que cette déclaration s’ajoute à une longue liste de doléances qui poussent les populations du Moyen-Orient à commettre des actes terroristes pour attirer l’attention sur la cause que représente une Jérusalem avec laquelle jouent Trump et Netanyahu. L’économie palestinienne est elle aussi victime collatérale de cette bravade car beaucoup de touristes et de pèlerins ont annulé leur visite en Terre Sainte et les ambassades étrangères ont conseillé à leurs ressortissants de rester loin des zones palestiniennes, constat pour le moins regrettable pour Bethléem, ville de la joie de Noël.

Le droit international

JerusalemDeuxièmement, Trump a décidé d’ignorer le discours qui découle du droit international et qui a déterminé la manière dont Jérusalem a été évoquée au sein de la communauté internationale. La résolution 181 des Nations Unies, qui a scindé la Palestine jusqu’alors gouvernée par les Britanniques selon les statuts d’un mandat qui leur a été confié par la Société des Nations, proposait que Jérusalem soit un corpus separatum. Dans la partie III de la résolution 181 (1947), les Nations Unies prévoyaient: «La ville de Jérusalem sera établie comme un corpus separatum selon un régime international spécifique et sera administrée par les Nations Unies. Le Conseil de tutelle sera désigné pour s’acquitter des responsabilités de l’autorité administrative au nom des Nations Unies.» La résolution proposait qu’après une période de dix ans la situation soit réexaminée.

Cette résolution n’a jamais été mise en œuvre et à la suite de la guerre de 1948, Israël comprenait au sein de son territoire 78% de la Palestine historique alors que la rive occidentale était annexée par le Royaume hachémite de Jordanie et la bande de Gaza était occupée par l’Égypte. Même si cette résolution n’a jamais été mise en œuvre, elle est restée irrévocable pour le droit international et est le fondement des discussions sur le statut de Jérusalem.

La communauté internationale a refusé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, tout en sachant que la question de frontières entre les deux États proposés par la résolution de 1947, Israël et la Palestine, n’est pas stabilisée par des accords entre ces deux États. Il va sans dire que la première étape serait la création officielle d’un État palestinien, déjà présent sous une forme embryonnaire et reconnu par de nombreux pays (dont le Vatican depuis 2012). Tout comme Israël, les Palestiniens considèrent également Jérusalem comme la capitale de leur état. Après la guerre de 1948, Jérusalem, qui avait été conquise, n’a pas été établie comme un corpus separatum et a ensuite été divisée entre Israël et la Jordanie. En 1980, après que la guerre de 1967 ait provoqué l’occupation militaire israélienne de Jérusalem-Est, le gouvernement israélien a complètement annexé Jérusalem-Est et n’a cessé depuis de proclamer que Jérusalem, dans sa totalité, est «la capitale éternelle de l’État d’Israël». La communauté internationale a soutenu que cette annexion était illégale et que toutes les mesures visant à intégrer Jérusalem-Est au territoire de l’État d’Israël étaient inacceptables.

Position claire du Vatican

Le Vatican s’est exprimé très clairement sur ce sujet. En 1996, la Secrétairerie d’État du Vatican a déclaré: «La partie de la ville militairement occupée en 1967, puis annexée et déclarée comme capitale de l’État d’Israël, est un territoire occupé et toutes les actions israéliennes qui outrepassent le pouvoir d’un occupant belligérant en vertu du droit international sont considérées comme nulles et non avenues.» Le Vatican s’en est tenu à cette position et en conformité avec celle-ci, le pape François a lancé un appel pour que le statu quo soit respecté quelques heures avant la déclaration de Trump, affirmant: Je ne peux taire ma profonde inquiétude face à la situation de ces derniers jours, et dans le même temps je souhaite lancer un cri du cœur pour m’assurer que tout le monde s’engage à respecter le statu quo de la ville, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies.» (Le pape lors de l’audience du 6 décembre 2017).

Même s’il existe un consensus quasi unanime selon lequel le statut de Jérusalem serait défini par des accords de paix entre la Palestine et Israël, beaucoup se demandent si la déclaration de Trump n’est pas le signe qu’un processus de paix est impossible, qu’il n’y a aucune stratégie de paix et aucune volonté d’espérer qu’une paix soit possible. Sa déclaration a semé une certaine frustration et a renforcé le sentiment de désespoir.

Ignorer la nature de Jérusalem revient à l’effacer

Troisièmement, la déclaration de Trump semble largement ignorer la nature de Jérusalem et l’attachement profond des musulmans et des chrétiens à la ville, ne portant l’attention que sur l’attachement tout à fait réel des juifs à Jérusalem. Cependant, les trois religions considèrent Jérusalem comme une Ville Sainte, sentiment renforcé dans l’imagination religieuse et attirant les pèlerins. Plus important encore, les trois religions ont des communautés vibrantes de dévotion qui considèrent Jérusalem comme leur foyer. Le pape Benoît XVI, célébrant la messe au pied du Mont des Oliviers, sous les murs de la vieille ville de Jérusalem a dit: «Jérusalem est depuis toujours une ville où résonne dans les rues l’écho de langues différentes, où cheminent sur les pavés des peuples de toute race et langue, et dont les murs sont un symbole de l’amour providentiel de Dieu pour la famille humaine tout entière. Comme un microcosme de notre univers mondialisé, cette Ville, si elle veut vivre en conformité à sa vocation universelle, doit être un lieu qui enseigne l’universalité, le respect des autres, le dialogue et la compréhension mutuelle; un lieu où les préjugés, l’ignorance et la peur qui les alimentent sont mis en échec par l’honnêteté, le bon droit et la recherche de la paix. Il ne devrait pas y avoir place, à l’intérieur de ces murs, pour l’étroitesse d’esprit, la discrimination, la violence et l’injustice. Ceux qui croient en un Dieu miséricordieux -qu’ils se reconnaissent comme juifs, chrétiens ou musulmans- doivent être les premiers à promouvoir cette culture de réconciliation et de paix, sans se laisser décourager par la pénible lenteur des progrès ni par le lourd fardeau des souvenirs du passé.» (discours du 12.5.2009).

Mont des OliviersBeaucoup ont la sensation que la déclaration de Trump est en accord avec les mesures du gouvernement israélien visant à modifier la nature même de la ville, favorisant l’attachement d’un groupe, les Juifs, et le développant, tout en ignorant largement le passé, le présent et le futur musulman et chrétien de la ville. Ne commémorer qu’un seul partenaire dans l’histoire de la ville revient à effacer la ville elle-même qui existe grâce à la présence de ces trois communautés religieuses et de ces deux peuples, Palestiniens et Juifs. Le Vatican a insisté pour que Jérusalem reste en dehors des conflits entre les deux parties. Il ne s’agit pas que d’une question de respect du statu quo qui régit les lieux saints, une protection qui a été explicitement confirmée à la fois par Trump et Netanyahu. Tout aussi importantes que les lieux saints, si chers aux juifs, musulmans et chrétiens, il y a ces communautés qui vivent à Jérusalem et qui cherchent à vénérer un Dieu qui déplore un conflit qui divise ces enfants qui se chamaillent pour une ville qui, au final, est celle de Dieu.

Dans sa lettre apostolique de 1984 sur Redemptionis anno de Jérusalem, le pape Jean Paul II a écrit:

«Jérusalem, avant même d’être la ville de Jésus, le Rédempteur, a été le lieu historique de la révélation biblique de Dieu, le point où, plus qu’en tout autre lieu, se noue le dialogue entre Dieu et les hommes, comme le point de rencontre entre la terre et le ciel.

Les chrétiens l’honore avec une religieuse et intense affection, parce que c’est là que tant de fois a résonné la parole du Christ, là que se sont déroulés les grands événements de la Rédemption, c’est-à-dire la passion, la mort et la résurrection du Seigneur. À Jérusalem est née la première communauté chrétienne et là s’est maintenue au fil des siècles, malgré les difficultés, une présence ecclésiale continue.

Pour les juifs, c’est l’objet d’un vif amour et d’une mémoire perpétuelle, riche de nombreux vestiges et monuments, depuis l’époque de David, qui l’érigea en capitale, et de Salomon, qui y édifia le Temple. Depuis lors, ils regardent vers elle, pour ainsi dire, tous les jours et la considèrent comme le symbole de leur nation.

Les musulmans aussi appellent Jérusalem «La Sainte», avec un profond attachement qui remonte aux origines de l’islam, et qui est motivé par des lieux privilégiés de pèlerinage et par une présence plus que millénaire et presque ininterrompue.

Outre ces témoignages rares et éminents, Jérusalem accueille des communautés vivantes de croyants dont la présence est gage et source d’espérance pour les gens de toutes les parties du monde qui regardent la Ville sainte comme leur propre patrimoine spirituel et un signe de paix et d’harmonie En sa qualité de patrie de cœur pour tous les descendants spirituels d’Abraham, qui lui sont si chère, et de point de rencontre, aux yeux de la foi, entre la transcendance infinie de Dieu et la réalité d’être créé, Jérusalem est devenue un symbole de rencontre, d’union et de paix pour toute la famille humaine.»

Un plan américain plus large

On pourrait ajouter, pour conclure, que beaucoup pensent que le président Trump n’a pas joué toutes ses cartes. Les Israéliens et les Palestiniens pensent que ce pas a été coordonné avec Israël et l’Arabie Saoudite et qu’il constitue une première étape dans un «plan de paix» plus vaste, concocté par l’administration américaine avec la complicité de l’Arabie Saoudite et d’Israël. Tant chez les Israéliens que chez les Palestiniens, on souligne que ceci n’a pas été un don gratuit au régime israélien mais plutôt la première étape d’une entente visant à régler la question palestinienne. Reste à voir si Trump et son administration seront en mesure d’imposer un «plan de paix» qui sera acceptable pour les Israéliens et les Palestiniens. Entre-temps, en attendant plus de révélations et de déclarations, les Palestiniens se sont vigoureusement exprimés contre l’administration américaine et ont déclaré qu’ils n’accepteraient pas que les Américains jouent un rôle d’intermédiaire pour tenter de renouer un dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Pendant ce temps, Jérusalem est plongée dans un nouveau cycle de violence, de peur et de désespoir.

Continuons tous à prier pour la paix à Jérusalem!

(Article traduit de l'anglais par Marion Legeay)

Paix


À lire ci-dessous pour compléter l’analyse du jésuite David Neuhaus, de l’Institut biblique pontifical de Jérusalem, celle du dominicain fribourgeois Jean-Michel Poffet, ancien directeur de l’École biblique de Jérusalem de 1999 à 2008, diffusée par cath.ch, le 12 décembre 2017. Un article de Raphaël Zbinden

Jean-Michel Poffet se rend encore presque chaque année dans la Ville Sainte. Il a vécu de près les violences de la seconde Intifada (2000-2005). Son expérience de vie et ses rencontres avec de nombreux Palestiniens et Israéliens lui donnent une vision précise des enjeux sur le terrain, ainsi que des espoirs, des peurs et des représentations qui agitent les esprits sur place. Le dominicain a été, comme une bonne partie de l’opinion publique mondiale, «choqué» par la décision du président Donald Trump, début décembre 2017, de déplacer l’Ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Un geste qui équivaut à reconnaître cette dernière ville comme capitale d’Israël. L’annonce a provoqué une indignation générale chez les Palestiniens, qui voudraient également faire de Jérusalem la capitale de leur futur État. Des affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre israéliennes ont éclaté le 8 décembre 2017 et se poursuivaient quatre jours plus tard. Les violences ont coûté la vie à quatre Palestiniens et plus de 1000 autres ont été blessés.

Jean-Michel Poffet admet que la décision du président Trump ne fait que concrétiser une réalité: la présence déjà effective depuis de nombreuses années de l’administration gouvernementale israélienne à Jérusalem. Une seule précision manque: il ne mentionne pas Jérusalem-Ouest ou Jérusalem-Est (la vieille ville, occupée depuis 1967 puis annexée). Israël a en effet décrété en 1980 que Jérusalem était sa capitale «éternelle et indivisible». Donald Trump semble se ranger à cette idée. L’ancien directeur de l’Ecole biblique souligne que cette décision a été prise de manière totalement unilatérale et en contradiction avec le droit international, les Nations Unies ayant toujours rejeté l’annexion de Jérusalem par Israël. «Même si elle est dans la ligne de la logique américaine, cette reconnaissance vient mettre de l’huile sur le feu et compliquer un conflit qui n’en avait déjà pas besoin», relève Jean-Michel Poffet.

Vers un embrasement?

Des observateurs remarquent que la mobilisation de la rue palestinienne est pour l’instant relativement faible. Un aspect que le dominicain peut comprendre. «Les Palestiniens ont un mauvais souvenir de la deuxième Intifada. Ils ont été aussi blessés par ce déferlement de violence qui ne leur a en définitive rien apporté.» Il n’exclut cependant pas qu’un embrasement généralisé et une troisième «guerre des pierres» puisse éclater. «La situation est très tendue et, dans certains secteurs palestiniens tels que Gaza, les gens sont tellement désespérés qu’ils pourraient voir la violence comme une échappatoire», affirme Jean-Michel Poffet.

Le dominicain a en général peu d’espoir qu’un règlement du conflit survienne à court et moyen terme. «La situation actuelle de violence au Proche-Orient favorise les extrêmes. D’un côté, les acteurs arabes posent des exigences maximales irréalistes. De l’autre, la droite israélienne réfractaire à l’idée d’un État palestinien s’impose sur le terrain.» Le bibliste fribourgeois ne voit aucune personnalité politique capable d’ouvrir la voie vers la paix. Pour lui, le phénomène de sur-symbolisation qui existe dans la région, notamment concernant Jérusalem, rend tout plus difficile. «On pourrait imaginer un règlement avec Tel-Aviv comme capitale d’Israël et par exemple Ramallah comme capitale d’un Etat palestinien. Mais les représentations qui existent sur Jérusalem ne le permettent pas», affirme le Père Poffet.

Mondes parallèles

Un autre facteur qui complique une résolution est l’éloignement toujours plus grand de la population juive et palestinienne. Il décrit «deux mondes qui vivent en parallèle». «En rencontrant des personnes des deux côtés du mur, j’ai pu me faire une idée des requêtes profondes qui les habitent», relève le prêtre. «Les Palestiniens ont un fort sentiment d’injustice. Ils ont l’impression d’avoir été spoliés de leurs terres et de leurs droits. Les Israéliens sont extrêmement sensibles à leur sécurité. Ils sont marqués par toute la violence qui a été exercée contre eux depuis des siècles. Mais ils n’arrivent souvent pas à se rendre compte qu’ils utilisent contre les autres ce même type de violence.»

Le dominicain relève que «dans le même temps, les deux camps ont un fort sentiment de propriété sur cette terre, principalement pour des raisons religieuses, ou soi-disant telles». Ainsi, pour Jean-Michel Poffet, les deux peuples ne pourront vivre en paix que s’ils cherchent à se comprendre vraiment et à «réaliser des concessions en allant au-delà des enjeux symboliques».

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