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jeudi, 26 juin 2014 09:39

Nouveau prix pour le JRS

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Le Père jésuite Nawras Sammour, d'Alep, et le Jordanien Wael Suleiman ont reçu, le 18 juin 2014 à Lucerne le prix "Caritas 2014" pour leur engagement inlassable en faveur des réfugiés en Syrie. Les deux hommes ont procuré nourriture, eau, vêtements, médicaments et abris, mais ils ont surtout redonné aux réfugiés un peu de dignité humaine et d'espoir dans un avenir meilleur. Le JRS avait reçu peu avant le Prix international de la paix de Pax Christi pour 2014 pour «le remarquable dévouement avec lequel le JRS a fourni de l'aide humanitaire aux Syriens depuis 2011.»

Le Père Nawras Sammour sj, directeur du service des réfugiés des jésuites pour le Proche-Orient, a souligné « qu'en Syrie, la mort est devenue banale et gratuite, aléatoire. Elle frappe n'importe qui, n'importe où, n'importe quand. L'expression arabe courante 'Inch Allah' (si Dieu le veut) a pris un sens tragique. La mosaïque syrienne n'est plus que division est destruction, souligne le jésuite. Comment alors espérer encore ? » Citant un des ses confrères du Salvador, le jésuite note que « là où il n'y plus rien à faire, tout est à faire ou à refaire ».

Artisans de paix anonymes

Le religieux a tenu à dédié son prix à trois artisans de la paix anonymes. A cette femme qui, lors de bombardements sur Damas, alors que Caritas distribuait de la nourriture, a tenu à apporter trois kilos de tomates et trois kilos de concombres pris sur son nécessaire; à cette famille qui est revenue avec un gâteau pour remercier des vêtements reçus pour ses enfants, à cet homme d'Alep, frappé d'une anémie sévère pour avoir donné trois fois son sang en 24 heures. « Chaque fois que j'ai entendu la sirène d'une ambulance, j'ai voulu apporter mon aide » expliquait-il. « Me remettre ce prix Caritas, c'est reconnaître que la souffrance des Syriens mérite de l'attention », a-t-il conclu.

Survivre dans la dignité

Wael Suleiman, directeur de Caritas Jordanie, est lui même issu d'une famille de réfugiés palestiniens. C'est dire qu'il connaît la détresse des déplacés. Grâce à lui, Caritas Jordanie, avec plus d'un millier de bénévoles, vient en aide aux réfugiés syriens, mais aussi irakiens et palestiniens. Citant la maxime du pape jean Paul II « Pas de paix, sans justice, pas de justice sans pardon » Wael Suleiman a relevé combien l'aide va au-delà du soutien matériel.

Un aspect que Roger de Weck, directeur général de la SSR, a également mis en valeur dans son éloge. Il s'agit d'aider le peuple syrien à survivre en gardant sa dignité. «Beaucoup d'images de la guerre en Syrie ont choqué. Elles n'ont malheureusement pas toujours suffi à mobiliser la communauté internationale. Aujourd'hui la disponibilité à aider diminue, mais la souffrance des syriens continue », a déploré l'ancien journaliste.

La joie de l'engagement

Le directeur de Caritas Suisse Hugo Fasel, qui a voyagé récemment au Liban et en Jordanie, dit avoir été frappé par la joie qui émane de l'engagement des deux lauréats. Leurs yeux ne restent pas figés sur la misère, mais leur regard apporte un espoir. A ceux qui disent que la taille de la catastrophe syrienne les dépasse et qu'il vaudrait mieux laisser les Syriens se débrouiller eux-mêmes, Hugo Fasel répond vivement que chaque goutte d'eau est un geste contre la machinerie de la guerre en Syrie. Caritas Suisse, outre l'aide apportée sur place, a interpellé récemment le Conseil fédéral pour un engagement humanitaire et diplomatique accru. (apic/red.)

 

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