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mercredi, 01 juin 2016 15:15

L’option pour les pauvres

Écrit par

Gustavo Gutierrez
Heureux vous les pauvres
Paris, Parole et Silence 2015, 114 p.

Il y a, nous dit le pape François dans la préface, beaucoup de formes de pauvreté : physiques, économiques, spirituelles, sociales, morales. Mais la pauvreté économique est celle que l’on regarde avec le plus d’horreur.

Si l’argent est un outil qui permet à l’homme d’œuvrer dans le monde, d’agir, de porter des fruits, ce moyen peut se retourner contre lui. Ce petit livre va s’efforcer d’en faire une analyse à partir des Conférences de l’épiscopat de l’Amérique latine et des Caraïbes, plus particulièrement celle d’Aparecida, dont l’une des pierres d’angle était l’option préférentielle pour les pauvres.
Première étape : discerner les signes des temps à la lumière de l’Esprit saint, pour se mettre au service du Royaume annoncé par Jésus. « Regarder au loin », comme aimait à le répéter Jean XXIII. La réalité du pauvre d’aujourd’hui est complexe et la dite Conférence, après un vote majoritaire, décida de s’y atteler, en suivant la méthode du « voir, juger et agir ». Le Christ est le visage humain de Dieu et le visage divin de l’homme. A cause de cela, l’option pour les pauvres est implicite dans la foi : « Dieu s’est fait pauvre pour nous », et de notre foi en Christ provient notre solidarité, notre attitude de rencontre, de service et de fraternité.
En fait, le pauvre est « l’autre » d’une société qui ne reconnaît pas, sinon théoriquement, sa dignité humaine. Les nouveaux visages des pauvres ont pour noms : migrants itinérants, victimes du VIH-sida, enfants victimes de prostitution, exclus pour cause d’analphabétisme technologique, toxicomanes, prisonniers... La situation de la femme en Amérique latine et dans les Caraïbes est, par exemple, très précaire, et il est urgent d’en prendre conscience.
Il n’est pas question là de condescendance, mais de solidarité, d’amitié. Or c’est par la fréquentation qu’on devient amis. Benoît XVI disait déjà que l’option pour les pauvres est inclue dans le devoir d’évangélisation, et l’évangélisation s’est toujours développée avec la promotion humaine et l’authentique libération chrétienne.
L’auteur précise que l’Amérique latine et les Caraïbes disposent de facteurs d’unité, mais d’une unité déclinée par des volontés de puissance et de contradictions, encore incapable de faire couler dans les mêmes veines le sang de tous, et de dépasser les incroyables barrières d’inégalités et de marginalisations. L’affaire est entre nos mains : les mains des Eglises locales et des communautés chrétiennes.
Dans la deuxième partie, le livre revient sur la spiritualité de l’événement conciliaire et décode avec bonheur le Bon Samaritain.

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