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mercredi, 04 juin 2014 17:07

Réfugiés de Syrie. Appel à l'Occident

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La succession des drames humains en Méditerranée a poussé le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) à demander aux pays occidentaux d'accorder l'asile à 30 000 réfugiés syriens d'ici la fin 2014. La Suisse a décidé d'en accueillir 500. Des chiffres ridiculement bas au regard des besoins et des efforts disproportionnés des pays limitrophes de la Syrie. L'Europe doit agir pour prévenir une escalade de l'instabilité dans la région.

Depuis le début du conflit en Syrie, des millions de personnes ont quitté leur maison, en qualité de déplacés internes (4,25 millions) ou de réfugiés dans les pays frontaliers (2 millions). On parle de 250 000 réfugiés en Jordanie, 600 000 en Turquie et 800 000 au Liban. Ironie amère, la Syrie avait elle-même accueilli 1,5 million de réfugiés irakiens en son temps...
Ces mouvements de la population syrien ne ont de très lourdes conséquences. Outre les drames qu'ils signifient et les questions humanitaires qu'ils véhiculent, les Etats limitrophes doivent affronter le mécontentement de leur propre population. La Jordanie, qui a dû faire face dans le passé à l'afflux des Palestiniens, puis des Irakiens, doit gérer aujourd'hui celui des Syriens. Non sans mal. Selon un rapport d'Amnesty International, les 120 000 résidents du camp de Zaatari, le plus grand du pays, accèdent difficilement aux services les plus essentiels, comme à l'eau potable ; l'insécurité y est élevée et seule la moitié des enfants en âge d'être scolarisés le sont. Comment s'étonner que les nouveaux arrivants se fassent refouler à la frontière jordanien ne ? Ou que la « syrophobie » contamine les Libanais ? N'est-ce pas ce pays quatre fois plus petit que la Suisse, qui a un lourd contentieux avec la Syrie, où résident déjà près de 300 000 réfugiés palestiniens et qui se remet non sans peine de sa propre guerre civile, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés en provenance de Syrie ?
Pour Michael Gallagher sj, représentant à Genève du Service jésuite des réfugiés, il n'y a pas à tergiverser : la communauté internationale doit aider ces pays à prendre en charge les réfugiés, afin d'assurer le maintien de l'ouverture de leurs frontières ; et l'Europe doit de toute urgence ouvrir ses portes pour désengorger ces pays, sous peine de déstabiliser toute la région. « Les consulats européens accordent les visas au compte-goutte, se scandalise-t-il, pourtant ils avaient promis de partager cette charge ! Ces familles syriennes ne serait-elles pas mieux ici que dans le désert Jordanien ? En moyenne, seuls 2000 réfugiés en provenance des camps gérés par le HCR sont ad mis en Europe chaque année, contre 60 000 pour les Etats-Unis. L'Europe doit faire un sérieux effort. »
En attendant, un nombre croissant de déplacés de Syrie choisissent, en désespoir de cause, la voie de l'illégalité, avec les risques que cela comporte. Ils cherchent à franchir la Méditerranée via l'Egypte, pour se rendre en Italie (voir les pp. 19-21 de ce numéro). L'Egypte, où la communauté syro-libanaise a été très bien accueillie jusqu'il y a peu mais souffre aujourd'hui aussi de rejet.

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