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mercredi, 13 août 2014 09:22

Vallée de Crémisan, verdict positif provisoire

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La Cour suprême israélienne a rendu un verdict positif - mais provisoire – concernant le mur de séparation que le gouvernement israélien veut implanter au milieu des terres palestinienne dans la vallée de Crémisan, en Cisjordanie occupée. Les deux couvents salésiens pourraient rester côté palestinien, mais tout dépend des nouvelles propositions israéliennes concernant le tracé du mur.


Le tracé initial du mur, contesté depuis plus d'un an, doit isoler Bethléem et Beit Jala. Il priverait ainsi de leurs terrains 58 familles, pour la plupart chrétiennes, dont l'unique ressource provient de leur ferme. Le mur, tel que le veulent les Israéliens, séparerait donc aussi le couvent des moines salésiens de celui des sœurs, distant de quelques centaines de mètres. Ces dernières sont inquiètes pour l'avenir des 450 enfants défavorisés qu'elles accueillent au sein de leur école. Les jeunes devraient en effet passer chaque jour par un poste de conrôle israélien et étudier dans un environnement quasi-carcéral.
En demandant à Israël de considérer d'autres alternatives pour faire passer le mur, la Cour lui a donné jusqu'au 4 septembre 2014 pour apporter une réponse. La décision de la Cour n'est donc pas encore définitive. Suite à une audience le 4 août 2014, la Cour avait en effet examiné les itinéraires proposés pour le tracé du mur de séparation, itinéraires menaçant de confisquer les terres et les vignes du monastère chrétien et de séparer la communauté des pères de celle des sœurs.
Représentant du monastère des sœurs salésiennes, Zvi Avni, avocat de la Société Saint Yves, une organisation catholique des droits de l'homme qui travaille sous le patronage du Patriarcat latin de Jérusalem, explique que l'affaire n'est pas encore terminée. "Cependant, la décision de la Cour est un indicateur de l'intérêt que la Cour montre en ce qui concerne la liberté religieuse et la liberté de culte à l'égard des monastères", a-t-il souligné.


La Cour Internationale de Justice qualifie le mur de séparation d'illégal
La vallée de Crémisan sera fermée pour les habitants de la région si le mur de séparation était construit selon les plans israéliens actuels. 58 familles palestiniennes seront dispersées et le couvent des sœurs sera coupé de celui des pères. Les familles vont perdre leurs terrains, et le couvent des sœurs, qui gèrent une école pour les enfants, sera situé dans une zone militaire coupée du couvent des pères.
Rappelons que la Cour Internationale de Justice a donné un avis consultatif, le 9 juillet 2004, selon lequel bâtir le mur de séparation, qui est essentiellement bâti sur des terres palestiniennes, est illégal. Des associations, se basant sur le droit international, ont condamné la construction du mur selon un itinéraire qui le fait passer au milieu de terrains et de maisons palestiniennes, séparant les familles, et les isolant de leurs terrains agricoles.
"Le mur va rendre difficile l'arrivée à l'école des sœurs, et impossible, une fois annexé à Jérusalem, l'accès au monastère des pères qui, depuis le 19ème siècle, habitent Beit Jala et ont relations historiques et réciproques d'amitié, de fraternité et de solidarité avec les habitants de la ville majoritairement chrétienne", écrit pour sa part le Patriarcat latin de Jérusalem.
Les Palestiniens et les chrétiens, qui luttent pour éviter le dépeçage de la vallée au profit des colonies juives, ont porté l'affaire jusqu'à la plus haute autorité judiciaire d'Israël. Le Père Ibrahim al-Shomali, curé de Beit Jala, dit n'avoir pas beaucoup d'espoir, notamment à cause de l'opération "Bordure protectrice" toujours en cours dans la bande de Gaza.
L'an dernier, le président de la Commission pour la justice internationale et la paix de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis avait interpellé le secrétaire d'Etat américain John Kerry au sujet de ce projet controversé lui demandant de faire pression sur le gouvernement d'Israël. L'évêque américain estimait que la vallée de Crémisan est un microcosme éloquent qui prolonge et ajoute de sérieuses conséquences au conflit israélo-palestinien. (apic)

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