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mercredi, 09 novembre 2016 16:01

Laverie Paradis

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Sur scène, deux femmes, l’une en noir (Claude-Inga Barbey, auteur et comédienne), l’autre en tailleur rose bonbon, Bernadette (Doris Ittig). La femme en rose consulte une voyante: première d’une série de saynètes reliées entre elles par la situation géographique d’une laverie automatique, lieu de rencontres de hasard. La voyante a un accent serbe caricatural et un bagout qui ferait vendre Dieu au plus iconoclaste. On est dans la franche comédie et on rit beaucoup.

À voir à l’Espace Fusterie, vendredi 25 novembre, à 19h30

Laverie paradis

Dieu, nous y voilà, autour de deux thèmes de fond: Job et les épreuves subies qui n’altèreront pas sa foi, et Pascal, pour son pari, cité à tort et à travers, mais ici à bon escient. Message du spectacle: tu as reçu une série de tuiles sur la tête, tu «morfles», tu es bien malheureux(se), proie facile pour toutes sortes de remèdes-miracles, et il faut payer. Eh bien, tu ne risques rien à essayer Dieu!
Au rayon malheurs, la dame boudinée dans son tailleur rose s’est fait lâcher par son Gilbert, qui n’a jamais eu l’idée de quitter sa femme, et la dame en noir a un cancer... de l’aile. Oui, car la dame en noir, endossant tous les rôles en face de Bernadette, la naïve flouée, incarne aussi l’ange. Lequel? On ne va pas chipoter, mais c’est diablement (oups!) bien fichu.
Parmi les rôles, Claude-Inga Barbey incarne la psy qui va servir les concepts-miracles (le lâcher prise ou la résilience) à celle qui quémande un espoir. Finalement, le bon sens l’emporte: «Si vous voulez être aimée, prenez un compagnon à quatre pattes.» À la laverie, il y a aussi une teinturière. «Mme Rodriguez, pourriez-vous ravoir mon tailleur tout taché ?» (taché de mensonges et autres petits péchés). Et Mme Rodriguez, qui a comme une vision d’en haut, s’énerve: «Il y en a quatre millions, de tailleurs bonbon de femmes abandonnées, sur terre. Alors, vous me faites quarante-cinq Ave Maria.» Et voilà que Bernadette en regardant le Christ en croix à l’église se dit qu’il ressemble à Gilbert... «Il aurait dû la quitter, sa femme ; regardez, il penche la tête.» Assez déjanté, mais ça passe bien.
Autre variante, quand la vendeuse en tout et n’importe quoi sonne à la porte de Bernadette (les sketches s’enchaînent et le talent comique de Claude-Inga Barbey est sans limite) pour lui vendre Jésus grâce à son site de rencontres. - «Là, j’ai un costaud, qui peut porter une croix de 40 kg.» - «Qu’est-ce qu’il fait?» - «Il travaille dans le social»!
Conçu comme une succession ininterrompue de sketches, le spectacle ne permet pas vraiment de s’interroger sur la quête de la foi, mais on est sûr d’y passer un bon moment!

Texte: Claude-Inga Barbey
Mise en scène et jeu: Doris Ittig et Claude-Inga Barbey
sous le regard complice de Séverine Bujard


Réservation par sms : 079 643 92 77

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