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mercredi, 05 février 2014 10:24

Famille, les catholiques suisses souhaitent une ouverture de l'Eglise

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Les résultats officiels de la consultation en Suisse sur la pastorale de l'Eglise catholique sur le mariage, la famille et la vie en couple ont été présentés le 4 février, à Berne, par la Conférence des évêques suisses (CES). 25 000 personnes ont répondu au questionnaire. Leurs réponses ont été récoltées et évaluées par l'Institut suisse de sociologie pastorale. Il en ressort que les catholiques du pays souhaitent une ouverture de l'Eglise. Ainsi 90 % d'entre eux voudraient qu'elle reconnaisse et bénisse les couples de divorcés-remariés et environ 60 % se disent en faveur de la reconnaissance et de la bénédiction par l'Eglise des couples homosexuels.

Présents à la conférence de presse, Mgrs Charles Morerod, Markus Büchel et Denis Theurillat ont dit se réjouir de l'approfondissement du dialogue au sein de l'Eglise et de l'ouverture des catholiques. S'ils ont relevé ne pas être surpris par ces résultats, ils ont aussi noté que les réponses obtenues ne vont pas forcément de pair avec une adhésion inconditionnelle à la doctrine de l'Eglise sur la famille, le mariage et la sexualité. Ils ont déclaré se rendre compte de l'ampleur de la tâche qui leur revient de répondre aux attentes de fidèles en proie à une incompréhension manifeste des positions de l'Eglise.
Pour Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, l'un des objectifs du Synode extraordinaire des évêques sur la famille de l'automne prochain sera justement de « mettre ensemble des questions difficiles à concilier ». Il a admis que l'Eglise n'avait pas toujours de réponses satisfaisantes à apporter aux fidèles, d'où l'utilité de la consultation et du prochain Synode.
Mgr Markus Büchel, évêque de Saint-Gall et président de la CES, a martelé que la hiérarchie de l'Eglise ne pouvait plus continuer à délivrer son message d'une façon « qui n'atteint plus l'homme ». Il a souligné que, dans la pratique, les agents pastoraux se montraient souvent « plus miséricordieux et bienveillants » que la doctrine officielle. Et de souhaiter que le Synode des évêques prennent ces expériences en considération, afin d'établir une base doctrinale officielle qui réponde aux formes de pratique qui « ont fait leur preuve » sur le terrain. L'évêque a toutefois rappelé que l'enseignement de l'Eglise ne devait pas se soumettre à « une opinion majoritaire à bon marché ». L'effort consiste plutôt à renouveler cet enseignement à l'aune de valeurs et d'idéaux qui correspondent à la vie réelle des personnes, a souligné le prélat saint-gallois.

Au-delà de ces défis encore à relever pour l'Eglise, les résultats de la consultation ont aussi mis en lumière le rôle important joué par la foi dans le domaine de la famille et de l'éducation. Le souhait d'une éducation religieuse pour les enfants recueille ainsi le plus fort taux de réponses positives du sondage (97 %), a indiqué Arnd Bünker, directeur de l'Institut suisse de sociologie pastorale (SPI). Une autre preuve de cette réalité est la toujours forte adhésion en Suisse au sacrement du baptême. Le mariage religieux reste également une référence pour les catholiques suisses : 80 % des sondés ont affirmé que ce sacrement était important pour eux.
Le directeur du SPI a par contre remarqué qu'il existe un « désaccord dramatique et connu de longue date » entre la doctrine de l'Eglise et les fidèles sur les questions de contraception. L'interdiction des méthodes artificielles de contraception est très éloignée de la pratique et des idées de la grande majorité des catholiques.

(Raphaël Zbinden, Apic / rédaction)

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