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jeudi, 25 janvier 2018 10:00

Le fabuleux ciel de Michel Mayor

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Astrophysicien suisse de renommée internationale, Michel Mayor a découvert il y a un quart de siècle (en 1995) -avec son étudiant d'alors, le professeur Didier Queloz- la première exoplanète. Scientifique émérite et passionné à la retraite -bien que toujours très présent à l’Observatoire de Genève-, ce professeur honoraire à l’Université de Genève a voué sa vie à la recherche d’objets non identifiables à l'œil nu, et rêve de vie extraterrestre: la question n'est pas de savoir si, mais quand on détectera de la vie ailleurs dans l’Univers que sur notre Terre" nous a-t-il récemment confié (un article à lire dans le trimestriel n°686 – janvier/mars 2018).

Pourquoi l'astrophysique? À quelles questions fondamentales cherche-t-il à répondre, qui méritent de passer toute une vie à scruter le ciel? Enthousiaste et généreux, Michel Mayor s'est prêté au jeu de l'interview express pour notre site. «J'ai un énorme plaisir à m'intéresser à ces questions», lance-t-il en préambule.

 «Le scientifique n'est pas perturbé par le fait de ne pas voir ce qu'il cherche»

Le professeur Michel Mayor est l'un des plus éminents scientifiques de Suisse. Ce qui lui importe peu aux vues de l'étendue des recherches astronomiques qui restent ouvertes. «Passionnantes», ne se lasse-t-il pas de s'exclamer. Et si ses yeux ne ne peuvent pas voir l'objet de ses découvertes, ce n'est pas un drame. C'est le lot de nombre de chercheurs: «Très souvent, la recherche nous mène à des domaines où on ne peut pas directement visualiser les objets, comme les exoplanètes. Et c'est vrai dans beaucoup d'autres domaines de la science. On ne voit pas un neutrino tout comme nombres d'autres particules. Ce n'est que les effets indirects induits qui nous permettent d'affirmer leur présence.» Ce qui n'enlève rien à la beauté de la recherche. «Le fait de constater les nombreuses conséquences qui vérifient votre théorie devient équivalent à voir.»

Un prix, deux prix, trois prix...

Le professeur Michel Mayor a reçu de nombreux prix liés à ses recherches en astrophysique, dont le prix Wolf de physique 2017. Cette distinction, considérée comme l’une des plus prestigieuses après le prix Nobel de physique, lui a été attribuée ainsi qu'à Didier Queloz pour leur découverte de la première planète extra-solaire en 1995, alors qu’ils étaient tous deux chercheurs à l’UNIGE. Dernière distinction en date, les insignes d’Officier de l’Ordre national de la légion d’honneur qu'il a reçues en octobre 2017. Michel Mayor a également été élu membre associé étranger de la section «Sciences de l'univers» de l'Académie des sciences. Il est chevalier de la Légion d'honneur, grade dont les insignes lui ont été remis à Berne, le 20 octobre 2004. Un astéroïde découvert par Michel Ory en 2001 porte son nom.

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