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vendredi, 11 décembre 2020 10:17

Inde, les droits fondamentaux malmenés

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Protestation de l'Eglise et d'ONG après l'arrestation d'un jésuite promoteur des droits fondamentaux, octobre 2020. Photo: agence Fides«L'année 2020, marquée par la pandémie de Covid-19, aura été une année particulièrement négative pour les droits fondamentaux en Inde. De manière systématique et brutale, les droits légitimes des personnes ont été réprimés et niés. Les principales victimes ont été les pauvres et les marginalisés, les adivasis et les dalits, des femmes et des enfants, les travailleurs vulnérables. De plus, les défenseurs des droits fondamentaux qui ont critiqué le gouvernement, invoquant la défense de la Constitution et de la démocratie, ont fait l'objet de mesures qui ont le goût de la vengeance.» C'est ce qu'a affirmé à l'agence Fides le Père jésuite Cedrik Prakash.

Très engagé en faveur de la promotion des droits fondamentaux et de l'intégration sociale en Inde, le jésuite indien évoque la grève du 26 novembre dernier, à laquelle plus de 250 millions de personnes en Inde ont participé pour protester contre les politiques du gouvernement nocives aux droits des agriculteurs et des travailleurs. «Les paysans sont sur le pied de guerre parce qu'ils voient leurs droits niés. Ils ne veulent pas être traités avec mépris ou comme une banque de voix (lors des élections: n.d.l.r.) et demandent la révocation de trois mesures approuvées par le gouvernement.»

Une autre catégorie faible et maltraitée est celle des migrants et des évacués. «Nous avons vu, en mars dernier, lors de l'annonce du premier confinement à cause de la pandémie, des millions de migrants être bloqués sans nourriture ni ressources ni logement», rappelle le Père Prakash.  «Les droits des travailleurs ont été niés. Les ouvriers ont terriblement souffert et nombre de travailleurs, à la merci de leurs employeurs, ont dû supporter des charges de travail supérieures mais avec des salaires réduits.»

Le jésuite cite ensuite le cas des adivasis (populations tribales), «délégitimés et victimes d'abus en ce que les zones dans lesquelles ils habitent depuis des siècles sont destinées à l'industrialisation, à l'extraction minière, aux œuvres de développement et autres grands projets. Plus de deux millions d'entre eux, ainsi que d'autres habitants des forêts risquent une évacuation forcée.»

Le religieux évoque encore la condition souffrante des minorités religieuses: «Musulmans et chrétiens sont les destinataires de discours de haine venimeux, de dénigrement constant et même d'agressions physiques» affirme-t-il, évoquant un autre droit fondamental, à savoir la liberté religieuse. «Ce gouvernement n'admet pas le désaccord et viole systématiquement les prérogatives des défenseurs des droits fondamentaux et des ONG, lésant une dimension essentielle de la démocratie», ainsi que l'a remarqué également le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits fondamentaux. Le cas du Père jésuite Lourduswammy sj et de quinze autres activistes, actuellement détenus sur la base de la loi sur la prévention des activités illégales pour complicité avec des groupes terroristes ou subversifs est emblématique à cet égard.

Enfin, le jésuite indien souligne les atteintes aux droits environnementaux qui, comme l'explique l'encyclique Laudato Si’, sont étroitement liés aux droits des personnes. «L'environnement est détruit par la croissance des industries polluantes fonctionnant sans les nécessaires protections environnementales du fait de l'insensibilité et de la corruption.»

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