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Gérard Joulié

SilbersteinLe lecteur ne trouvera pas ici de ces petits haïkus de rien du tout qui ont la consistance d’un nuage disparu aussitôt qu’apparu, mais le flot tumultueux d’une vie passée au filtre de la poésie, le chant d’un samouraï résonnant du cliquetis des épées comme dans un roman de Stevenson ou de Chesterton et suintant et saignant des blessures inguérissables de l’immortelle enfance, ce bloc indestructible émergeant de la mer du néant rouvertes et limées par le couteau du vers.

jeudi, 04 janvier 2018 10:40

La vie cachée

Piero de la Francesca, Vierge de la miséricordeP. della Francesca, Vierge de la miséricordeTertullien, ce Père de l’Église carthaginoise, disait que ce que le serpent a dit à Eve, Eve aurait dû le garder dans le fond de son cœur et le taire à son époux, comme Marie a gardé dans le fond de son cœur le secret que l’archange Gabriel lui avait confié. Un homme qui se tait est comme un dieu. Il n’a même plus besoin de se cacher. La chasteté est le silence de la chair. Ce n’est même pas un refus. La femme chaste ne se refuse pas. Elle est ailleurs. Elle s’est donnée à autre chose. Elle est consacrée. Elle est à part. Elle sert à d’autres fins.

GerardJoulie choisir60ans2019 2113En novembre 2019, choisir fêtait ses 60 ans dans l'espace feutré de la Société de lecture de Genève. L'occasion pour une dizaine d'écrivains de lire à haute voix l'un de leurs textes édités dans la revue devant une assemblée d'invités heureux et conquis. À l'image de Gérard Joulié qui a lu la présente chronique Lettre à un jeune poète qui n'a encore rien publié, parue in choisir n°684 juillet-août-septembre 2017, consacrée à la nuit. Enregistrée en live, nous vous proposons de l'écouter ci-dessous:

jeudi, 16 février 2017 14:52

Adieu forêts, adieu jardins!

Adam qui, nous dit l’Ecriture, était jardinier de son état, eut deux fils: Abel qui gardait les moutons et Caïn qui labourait la terre. Le sacrifice que Caïn offrit au Seigneur déplut à Dieu sans que l’on sache pourquoi. Tous les dieux sont capricieux et celui de la Bible ne fait pas exception. Après la faute de ses parents et le meurtre de son frère, Caïn dut donc travailler la terre à la sueur de son front. C’est de ce malheureux proscrit que descend l’infortunée race humaine. L’homme fut donc dès l’origine laboureur et berger. Il débroussaillait la forêt et apprivoisait les bêtes que le Seigneur avait créées fières et sauvages, comme le tigre de William Blake et du douanier Rousseau qui broie la gazelle dans ses puissantes mâchoires avant de la dévorer.

lundi, 28 novembre 2016 17:09

Le philosophe caméléon

Le poète John Keats disait: «Ce qui choque et scandalise le vertueux philosophe comble d’aise le poète-caméléon.» On peut se demander si le courant moderniste ou post-moderniste de la philosophie occidentale n’a pas fait sienne, en la prenant dogmatiquement au sérieux, l’assertion d’un poète qui n’était lui-même, comme il le dit, qu’un caméléon. Car il s’agit bien là d’une contestation radicale de l’esprit de sérieux, de fixité et de certitude, par des philosophes qui se posent comme des antiphilosophes, des contre-philosophes, sans pour autant être des poètes. Des poètes de la philosophie.

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