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Marie-Luce

mardi, 02 juin 2015 16:00

Retour à l’intériorité

Jacques Gauthier
Dix attitudes intérieures
La spiritualité de Thérèse de Lisieux
Novalis, Cerf 2013, 180 p.

Alors que la carmélite Thérèse de Lisieux, docteur de l’Eglise depuis 1997, n’a pas laissé de système théologique ou de traité spirituel où seraient décrites les différentes étapes de la montée vers Dieu, l’auteur de ce livre nous offre cinq caractéristiques de la « théologie de Thérèse » : spirituelle, pratique, narratrice, existentielle et « espérante ».
Il relève que l’autobiographie, écrite à la demande de sa supérieure,[1] dévoile un « Je » (libre) et un « Tu » (Jésus), jusqu’à ce qu’elle devienne « un » en Jésus, tout en restant elle-même. Thérèse, tributaire de son temps, d’une époque qui n’est de loin pas la nôtre, nous parle pourtant ainsi profondément.

mardi, 31 mars 2015 16:34

Poème pascal

Sedulius, Le chant de Pâques
Poème pascal - Prose pascale
traduction de Bruno Bureau, Paris, J.-P. Migne 2013, 370 p.

Le Poème pascal de Sedulius a parfois été jugé par les critiques comme purement et simplement illisible. Pourtant, pendant plus de dix siècles, la valeur de ces textes ne s’est pas démentie et les lecteurs médiévaux qui les portaient au pinacle n’étaient sans doute pas moins intelligents que nous le sommes aujourd’hui.
Pour goûter à ce Poème, il nous faut changer notre regard et rejoindre celui des hommes de l’Antiquité tardive, dont nous admirons les créations en mosaïque et les magnifiques compositions symboliques - de l’arc de Sainte-Marie Majeure par exemple (Rome) - ou encore goûter à l’art de la miniature.
On ne sait pas exactement quand est né Sedulius. Sans doute au début du Ve siècle. Il commence par mener une vie de laïc, apprend la philosophie en Italie, puis rejoint une communauté à Liège pour une vie de prière et de contemplation, où il se plonge dans ses travaux poétiques. C’est un fin lettré, un professionnel des études littéraires, grand connaisseur de Virgile et de Lucain, désireux de bien faire comprendre com­bien la révélation chrétienne va au-delà de la connaissance que les païens peuvent avoir de la vérité.
Malheureusement, il n’a jamais précisé clairement dans quelles circonstances et pour quel usage il a composé son Poème. On a pu penser qu’il le destinait à l’enseignement des enfants ou des adolescents chrétiens, ou encore à l’approfondissement de la foi des adultes.
Le poète insiste sur la perfection de la création originelle de l’homme, mais il le fait pour souligner que cette perfection lui est rendue par l’action salvatrice du Christ. Pour lui, les miracles du Christ témoignent de sa nature divine. La christologie avait atteint à cette époque un très haut degré de spécialisation, qui dépassait la plupart des fidèles.
Sedulius est remarquable, il ne montre aucune hostilité contre les juifs et son originalité, exempte des préjugés de son temps, mérite d’être soulignée. Le livre premier parle des miracles de l’Ancienne Alliance. Le deuxième de l’Annonciation, de la naissance du Christ, de son enfance et du début de sa vie publique. Les troisième et quatrième décrivent la vie publique, les miracles, les rencontres. Le cinquième, la mort et la résurrection.
La deuxième partie de cet ouvrage reprend le Poème, mais est écrit en prose. Relevons le travail immense de traduction de Bruno Bureau, professeur de langue et de littérature latines à l’Université Jean Moulin - Lyon 3.

lundi, 22 décembre 2014 01:00

Indicible

Cornu 44702Michel Cornu, Aux portes de l'indicible. Incarnation et musique, Lausanne, L'Age d'homme 2013, 320 p.

lundi, 22 décembre 2014 01:00

Un Bach incarné

Leboucher 44760Marc Leboucher, Bach, texte inédit, Paris, Gallimard 2013, 372 p.

mardi, 04 novembre 2014 01:00

Par-delà le communisme

Bellet 44749Maurice Bellet, L'avenir du communisme, Paris, Bayard 2013, 160 p.

D'emblée, l'auteur nous avertit qu'entre la liste des progrès fulgurants et admirables de l'humanité et celle désolante des formes de destruction, entre l'espoir et le désespoir, il choisit l'espérance qui ne se résigne à rien de ce qui meurtrit ou détruit les humains.
Ceci dit, la crise dans laquelle on vit est absurde : un milliard d'humains souffre de la faim et l'on jette à peu près le tiers de la production agricole. L'argent étrangle tout et on est menacé d'un mal que l'auteur nomme hébétude. C'est parce qu'il croit qu'il y a dans l'humanité de quoi surmonter ses désastres et ses folies, qu'il est prêt à affronter, avec cette étude, la gravité du mal et à sonder l'espérance qu'a été le communisme (changer à la fois le monde et l'homme, viser une fraternité universelle ; volonté d'une régénération qui serait liberté et création).
Son étude est divisée en deux parties. Dans la première, Maurice Bellet analyse les faiblesses de la démocratie, les intégrismes, les malheurs du communisme, le complexe de l'Occident avec son délire et sa violence. La deuxième ouvre le regard sur ce qui réunit les humains et sur la volonté d'une stratégie et d'une gouvernance en mutation.
La fameuse devise de la République française ne comportait au début que Liberté et Egalité. La Fraternité ne fut ajoutée qu'en 1848, lorsque parut le Manifeste de Marx. L'auteur, prêtre, psychanalyste, théologien et philosophe, analyse avec brio ces trois termes, alors que le mot révolution revient à la mode. Il s'interroge sur l'homme moderne, partagé entre passion et ténèbres et devenu une sorte d'apprenti sorcier (là, c'est le psychanalyste qui parle) ; sur les droits de l'homme, qui risquent l'équivoque ; sur la jouissance du pouvoir, ce grand tentateur. Comment mixer science, technique et économie ? La première partie se termine par un exercice imaginaire effrayant.
La deuxième partie questionne les voies de sortie. L'auteur souligne que ce qui est commun à tous les humains, c'est le dialogue. Il faut donc tenter d'offrir un lieu de partage, où l'acceptation des différences serait la substance même de l'unité. Faire un grand bond vers la Bible, où retentit l'espoir fou d'une libération de l'oppression (il semblerait que cet espoir soit propre à l'Israël de la Bible). Si la Grèce antique interroge, explique Maurice Bellet, dans l'Evangile on n'a jamais fini d'apercevoir la profondeur : ce mouvement souterrain charrie mille choses, parfois contradictoires, dont il importe de percevoir l'unité.
« L'avenir du communisme, c'est l'immense espoir d'une humanité délivrée de ce qui la détruit et capable de mener plus loin la puissance qu'elle s'est découverte, que cet espoir soit repris en descendant plus bas, jusqu'en ces processus noirs qui ont compromis le communisme lui-même, pour passer par-delà. »

 

 

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