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lundi, 06 mai 2013 02:00

Sergio Regazzoni

Écrit par

Regazzoni 44022Sous la direction de François Bellec, Sergio Regazzoni, la solidarité n’a pas de frontières, Beaune, La Toison d’Or 2011, 366 p.

Il est rare de rencontrer une personnalité aussi généreuse et discrète que Sergio Regazzoni. Mais encore ? Ce Tessinois très attachant est né à Lugano le 4 novembre 1943. Il en gardera un doux accent italien jusqu’à sa mort prématurée, le 30 juillet 2009, des suites d’un cancer.

Entre ces deux dates, un très long voyage au cœur de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), puis de la JOC internationale où il sera appelé à de hautes tâches. Il sera ensuite sollicité par le CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) pour assumer les relations de la centrale parisienne avec l’Asie et le Pacifique. Après un séjour de quelques années au pays natal, nouveau départ à Paris pour y diriger le Centre Lebret. Une tâche qu’il assumera de 1994 à 2007. Au total, une ouverture au monde d’une rare intensité, sans oublier Denise, son épouse, et leurs deux filles !

Les proches, amis et collègues lui rendent témoignage dans cet ouvrage qui souligne combien « la solidarité n’a pas de frontières » pour le porteur d’une solide espérance. J’ai pu moi-même apprécier son écoute attentive et pertinente lorsqu’il m’appela à diriger la rédaction du bulletin Foi et Développement (aujourd’hui Développement et Civilisations), l’organe du Centre Lebret­-IRFED.

L’ouvrage collectif qui lui est consacré sera pour nombre de lecteurs et lectrices une découverte et un sujet d’étonnement : comment un tel ouvrier du développement a-t-il pu rester aussi longtemps dans l’ombre ? Lors de ses missions au Vietnam, au Cambodge, au Laos ou encore en Chine, en Indonésie ou au Timor Oriental, il fut pourtant, selon l’avis d’un témoin, « un homme qui posait les bonnes questions au bon moment ». Rendons donc hommage à l’un de ses fidèles collaborateurs, François Bellec, pour avoir rassemblé cette gerbe de témoignages qui répare une fâcheuse injustice.

N’oublions pas cependant, à la racine du travail de Sergio Regazzoni, le nom de Louis-Joseph Lebret (1897-1966), dominicain, économiste français, créateur de la revue Economie et Humanisme. Précurseur de la prise de conscience, au sein de l’Eglise catholique romaine, des problèmes mondiaux de développement économique, Lebret est l’auteur de la formule reprise par Paul VI dans son encyclique Populorum progressio (1967) : il est urgent de favoriser « un développement de tout l’homme et de tous les hommes ».

Sergio Regazzoni s’est distingué au sein de la complexité économique et politique qui prendra le nom de « mondialisation ». Le Père assomptionniste Bernard Holzer, ancien secrétaire général du CCFD, se rappelle : « Ses convictions étaient les nôtres : l’essentiel est de faire se rencontrer des hommes, de dialoguer, d’avancer ensemble, d’apprendre à s’écouter et à s’estimer. » Ce beau programme n’a pas perdu un iota de son urgence !

 

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