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mardi, 05 mars 2019 16:08

Frédéric Ozanam homme de lettres et chercheur de Dieu

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mireille beaup frederic ozanam homme de lettreCet homme de lettres et chercheur de Dieu a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1997. Apôtre de la charité, époux, père de famille, grande figure du laïcat catholique au XIXe siècle, docteur en droit, docteur ès lettres, professeur de littératures étrangères à la Sorbonne, il est mort à l’âge de 40 ans en 1853, laissant derrière lui des travaux littéraires et de très nombreuses lettres qui, recueillies ont été rassemblées en quatre volumes. Ces volumes se retrouvent dans les quatre premiers chapitres de ce livre.

Mireille Beaup
Frédéric Ozanam
Homme de lettres et chercheur de Dieu
Paris, Paroles et Silence 2017, 160 p.

L’auteure nous présente le professeur, ses études germaniques, ses missions en Italie et enfin ses derniers écrits au service de la vérité. Il aimait écrire et confiait à ses destinataires ses désirs, ses rêves d’avenir, ses soucis de santé, son goût pour l’enseignement. Grâce à ses lettres, nous faisons connaissance avec ses cousins, ses amis, sa famille, sa fiancée qui deviendra son épouse. Dans la relation confiante, il s’épanouit, devient vraiment lui-même. Soulignons que ses correspondants sont des personnes on ne peut plus cultivées et occupant pour la plupart des postes importants. Avec l’un d’eux, il fonde la première Conférence de Charité en 1833, laquelle aura des responsabilités importantes dans la Société Saint-Vincent de Paul. Il rencontre Lamartine, Chateaubriand, Lamennais, Mme de Récamier, Montalembert, Sainte-Beuve, Vigny, V. Hugo, Lacordaire et d’autres célébrités encore. Sa thèse de doctorat en lettres aura pour titre Dante et la philosophie catholique au XIIIe siècle. Elle a exigé de lui une somme énorme de travail. Puis ce sera une autre thèse en droit à Lyon et un questionnement : quelle est sa vocation? Lettres ou Droit? Il fait confiance à la Providence et ce sera la Sorbonne où, face aux professeurs anticléricaux, il défendra la papauté, les moines et l’obéissance monastique. Mourant très jeune il nous laisse une œuvre inachevée.

Le pape François, au Conseil de l’Europe, comparait l’Europe «à un peuplier avec ses branches élevées vers le ciel et agitées par le vent. Son tronc solide et ferme, ainsi que ses racines profondes qui s’enfoncent dans la terre». Ozanam aurait sans doute aimé cette image d’un poète italien. Ce livre est une traversée lumineuse d’une partie du XIXe siècle si riche en littérature et témoin de révolutions aussi. Il se lit aisément avec plaisir.

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