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mardi, 01 juin 2021 11:20

L’inconstance de l’âme sauvage

Écrit par

Viveiros de Castro linconstance de lâme sauvageEduardo Viveiros de Castro
L’inconstance de l’âme sauvage
Genève, Labor et Fides 2020, 184 p.

L’auteur, anthropologue, professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro, nous offre avec ce livre une ouverture formidable. Au XVIe siècle, le Nouveau-Monde est découvert et deux ontologies entrent en collision: les chrétiens avec les jésuites et les sociétés indigènes du Brésil avec les Tupinambas.

Découverte de nouvelles perspectives d’être (indigènes) qui contredisent l’anthropologie occidentale pour les uns, et des Blancs pour les autres.

Les Tupinambas se livraient à une guerre de vengeance permanente et au cannibalisme, mangeant leurs ennemis, comme le décrivit en 1578 déjà le voyageur français Jean de Léry à son retour du Brésil. C’est dans cet appétit insatiable pour la vengeance que résidait leur honneur. Ainsi tant qu’un garçon n’avait pas tué un captif, il n’était pas autorisé à se marier et à avoir des enfants.

On comprend pourquoi les missionnaires chrétiens eurent de grands problèmes pour se faire entendre… Si «ces sauvages acceptent de se convertir, ils veulent demeurer cannibales». Ainsi les convertis retombaient régulièrement dans leurs anciennes pratiques et coutumes (vendetta, sorcellerie, polygynie), d’où l’idée d’inconstance qui figure dans le titre de l’ouvrage.

L’auteur fait allusion à de très nombreux textes écrits par des jésuites ou des historiens qui exposent de quoi étaient habités ces indigènes. Parler de mort était odieux pour eux, parce qu’en en parlant, on la provoquait. «Le baptême aussi était considéré comme gâtant la chair des captifs, la rendant ainsi mortifère pour qui l’ingérait.» Par contre, offrir sœurs ou filles aux Blancs était un honneur (bénéfices économiques).

Les jésuites du Brésil, découragés, songèrent à se transplanter au Paraguay dont ils entendaient dire des merveilles. Le cannibalisme toutefois finira par disparaître. Les jésuites y ont beaucoup travaillé et une certaine pression militaire aussi. Pourtant, un petit peuple tupi de l’Amazonie orientale pense aujourd’hui encore que les divinités célestes sont cannibales.

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Coédité par choisir et les éditions Slatkine, ce recueil regroupe douze nouvelles retenues par le jury du concours pour écrivain(e)s lancé par notre revue lors de son 60e anniversaire.

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Michel Gounot Godong

Hier traîtres ou champions de la version, aujourd’hui passeurs de culture, voire même auteurs, les traducteurs suscitent un intérêt certain. Une évolution qu’analyse Josée Kamoun.


Michel Gounot Godong

Scénarios de films imbibés de whisky, cinéastes alcooliques, publicités pour des marques de bière: l'ivresse côtoie depuis des décennies Hollywood. Virée éthylique avec Patrick Bittar dans le cinéma étasunien.