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mercredi, 15 décembre 2021 11:24

URSSAF: un cancer français

Écrit par

DelecourtNicolas Delecourt, François Taquet
URSSAF: un cancer français
Monaco, du Rocher 2021, 248 p.

Les Urssaf (Unions de recouvrement de la sécurité sociale et des allocations familiales) prélèvent en France sur les entreprises plus de cinq cents milliards d’euros, ce qui équivaut à la moitié des salaires nets touchés par les salariés. Cette énorme somme (20 % du PIB) sert à payer la «couverture sociale» (retraites, maladies, chômages, accidents du travail…)

Pourquoi un cancer? Parce que les relations entre les Urssaf et les entreprises ont un caractère inquisitorial (qui heurterait un esprit helvétique).

La pratique est d’autant plus choquante qu’elle se nourrit d’un fouillis de textes hétéroclites, remaniés chaque année, toujours au profit des Urssaf, et sans tenir compte de leurs effets délétères sur l’économie et le climat social. Ainsi près de la moitié des redressements sanctionnés par les Urssaf le sont au nom du «travail dissimulé» dont la définition relève pour une part de l’arbitraire des inspecteurs. Si certaines situations sont sans équivoques (embauches illégales de travailleurs émigrés), d’autres sont ubuesques (entraide entre voisins ou lorsque l’épouse d’un barman remplace momentanément son mari parti à l’hôpital). Le paradoxe est que ces organismes de statut semi-public sont gérés par les partenaires sociaux.

L’une des principales causes de cette situation perverse est que des objectifs chiffrés de redressement sont exigés des inspecteurs. Pratique condamnable, contraire à toute éthique publique et finalement contreproductive. Ces dérives bureaucratiques contribuent au déclassement inexorable de l’économie française. La Suisse, qui fait davantage confiance à la société civile, a jusqu’à présent réussi à éviter de pareilles dérives.
Étienne Perrot sj

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