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mardi, 03 février 2015 01:00

Accompagner les malades

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Fotolia 75041980 SMessage des Evêques suisses à l'occasion de la Journée du Malade 2015 (1er mars 2015)

Prétendre qu'il existe des vies indignes d'être vécues est un «grand mensonge» (pape François)

Chers Frères et Soeurs,

Le pape François commence son touchant message pour la XXIIIe Journée mondiale du Malade 2015 par une citation de Job : « J'étais les yeux de l'aveugle, les pieds du boiteux » (Jb 29,15). Le pape aborde la question dans la perspective de la sapientia cordis, la « sagesse du cœur », car cette connaissance est « un comportement de l'esprit et du cœur inspiré par l'Esprit saint », elle est « pleine de pitié et de bons fruits » (Jc 3,17).
A l'aide d'une autre citation, tirée du Psaume 90,12, « Fais-nous savoir comment compter nos jours, que nous venions de cœur à la sagesse ! », il montre dans quel contexte il veut que nous comprenions son message de cette année. Le pape dénonce une acceptation croissante de l'euthanasie sous forme active et sous forme d'aide au suicide. « Quel grand mensonge se dissimule derrière certaines expressions qui insistent tellement sur la qualité de la vie, pour inciter à croire que les vies gravement atteintes par la maladie ne seraient pas dignes d'être vécues !» Il plaide en faveur d'un accompagnement intensif des malades. L'expérience montre effectivement que les idées suicidaires et le sentiment de n'être plus qu'un fardeau diminuent et même disparaissent chez les malades entourés d'affection et d'estime. « Notre monde oublie parfois la valeur spéciale du temps passé auprès du lit d'un malade », écrit-il. C'est pourquoi, il nous exhorte à demander, « avec une foi vive, à l'Esprit saint de nous donner la grâce de comprendre la valeur de l'accompagnement, si souvent silencieux ». Nous ne pouvons souvent rien faire d'autre pour les personnes gravement malades ou mourantes que d'être simplement là pour elles, de se taire et de leur tenir la main. Mais c'est beaucoup ! Une souffrance acceptée et partagée peut, selon François, devenir une source de cette sagesse du coeur dont il a parlé au début, bien que « l'homme, par son intelligence, ne soit pas capable de comprendre (la souffrance) en profondeur. »

La médecine et les soins ont aujourd'hui tellement progressé en science et conscience qu'aucune personne gravement malade ne doit craindre des souffrances insupportables. Même les personnes les plus atteintes peuvent garder une bonne qualité de vie grâce à des soins palliatifs adéquats et à l'accompagnement. Ceux-ci rendent possibles et favorisent la maturation de l'âme, les contacts et les adieux conscients, des processus qui sont si importants dans la dernière phase de notre vie. La mort doit survenir dans un environnement empreint d'amour et d'humanité. Toutes les personnes impliquées reconnaîtront alors qu'elle n'est pas une défaite mais fait partie de la vie tout comme la naissance.
Pour beaucoup, une grave maladie qui peut être létale enclenche un processus de maturation et d'achèvement. Comme il est fréquent qu'une maladie mortelle devienne un chemin de réconciliation avec soi-même, avec Dieu et avec ceux qui étaient importants dans sa vie ! De tels processus ont besoin de temps, d'affection et d'accompagnement. Personne ne devrait renoncer à ces possibilités en s'enlevant volontairement la vie et laisser famille et amis dans l'impuissance. La formule est donc la suivante : aide et accompagnement au lieu d'euthanasie, aide au suicide et rupture de la relation.
Le pape François souligne que nous pouvons aussi faire l'expérience de la grâce de Dieu dans la souffrance. Il rend hommage à toutes celles et ceux qui se dévouent aux malades, les soignent et les accompagnent jusqu'à la fin avec amour et il les en remercie. Il le fait d'autant plus que de nombreux malades ne sont plus en mesure de remercier eux-mêmes leurs proches et leurs soignants. Les évêques suisses s'associent à ces remerciements.

Marian Eleganti, évêque auxiliaire de Coire

 

Entre lacsDécouvrez à ce sujet le reportage de l'émission Entre Lacs de la RCF, sur la Maison de Tara. Sur la commune genevoise de Chêne-Bougeries, dans un grand jardin arborisé, la Maison de Tara est chaleureusement et discrètement accueillante pour des personnes en fin de vie. Daniel Bernard a visité cette maison en compagnie de la directrice, ainsi qu'avec Sandrine, une bénévole, et Nixe, la fille d'une malade qui y a vécu ses derniers moments. Selon un concept spécialement à l'œuvre en Hollande, la Maison de Tara accueille un petit nombre de patients qui doivent se sentir comme chez eux. Les familles et les proches peuvent rendre des visites à toute heure à leurs êtres chers, et même passer la nuit sur place. Parfois des résidents sont accompagnés de leur animal domestique. Le suicide assisté que permet la loi suisse n'est pas compatible avec les principes de la Maison.

Un reportage à podcaster. Pour les émissions plus anciennes, s'enregistrer sur le site de RCF74.

A lire également un article de Lucienne Bittar sur « La maison de Tara » in choisir n° 622 du mois de novembre 2011.

Enfin, une série de conférences est proposée par les aumôneries des Hôpitaux universitaires de Genève. Elles sont destinées tout particulièrement aux personnes qui font de l'accompagnement ou de la visite dans les institutions ou à domicile (voir le PDF ci-dessous).

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