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mardi, 06 décembre 2011 11:00

Essai existentiel

Écrit par

Chamay 43076André Chamay, Le voyage existentiel. Vers une spiritualité chrétienne revisitée. Dieu : une utopie nécessaire ?, Genève, Slatkine 2010, 88 p.

L'auteur, médecin spécialisé en chirurgie orthopédique et chirurgie de la main, ayant à son actif de nombreuses publications dans le domaine médical, mais autodidacte - dit-il - dans celui des sciences humaines, pose, au long de 25 chapitres tous relativement courts, un regard clair et aiguisé sur ce qu'il appelle « notre voyage existentiel ».

Nul d'entre nous n'a choisi sa connaissance du monde, sa langue maternelle, sa religion ni le réseau qui l'enseigne. L'enfant qui vient au monde, nourri par sa mère, puis par son entourage qui le connecte avec l'existence, part sur son chemin de vie avec un héritage à la fois génétique et culturel qui lui est imposé à la base. »

L'auteur ne désire pas critiquer dans cet ouvrage les religions, le christianisme en particulier (tel qu'il est formulé actuellement), mais voudrait susciter des réflexions sur notre condition d'être pensant.

Parlant du troisième âge, sujet vaste et préoccupant, il se propose d'en faire l'objet d'un autre volume si le présent ouvrage suscite de l'intérêt. La lectrice que je suis ne peut que le rassurer... Elle a lu et relu son livre avec grand intérêt, mais la densité des propos est telle qu'en faire ici un bref rapport lui semble impossible. Le « connais-toi toi-même » de Socrate incite l'homme à s'interroger sur lui-même et l'invite à atteindre la connaissance et la maîtrise de soi en s'affranchissant des spéculations idéologiques et dogmatiques et à revenir aux sources. Ce à quoi s'applique l'auteur.

Les points cardinaux avec leur symbolique encadrent le mental de l'homme d'où sont issues la pensée et l'intelligence. Ils lui apparaissent comme les piliers de notre psychisme, orientant les navigateurs que nous sommes : le Nord, la raison, opposé au Sud qui est la foi, l'Est, la mémoire, et l'Ouest, les sentiments. L'image intime de la cathédrale ou de la chapelle intérieure où réside Dieu revient encore et encore et finit par nous habiter.

Intelligence, conscience, mémoire, foi, sentiments et émotions, espérance, vérité, prière, éthique, retour aux sources, chemin de vie, mort... sont des titres de chapitres dans lesquels l'auteur développe sa pensée, en adhérant au christianisme et en affirmant que « l'homme a reçu son Dieu dans la célébration de l'eucharistie lors de la Sainte Cène et l'a définitivement conservé en lui dans sa conscience ». Il se rapproche cependant des thèses évoquées par Arius[1] : le Père est élevé et le dogme de la Trinité réfuté. Livre intense et exigeant mais combien intéressant.

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