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mercredi, 20 juin 2018 11:15

Aller à l’essentiel

Écrit par

Longet

René Longet
Aller à l’essentiel
Repères pour notre temps
Entretiens avec Sandra Widmer Joly
Bière-Nîmes, Cabédita-Riresc 2016, 104 p.

Partir de l’«indignez-vous» pour aller à l’«engagez-vous». Agir, fédérer, se responsabiliser, prendre conscience des menaces et des défis, se regrouper pour atteindre plus d’efficacité, telle est la morale très volontariste de René Longet. Elle s’est manifestée dans une vie d’engagement à en donner le tournis.

Dans la politique d’abord. René Longet a commencé curieusement par le haut, avec neuf ans de présence au Conseil national, puis a terminé avec trois législatures à l’exécutif de la Commune d’Onex. Cela correspond à son très fort désir de rester au contact de la réalité. Socialiste certes, mais pragmatique. La politique ne se fait pas contre l’économie, note-t-il, sa fonction doit être d’orienter la formidable énergie de l’économie de marché vers l’intérêt du plus grand nombre.

Son autre préoccupation centrale est celle de l’environnement. Ce citadin a gardé un contact étroit avec la nature. La découverte des désastres environnementaux l’a conduit à une attention à l’économie de montagne et à une incessante activité pour une mobilité responsable, le développement durable et la sortie du nucléaire. Car René Longet a une éthique humaniste. Il voit un parallélisme entre notre traitement de la nature et celui des humains. Et s’il aime la proximité de la politique communale, cantonale, fédérale, il reste convaincu que l’ampleur des problèmes nous oblige à les traiter dans leur dimension internationale.

Un pied dans l’associatif, un autre dans le monde politique donc, et un troisième dans les médias pour propager ses idées: le militant n’a pas ménagé sa peine. Beaucoup finissent fatigués, aigris, désabusés, remarque-t-il, mais lui n’en prend pas le chemin. «De plus en plus de gens n’arrivent plus à suivre, ni physiquement, ni moralement, cette course effrénée où l’on court on ne sait ni où ni pourquoi, et se retrouvent au bord du chemin.»

Je connais l’affection de René Longet pour François d’Assise, or il y a un mot que je n’ai pas vu apparaître dans son texte et qui mériterait d’y figurer: contemplation. Chez le pauvre d’Ombrie, l’amour de la nature, de l’homme et du Créateur donne cette unité qui apporte paix et repos dans la fraternité.

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