lundi, 28 novembre 2016 16:52

Livres ouverts n°682

Écrit par
© Illustration, Nicolas FossatiJÉSUITES

PedroArrupe livreMartin Maier
Pedro Arrupe (1907-1991). Un supérieur général, témoin et prophète
Paris, Éditions jésuites 2016, 110 p.

Le Père Pedro Arrupe a été un des acteurs les plus marquants du renouveau de l’Église au XXe siècle. Jésuite, supérieur général de son Ordre de 1965 à 1991, membre du concile Vatican II, il a été mêlé de près aux grands bouleversements religieux, sociaux et politiques qui ont conditionné l’évolution de l’Église catholique dans sa relation au monde contemporain. L’inculturation de la foi, l’affirmation du lien entre la foi et l’engagement pour la justice, une vision pastorale plus universelle, un dialogue ouvert avec l’athéisme, la théologie de la libération, l’option préférentielle pour les pauvres, la création d’un service en faveur des réfugiés, l’intensification du dialogue œcuménique et interreligieux, Arrupe s’est engagé sur tous les fronts. Vrai prophète, il a eu la lucidité et l’audace d’anticiper, au risque d’inquiéter les plus hautes instances de l’Église qui ne lui ont épargné ni critiques ni mesures vexatoires. Au moment de l’épreuve comme au cours de sa dernière maladie, il a fait preuve d’une immense patience et d’un indéfectible optimisme, soutenu par son amour du Christ et de l’Église et une vie spirituelle – mystique – intense, nourrie par les Exercices spirituels.
D’origine basque, comme Ignace de Loyola, solidement enraciné dans la spiritualité ignatienne, le Père Arrupe a réformé et dynamisé la Compagnie de Jésus. En la ramenant à ses sources, il l’a sortie, non sans résistances, de certains vieux schémas, pour l’introduire de manière plus décisive et audacieuse dans le monde contemporain.
L’auteur de cet excellent petit livre a su dégager l’essentiel de la pensée d’Arrupe, en esquissant à grands traits un portrait fidèle de ce jésuite qui a marqué de son empreinte non seulement l’histoire de la Compagnie de Jésus, mais aussi celle de l’Église catholique à une époque particulièrement turbulente.
En terminant sa lecture, on se prend à désirer voir paraître un jour en français une biographie complète de cette personnalité d’exception qui, avec d’autres protagonistes, incarne le renouveau de l’Église à la fin du XXe siècle.
Pierre Emonet sj

LITTÉRATURE

Fondation Angkor CopieGuillaume-Henri Monod
La Fondation d’Angkor et autres légendes cambodgiennes
Illustrations Amélie Stobino
Genève, Olizane 2016, 156 p.

Né le 1er janvier 1875 dans une famille protestante du canton de Vaud et établi en région parisienne depuis le début du XIXe siècle, Guillaume-Henri Monod (1875-1946) fit partie, à l’instar d’Auguste Pavie (cf. Contes populaires du Cambodge, du Laos et du Siam) de ces érudits que l’administration coloniale française envoya en Indochine pour leurs compétences scientifiques. Leur culture dépassait largement leur simple spécialité, et leur curiosité et leur intérêt pour les populations locales ont sauvé de l’oubli la culture populaire des contes.
Ceux-ci lui sont racontés par un certain gouverneur Khieu. Ils embrassent toute la psychologie humaine avec ses vices et ses vertus. Quant à la construction des temples d’Angkor, les dieux reconnaissent la puissance supérieure des humains pour une construction pérenne. Ils favorisent leur formation. « Un homme qui sait sans maître est comparable à un aveugle. » Cela fait penser aux « Artisans d’Angkor », une association qui forme aujourd’hui les jeunes à différents arts et artisanats de qualité.
Marie-Thérèse Bouchardy

SOCIÉTÉ

livre GuyGilbertGuy Gilbert
La famille, trésor de notre temps
Comment la protéger et l’épanouir
Paris, Philippe Rey 2016, 96 p.

La famille mérite un intérêt décuplé dans l’univers complexe actuel. Par son don d’observation, de lucidité et d’analyse, Guy Gilbert porte une vision globale positive en écartant certaines embûches. En particulier, le manque d’écoute et la place exagérée du numérique : « L’individu fuit dans des territoires virtuels. »
Les titres des chapitres indiquent l’orientation : Un lieu fait pour l’Amour, Réussite et échec des couples, Quand la famille fait grandir, Grands-parents, vous êtes irremplaçables. Tous les sujets discutés en public ou à l’intime prennent un aspect positif. Les difficultés existent ; les repérer facilite un accès à une autre vie. Divorcés remariés, homosexualité, mariage pour tous, opposition des ados, dérive d’un conjoint... autant de situations délicates, susceptibles de comportements apaisants. En fin du livre, un chapitre agréable, avec ces mots de Mgr Duval d’Alger : « L’amitié sacerdotale est le huitième sacrement. »
En forme de conclusion, une liste de conseils, dont « Sois toujours disponible pour tes enfants, qu’ils puissent t’approcher sans crainte de te déranger », souligne combien la famille demeure un trésor.
Willy Vogelsanger

BIBLE

Livre Deviller evangileLucLuc Devillers
L’Évangile de Luc
Paris, Cerf 2016, 168 p.

À travers une lecture vivante et très accessible des principaux thèmes du troisième évangile, le dominicain Luc Devillers, qui enseigne le Nouveau Testament à l’Université de Fribourg, partage avec fougue sa passion pour les écrits de saint Luc.
Sans la connaissance du trésor lucanien, bien des éléments de la foi chrétienne, de la vie des Églises et de notre vie quotidienne demeureraient incompréhensibles. Pensons aux fêtes liturgiques, comme celle de l’Ascension et de la Pentecôte, ou aux services de secours qui, dans plusieurs pays, s’appellent Samaritain. Pensons encore à son impact dans l’art choral (Ave Maria, Magnificat...), aux tableaux de maîtres représentant l’Annonciation, la Visitation, l’Annonce aux bergers, le retour du Fils prodigue, les pèlerins d’Emmaüs...
À travers ses écrits, Luc apparaît comme un auteur doté d’une grande sensibilité, attiré par les petits, soucieux du salut des pécheurs, nous révélant un Dieu de tendresse proche dans nos détresses. Son style est imprégné de celui de la Septante ou de la plus élégante littérature grecque. Quelque 40 % de son texte lui sont propres.
Ce petit livre suit la tradition de la collection Mon ABC de la Bible en présentant un lexique très clair, notamment sur les « Personnages propres à l’Évangile de Luc », et de bonnes cartes de l’Empire romain et de la Palestine au temps de Jésus.
Monique Desthieux

Anton van der Lingen livreAnton van der Lingen
La guerre et la violence dans la Bible
Paris, Cerf 2016, 270 p.

Théologien protestant hollandais, l’auteur écrit, en un français agréable, un essai intéressant que j’actualiserais en posant cette question : y a-t-il dans la tradition judéo-chrétienne une place pour une « guerre sainte » ?
L’auteur parcourt et ausculte les principaux textes de l’Ancien Testament où la guerre est présente comme une réalité historique, et en tire des réflexions spirituellement nourrissantes. Certes, la guerre est présente, des têtes sont coupées, mais ces épisodes sont repris sous une lumière théologique : Israël est protégé et sauvé par son Seigneur. Cela ne sanctifie pas la guerre dans sa violence destructrice, mais dans ce danger extrême, croire en un Sauveur devient un acte de Foi, conditionné par l’état de religion d’une époque et d’un peuple donnés. Telle est donc la première partie de l’ouvrage.
La seconde partie n’est plus un choix de textes significatifs mais un exposé sur la meilleure façon de les interpréter, et sur l’esprit dans lequel il faut les lire. Or cet esprit est celui de l’Espérance, et l’espérance de l’auteur est celle d’un pacifiste. Mais d’un pacifiste pour qui la paix n’est pas essentiellement le résultat de tractations politiques ou de règlements juridiques, mais d’abord une libération intérieure qui crée les conditions d’une rencontre désarmante et désarmée avec l’Autre, et qui ouvre des perspectives toutes nouvelles : « La théologie de la liberté montre la Terre promise ; elle éclaire le sens du mot ‹ amour › qui est en soi libérateur, créatif et vif. » Vif comme ce livre à recommander.
Philibert Secretan

PHILOSOPHIE

Ricoeur livrePaul Ricœur
Plaidoyer pour l’utopie ecclésiale
Conférence de Paul Ricœur (1967)
Genève, Labor et Fides 2016, 152 p.

Une fois de plus, la grande maison protestante Labor et Fides nous fait une surprise en publiant trois conférences inédites de Paul Ricoeur, tenues à Amiens en 1967, assorties des échanges qui les suivirent et d’une postface d’Olivier Abel et Alberta Romele qui les résume avec bonheur.
Si le titre Plaidoyer pour une utopie ecclésiale situe ce texte dans un registre de fidélité à l’utopie comme horizon d’espérance partagée en Église, le ton et l’argument sont donnés par la fin de la première conférence : « ...le protestantisme est à mes yeux ce lieu dans l’Église chrétienne, considérée comme un tout, où je peux vivre le plus authentiquement la dialectique entre la conviction et la responsabilité, la dialectique entre la mort de la religion et la réinterprétation de la foi. » Ce propos central s’enrichit par la suite de la dialectique de la Parole et du langage.
Dialectique signifie ici - dans ces réflexions sur l’Église présente au monde - une tension entre des pôles qui coexistent nécessairement et se conditionnent mutuellement, mais où l’écart de sens entre eux interdit toute conciliation ultime. La responsabilité (sociale et politique) n’abolira jamais la conviction (éthique et religieuse) ; la religion (du fait de sa tendance vers l’idolâtrie) n’absorbera jamais la foi ; la théorie du langage n’effacera jamais l’élan poétique. Ce « jamais » implique que la critique est toujours à l’œuvre : comme acte d’obéissance à la « violence » de l’Évangile, comme dénonciation des «synthèses hâtives » et comme exigence de sobriété philosophique - comme dis-analogie contre la démystification savante et la démythologisation croyante.
Peut-être faut-il avoir ce minimum d’information pour aborder utilement un texte dont la valeur est de faire écouter Ricœur, de faire entendre une parole elle-même conçue à l’écoute de la Parole et exemplairement inscrite dans la tension entre inspiration et raison.
Philibert Secretan

THÉOLOGIE

ApocalypseJean livreJacques Descreux
L’Apocalypse de Jean
Une autopsie du mal
Bière, Cabédita 2016, 94 p.

Sachant Dieu omniscient et omnipotent, de nombreux croyants sont désarçonnés par la présence du mal en ce monde et se demandent : « Pourquoi tolère-t-il cela ? » En effet, « les atrocités du XXe siècle, depuis les millions de morts de la Première Guerre mondiale jusqu’au génocide rwandais, ont instruit le procès de Dieu (...) bon et tout puissant ».
Analysant l’Apocalypse de Jean, Jacques Descreux expose le dessein divin, depuis la tentation d’Eve jusqu’à l’action constante du Malin, du Diable, de Satan dans notre monde. Personnifiant ce qui représente l’opposition au projet divin, le mal tente en permanence les humains, alimente leurs conflits et divisions : « Le mal survient à nos yeux de bien des manières : guerres, exclusions sociales, dictatures, atteintes aux personnes, pollution, extinction d’espèces animales, etc. » ; ou encore « dans l’expérience terriblement concrète de la souffrance (...) celle des autres ou celle que l’on éprouve »...
Comme « il est hors de portée des hommes d’éradiquer le mal », chacun est appelé à choisir son camp, dont l’opposition est figurée par l’antithèse biblique entre Babylone et Jérusalem. La voie juste se gagne à travers la résistance : sans tentation pas de mérite, pas de salut.
René Longet

Sesboue livreBernard Sesboüé
Jésus. Voici l’homme
Paris, Salvador 2016, 186 p.

Le Père jésuite Bernard Sesboüé a déjà beaucoup écrit sur le ministère du Christ en montrant comment ses disciples ont reconnu sa divinité. Il lui semblait important de montrer à présent que Jésus, en s’incarnant, s’adresse à nous à travers toute sa corporéité. Ses actions sont toujours des signes révélateurs de sa personne. Il n’y a pas la moindre distance entre ce qu’il dit et ce qui le fait. Jésus a pleinement accompli sa vocation humaine. Si Jésus avait été un homme médiocre, il n’aurait pas pu faire rayonner son caractère divin.
L’auteur a reconstitué une journée de Jésus. Qui est-il, cet homme vrai ? Quelqu’un qui a quitté sa famille, qui est devenu un « sans domicile fixe », enseignant le plus souvent dans les synagogues. Il secourt pauvres et souffrants et se retire seul pour prier son Père. Il s’entoure de disciples et d’un groupe de femmes qui donnent de leurs ressources, ce qui est assez original pour l’époque. Il se laisse approcher par tous les publics, ceux qui s’ouvrent à la foi, comme ceux qui l’agressent, le critiquent ou même veulent sa mort. C’est un homme de son temps, de plain-pied avec ceux qui le rencontrent. Il a des amitiés personnelles avec des femmes, et aussi des amitiés masculines. Jésus a bien partagé les affections humaines que nous connaissons tous.
L’auteur n’a pas manqué d’esquisser les quelques pages de l’Évangile où la violence de Jésus pourraient nous heurter, comme lorsque Jésus chasse les vendeurs du Temple ou quand il invective les pharisiens. Toutes ces scènes attestent la complète humanité de Jésus et la profondeur de sa sensibilité et de la passion qui l’habitent pour le service de son Père. Elles nous renvoient à la colère de Dieu dans l’Ancien Testament devant le refus de l’Alliance.
En de courts chapitres très accessibles, le grand théologien qu’est Bernard Sesboüé nous amène à mieux saisir et à admirer le comportement humain de Jésus, modèle de l’homme parfait.
Monique Desthieux

ÉGLISES

Livre DesthieuxPascal Desthieux
Habiter le silence dans la liturgie
Paris, Salvador 2016, 190 p.

En 2014, Pascal Desthieux, actuel vicaire épiscopal du canton de Genève (diocèse LGF), a écrit sa thèse sur Le silence dans la célébration de l’Eucharistie : une étude et une analyse des documents liturgiques d’après le concile Vatican II. Ce livre en est le résultat tout public.
« Dans la liturgie [...] le silence contribue à mettre en valeur un rite accompli, une parole proclamée, un geste effectué. » C’est de cette mise en valeur qu'il est question ici à partir de la pratique liturgique proposée par le Concile et le Missel actuel. De manière très concrète, l’auteur décrit les actions liturgiques et les temps de silence à proposer, qu’ils soient prescrits ou facultatifs.
On s’aperçoit vite que le silence, qu’il soit de recueillement, de méditation, de louange ou de prière tout simplement, est un outil liturgique indispensable au bon déroulement de toute célébration. Chaque chrétien présidant ou participant à celle-ci doit y être attentif, pour donner tous son sens à la liturgie. Car le silence liturgique dit quelque chose de l’Église et de son lien au Christ. Il est comme le sel et donne saveur à toute la messe.
L’auteur nous livre ainsi quelque chose d’intime dans sa manière de penser la liturgie.
Anne Deshusses-Raemy

POLITIQUE

Vallet livreOdon Vallet
Petit lexique des guerres de religion d’hier et d’aujourd’hui
Nouvelle édition
Paris, Albin Michel 2016, 170 p.

Aujourd’hui, certains pensent qu’éradiquer les religions reviendrait à éradiquer les guerres. Or tout idéal d’une cause peut remplacer l’absolu de Dieu et mener à la guerre. Cet ouvrage s’en tient aux guerres liées à une religion traditionnelle et recense 41 conflits.
Il n’y a jamais de guerres purement de religion, elles sont toujours liées au contexte, historique, géographique, économique. Ce petit lexique alphabétique va d’Acétone au Vietnam, en passant par Calvin, les Croisades, l’Irlande, le Jihad, la Suisse et le concile Vatican I. Pourquoi Vatican I ? Car c’est au lendemain de la proclamation du dogme de l’infaillibilité papale qu’a éclaté la guerre franco-allemande et que les troupes italiennes entrèrent à Rome.
Et sous le mot Suisse, qu’allons-nous trouver ? Principalement le Sonderbund... En Suisse, les conflits religieux ont été très nombreux et il est intéressant de noter que le pays qui fournit la garde du pape est celui qui semble avoir le plus lutté contre l’Église catholique.
Ce Petit lexique n’est pas une somme complète, mais, par petites touches, il permet de comprendre qu’aujourd’hui, au XXIe siècle, les conflits l’emportent sur le dialogue, qu’il y a un renouveau de l’intégrisme et de la cruauté. La guerre est un exutoire aux passions refoulées.
Anne Deshusses-Raemy

MixRemix livresSous la direction de
Anouk Lloren, Nicolas Tavaglione et Laurent Tischer
Les étrangers volent-ils notre travail ?
Et 14 autres questions impertinentes
Illustrations Mix et Remix
Genève, Labor et Fides 2016, 242 p.

Les auteurs, jeunes politologues de l’Université de Genève, se sont donné pour tâche de déconstruire en quinze chapitres les lieux communs sur les questions qui font débat aujourd’hui, dont Peut-on tout dire au nom de la liberté d’expression ? ou Les jeunes profitent-ils du chômage ? Les jugements à l’emporte-pièce, qui font le lit des populismes, sont passés au scanner de la raison sociologique.
Faisant le point sur ces questions, que des partis comme l’UDC mettent en avant, le livre apporte une vulgarisation raisonnée et raisonnable. Les sciences sociales comme modérateur de la discussion, tel est le choix des auteurs, que l’on ne peut que saluer, tant il éloigne les conflits stériles pour prendre le recul nécessaire lors d’un débat. Cela suffit-il à faire taire les a priori (pas toujours faux d’ailleurs) de café du commerce ?
Très agréable à lire, loin du jargon parfois confiné aux pairs universitaires, le livre pourrait faire état de statistiques plus récentes que celles citées sur la migration en Suisse par exemple (Office fédéral de la statistique, 2009). Et l’on peut regretter que sur une question comme L’aide humanitaire est-elle une nouvelle forme de colonialisme ?, on n’ait pas abordé les cas des (rares) pays non coloniaux (la Suisse, par exemple) et de leurs propres approches humanitaires. Mais on sortirait des lieux communs sur lesquels le livre prend appui aux fins de démythification...
Valérie Bory

BANDE DESSINÉE

Zep couv livreZep
Un bruit étrange et beau
Voyage au pays du silence
Paris, Rue de Sèvres 2016, 96 p.

L’histoire est celle d’un chartreux qui sort d’un long silence sur demande de son supérieur. Il doit aller assister à l’ouverture du testament de sa tante. Cette dernière lui a légué une part de son patrimoine qui permettrait à une aile vétuste du monastère d’être rénovée. Il se rend donc à Paris, où il retrouve un cousin alcoolique et une cousine mélancolique qui, tout comme sa mère, n’a jamais compris le choix drastique de son cousin.
En chemin, le moine croise une femme. Jeune et séduisante, sans peurs, sauf celle de sa mort qui pourrait être imminente au vu de la maladie dont elle souf-fre. Le chartreux se laisse séduire, juste une nuit, avant de retourner se murer à la Valsainte. Le temps de goûter à une vie d’homme ordinaire et de repartir là où l’existence permet de s’habituer à sa fin terrestre en se détachant petit à petit de son emprise : « J’ai voulu croire en un Dieu plus fort qu’elle (la mort). J’ai fini par choisir une vie voisine de la mort », dira-t-il.
Ce récit séduisant laisse perplexe. Trop lisse, trop soigné, trop poétique pour sonner juste, il effleure le sujet plus qu’il ne l’empoigne. Le déroulé est lent, les images silencieuses et belles, mais l’intrigue a le souffle court. Et cède peu de place à la surprise. Cette bande dessinée laisse comme un goût d’inachevé. À l’image de ses personnages attachants, qui ont une vraie présence que le récit exploite mal.
Céline Fossati

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Etty Hillesum

Pour en savoir plus sur Etty Hillesum, le site des jésuites de Suisse propose une conférence de Luc Ruedin sj sur le parcours spirituel de la jeune femme en lien avec la spiritualité ignacienne.
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