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mercredi, 20 février 2019 09:32

Voyage à Lhassa et au Tibet central

Écrit par

ChandraC’est le 7 novembre 1881 à Darjeeling, dans le nord de l’Inde, que Chandra Das, déguisé en simple moine sikkimais, accompagné d’Ugyen Gyatso se mettent en route avec Phutchung, des serviteurs et des porteurs, pour le Tibet; leur but était de rejoindre Lhassa, via le monastère de Tashilumpo près de Shigatse. Le Tibet d’alors, passé de l’État protégé à celui d’État dépendant de la Chine, est peu ouvert aux étrangers. Les autorités britanniques entendent utiliser leurs compétences en matière d’arpentage, pour rapporter des informations. Le 13e Dalaï Lama est intronisé à cette époque.

Sarat Chandra Das
Voyage à Lhassa et au Tibet central
Traduit de l’anglais par Florence et Hélène Béquignon
Genève, Olizane 2018, 334 p

Ces mesures sont prises secrètement; quitte à évaluer une longueur de mur de deux miles et demi à l’aide d’un chapelet! Sa connaissance de la langue tibétaine et son profond intérêt pour la culture et la religion tibétaines font de Chandra Das un ethnologue accompli. De retour en Inde, le 27 décembre 1882, il écrit ce long rapport. Il ne pourra plus retourner au Tibet, ses intentions ayant été mis à jour. La politique d’exclusion fut renforcée et de redoutables sanctions furent prises envers tous ceux qui les avaient aidés et reçus amicalement (emprisonnement, confiscation des biens et même exécutions).

Rudyard Kipling s‘est inspiré de la vie de Chandra Das pour le personnage de Hurree Chundar Mooberjee, l’agent E.17 de son roman d’espionnage Kim, publié en 1901.

Chandra Das nous emmène dans un récit de voyage palpitant: difficultés de climat et de route, rencontres avec de hauts dignitaires comme de la simple population, dans l’angoisse d’une épidémie de variole… En plus des descriptions précises de terrain, il réunit en deux chapitres tout ce qu’il a pu apprendre sur la généalogie des dalaï lama, le gouvernement de Lhassa, ses fêtes, ses coutumes puis sur les divisions sociales, mariage, funérailles, médecine. En une soixantaine de pages de notes, les traductrices précisent certaines notions, corrigent des erreurs d’appréciation et expliquent les mots tibétains.

À lire pour voyager sur le terrain et dans l’histoire.

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