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jeudi, 17 octobre 2019 15:00

Marguerite Bays, l’exceptionnel et l’ordinaire

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BaysLe 13 octobre 2019, la couturière Fribourgeoise Marguerite Bays, qui vécut au XIXe siècle, a été canonisée à Rome. Le pape François a loué sa «sainteté du quotidien». Sainte Marguerite Bays montre combien est puissante la «prière simple», a lancé le pontife. Un moment très émouvant pour les habitants du canton.
Un livre de Claude Morel, publié en 2005, lu à l’époque pour choisir par feu l’abbé Willy Vogelsanger, permettait de mieux découvrir la trajectoire de celle qui, alors, était encore bienheureuse, et les démarches requises pour que soit reconnue sa sainteté.

Père Claude Morel
Marguerite Bays. Mieux connaître la Bienheureuse
Saint-Paul, Fribourg 2005, 108 p.

L’exceptionnel et l’ordinaire! La contemplation et le travail de couturière en milieu paysan! C’est l’existence de Marguerite Bays, 1815-1879, au hameau de La Pierraz, dans le canton de Fribourg. Elle habite dans une ferme, «une humble demeure d’une simplicité toute rustique», une famille de six enfants. Le frère aîné Claude assure l’exploitation de la ferme, le papa pratiquant le métier de cordonnier.

Chaque matin, avec son livre de prière et une bougie, Marguerite monte se recueillir à l’église dont les œuvres d’art aident à prier. Il y a un chemin de croix, des images des évangélistes, de saint Pierre, du Sacré-cœur, de la Vierge et de saint Dominique avec Catherine de Sienne, et le rosaire, encore une peinture de Notre-Dame du Perpétuel Secours: «Ainsi Marguerite a-t-elle sous les yeux des images très claires, dont les sujets sont bien propres à soutenir sa ferveur... L’important pour elle est de vivre continuellement en présence de Dieu sans se faire remarquer.... Les journées où elle travaille dans les familles commencent par un moment de prière... elle est appréciée pour la qualité de son travail, pour le rayonnement qu’elle a auprès des enfants de la maisonnée.»

À relever le pèlerinage, avec d’autres, à Einsiedeln à pied, 200 km en trois jours, onze fois, emportant les multiples intentions qu’elle présente à Marie. Elle rapporte de «pieux souvenirs», distribués autour d’elle ou suspendus dans sa chambre avec une pensée: «Notre-Dame des Ermites, priez pour nous.» Sa grande dévotion à Marie se manifeste par un oratoire avec une statue de Notre-Dame très fleurie, où l’on vient dire le chapelet ou chanter. À Noël, «la crèche de Marguerite» fait sensation. «On se réjouissait d’une année à l’autre.»

Le couvent de la Fille-Dieu

Le couvent de La Fille-Dieu, près de Romont, avait une place dans sa vie. Elle y venait souvent, faisant même sa retraite annuelle à l’intérieur de la clôture, avec autorisation. Atteinte du cancer des intestins, avec opération, elle voit la situation empirer: prière à la sainte Vierge, et c’est le miracle, la guérison, le 8 décembre 1854, le jour où le pape Pie IX définit le dogme de l’Immaculée Conception. Un autre événement étonnant: les stigmates dès 1860. «Tous les Vendredis saints, à trois heures, elle était hors d’elle-même, en extase durant 10 à 15 minutes, et plus tard une heure.» Expertise médicale par le Dr Alexis Pégaitaz, le Vendredi saint 11 avril 1873. Après l’extase, aux personnes de l’extérieur entrées dans la chambre, le docteur montre les stigmates aux pieds et aux mains et déclare: « Quel émoi, quelle stupeur de me trouver en face de l’état surnaturel de cette stigmatisée! Cela dépasse la science!»

La vie de Marguerite rayonne d’une profonde empathie avec chacun et d’attitudes religieuses. Unie à Jésus, elle assure ses tâches quotidiennes. Une telle existence évangélique et exemplaire suscite sympathie et admiration, comme le montrera, entre autres, la foule à son enterrement (et à sa canonisation! n.d.l.r.). Souffrant beaucoup, elle avait souhaité mourir durant la fête du Sacré-cœur. Grâce exaucée. C’est dans l’octave du Sacré-cœur, à 15 h, qu’elle s’est éteinte tout doucement, le 27 juin 1879, à 64 ans.

Très vite, sa renommée se répand; on l’invoque partout en Suisse et à l’étranger, «Sa Béatification par le pape Jean-Paul II, le 29 octobre 1995, a confirmé officiellement sa sainteté.» Il manquait encore un miracle. Ce fut celui de la Dent de Lys. Lors d’une randonnée dans les Pré-alpes fribourgeoises au sommet de 2014 mètres, un drame se déroule au moment de la descente de quatre montagnards encordés. Sur la pente dangereuse, Marcel Ménétrey, 19 ans, premier de cordée, s’arrête un instant pour faciliter l’avancée des autres; tout à coup, il voit l’un d’eux perdre l’équilibre, entraînant deux autres; surprise: la corde se rompt à trois mètres de lui. J’ai entendu ce récit de Marcel lui-même, quand nous étions ensemble au séminaire. La rupture de la corde demeure inexpliquée; un miracle permet de comprendre l’événement. En effet, Marcel, confiant en Marguerite Bays, l’avait souvent invoquée au cours de la journée. Nul doute que sa prière soit à l’origine de ce miracle, retenu en vue de la Béatification.

marguerite baysAvec intérêt, le lecteur parcourt les étapes de cette vie simple, lumineuse, fascinante par moments, décrite par une écriture agréable avec des commentaires spirituels judicieux.

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