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vendredi, 27 novembre 2015 09:09

Formation des imams

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La montée en puissance du terrorisme islamiste en Europe interroge les gouvernements et les responsables de la communauté musulmane. Un effort de structuration de la formation des imams, déjà évoqué depuis plusieurs années, semble se concrétiser dans certains pays, de façon à mieux encadrer les orientations théologiques et idéologiques des prédicateurs.

En Belgique, le ministre de la Justice, Koen Geens, et le président de l'Exécutif des musulmans en Belgique, Noureddine Smaïli, se sont accordés sur la nécessité d'une meilleure unification de la formation des imams. La formation des prédicateurs islamiques auraient lieu dans des universités ou des écoles supérieures, avec un contenu théologique mais aussi une formation en sciences sociales, avec des programmes définis avec le gouvernement fédéral ou les gouvernements des communautés flamande et wallonne. «Nous devons évoluer en direction d'un islam européen», a déclaré le ministre Koen Geens. Noureddine Smaïli, lui-même imam à Liège, a souligné que «la communauté musulmane a tout à gagner à ce que ses imams bénéficient d'une telle formation en Belgique».

En France, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, avait reçu mardi les membres du bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM). A l’issue de cette rencontre le CFCM, a annoncé la création prochaine d'un certificat qu'il délivrera aux imams, après avoir testé leurs connaissances théologiques mais aussi leur adhésion aux valeurs républicaines. Une initiative qui vise à promouvoir «un islam tolérant et ouvert», selon Anouar Kbibech, le président du CFCM. Le ministre de l'Intérieur a de son côté souligné la «volonté du gouvernement de toute faire pour que les prêcheurs de haines» soient mis «hors d'état de nuire».

En Suisse, un Centre suisse islam et société (CSIS) a été créé à l’Université de Fribourg. Interrogé en octobre dernier à ce sujet par cath-info lors de son passage à Zurich pour l'Aide à l'Eglise en détresse, le Père jésuite égyptien Samir Khalil Samir, spécialiste de l'islam, avait déclaré : « Il faut repenser l’islam dans la société d’ici. Cela demandera quelques décennies, mais on ne peut pas échouer. L’Autriche a proposé récemment que tout imam fasse ses prêches en allemand, et pas en arabe ou en turc. Le responsable religieux musulman devrait avoir suivi des cours, connaître la société dans laquelle il vit ainsi que ses principes, tel l’égalité hommes-femmes. S’il n’accepte pas la démocratie en vigueur dans cette société, il devrait partir ! Il est essentiel pour les musulmans, s’ils veulent vivre dans la société occidentale, qu’ils en respectent son ordre juridique. » Pour le professeur d’islamologie, les musulmans doivent en outre absoluement pratiquer l'interprétation de leurs textes fondateurs s'ils désirent contrer l'instrumentalisation de l'islam par des fondamentalistes.

Retrouvez l'entretien entre Samir Khalil Samir sj et le journaliste Jacques Berset dans la prochaine revue choisir de décembre 2015, accompagné d'une analyse géoopolitique de l'Arabie saoudite par l'historien Olivier Hanne, professeur aux Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan. Un numéro à commander à


(Radio Vatican/rédaction)

La justice bolivienne va enquêter sur le meurtre du Père jésuite Luis Espinal et faire toute la lumière sur les circonstances de son l’assassinat le 21 mars 1980. C’est ce que vient de déclarer Frank Campero, l’avocat de l’ancien colonel Roberto Meleán, ex-officier des Forces Aériennes Boliviennes (FAB). Cette décision fait suite aux révélations, début octobre, de son client - condamné à 30 ans de prison pour la disparition d’un universitaire en 1980 – qui accuse formellement deux colonels comme étant les commanditaires du crime. En septembre, choisir proposait un portrait du Père Espinal, sous la plume de l’un de ses proches Jerry Ryan1.

« Les auteurs intellectuels de cet assassinat sont le colonel Jaime Nino de Guzmán (ex-commandant des FAB) et le colonel Freddy Quiroga Reque », a assuré Roberto Meleán. Justifiant son long silence par la « peur de représailles », il avait expliqué que le crime du prêtre jésuite avait été décidé pour éviter la publication d’informations révélant une corruption généralisée au sein de l’armée. Toujours selon l’ex-colonel, l’assassinat et les tortures dont aurait été victime Luis Espinal auraient été perpétrés par quatre hommes, qui auraient reçu selon lui entre 200 et 700’000 dollars.

Torturé et tué
L’avocat Franck Campero a assuré que son client, Roberto Meleán, allait être sollicité pour témoigner dans le cadre cette affaire. L’ex-colonel a d’ailleurs assuré qu’il était prêt à mettre à la disposition de la justice des documents qui prouvent l’implication des militaires dans le meurtre du Père jésuite, enlevé le 21 mars 1980 à la sortie d’un cinéma et dont le corps criblé de balles et portant des marques de torture a été retrouvé le lendemain.
Né en Espagne le 2 février 1932, Luis Espinal rejoint la Compagnie de Jésus en août 1949 et est ordonné prêtre en juillet 1962 à Barcelone. En 1968, il part en Bolivie comme missionnaire où il a mené une lutte acharnée pour la défense des droits humains. Parallèlement, il réalise plusieurs documentaires de cinéma et occupent des fonctions de journaliste radio. Ses prises de positions contre les dictatures et son appui aux mouvements de mineurs, lui ont valu l’inimitié du gouvernement de l’époque et celle des militaires, accusés de semer la terreur.

Un crucifix en forme de faucille
Lors de sa visite en Bolivie, en août dernier, le pape François avait reçu des mains d’Evo Morales, le président bolivien, la réplique d’un crucifix en forme de faucille et de marteau confectionné par le Père jésuite Luis Espinal. Un cadeau qui a surpris le pape mais que ce dernier a toutefois ramené à Rome, assurant qu’il s’agissait qu’il appartenait à « l’art de la contestation ».

Jean-Claude Gerez, correspondant de l’Apic en Amérique latine

[1] Luis Espinal. Marxiste ou prophète ? par Jerry Ryan, in choisir n°669 - septembre 2015, www.choisir.ch

mardi, 17 novembre 2015 16:51

RTSreligion décapité !

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RTSLa direction de la RTS vient de décider, ce mardi 17 novembre, la suppression pour 2017 de tous ses magazines religieux radio et télé, annoncent dans un communiqué de presse Médias-pro et Cath-Info. «Cette mesure est inopportune et disproportionnée... au moment où la nécessité d’un traitement religieux de l’information se manifeste à travers les tragiques événements de Paris», déclarent Michel Kocher et Bernard Litzler, respectivement directeurs de Médias-pro et de Cath-info, qui portent avec la RTS la responsabilité de ces magazines.

JRS FranceA l’approche de l’hiver, les migrants sont de plus en plus nombreux à privilégier les voies terrestres. En ce mois d’octobre 2015, ils sont chaque semaine des milliers à traverser l’Europe centrale en provenance des Balkans. La plupart passe par l’Autriche où il arrive chaque jour quelque 5500 réfugiés. En Hongrie, près de 16 000 migrants sont entrés sur le territoire entre le samedi 7 et le dimanche 8 octobre.

Contacté par Radio Vatican, le directeur régional du Service jésuite des réfugiés Europe (JRS Europe), Jean-Marie Carrière sj, faisait part de son sentiment sur la politique migratoire européenne et le projet d’intégration « Welcome » français. En juin, il publiait dans notre revue choisir une analyse sur la vague migratoire cherchant notamment à rejoindre les côtes italiennes par voie maritime : « L'Europe et les boat-people : pour un accès sûr et légal. »


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mercredi, 14 octobre 2015 16:54

Drogues et peine de mort

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A l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort (10 octobre), la Coalition mondiale contre la peine de mort a attiré l’attention sur l’application de la peine de mort pour des infractions liées aux drogues. En Suisse, l’ACAT-Suisse et lifespark dénoncent les procès inéquitables reliés au trafic de drogue et soulignent l’inutilité des exécutions capitales pour lutter contre le trafic de drogue. Si la peine de mort est abolie en Suisse, une partie de l’opinion publique du pays y reste favorable, déclarent dans un communiqué de presse ces associations. Il est donc important de rester attentifs aux débats actuels sur la peine de mort dans le mode.

De nombreux pays ont ajouté la peine capitale pour trafic de drogue dans leur arsenal juridique entre 1980 et 2000, alors que la tendance mondiale était à l’abolition. Cet endurcissement coïncide avec un plan mondial de lutte contre la drogue. Les Nations Unies ont en effet élaboré et adopté la Convention internationale contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes. Depuis, certains Etats ont développé des stratégies musclées pour éradiquer le trafic de drogue. Et la peine de mort en fait partie, particulièrement dans le sud-est asiatique. Il y a donc aujourd’hui 33 pays dans lesquels le trafic de drogue est la principale cause de condamnations et d’exécutions. dont l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Vietnam, la Malaisie, Singapour et l’Indonésie. La grande majorité des milliers de personnes exécutées en Chine en 2014 ont été condamnées pour trafic de drogue. Très souvent, les personnes condamnées à mort dans le cadre d’une affaire de trafic de drogue sont des « petites mains » et autres « mules » alors que les acteurs majeurs ne sont que rarement pris dans les mailles du filet des autorités judiciaires.

Le pape François va bientôt apparaître dans le clip vidéo d'une chanson intitulée Nous voulons la vie et l'eau. L'information a été révélée en exclusivité à Jean-Claude Gerez, correspondant de cath.ch en Amérique latine, par Mgr Pedro Barreto, archevêque de Huancayo, au Pérou. Le clip, réalisé à partir de la chanson d'un artiste péruvien et utilisant les dernières technologies, est en phase de post-production et devrait sortir à la fin du mois d'octobre.

jeudi, 01 octobre 2015 15:39

La Bible Internet pour les sourd

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Bible sourds 2015Les sourds et malentendants peuvent désormais “entendre” la Bible sur internet. Un site est en ligne depuis le début septembre - www.bible-lsf.org - sur l’initiative des aumôniers vaudois et genevois du groupe de traduction française de la Bible en langue des signes. Sont déjà disponibles : l’évangile de Luc, le livre de Jonas et un lexique de mots bibliques.

Les textes bibliques avaient été enregistrés sur des DVD et proposés à la vente. Mais sans succès. Ainsi, l’Alliance biblique française (ABF) avait travaillé sur le livre de Jonas, enregistré en langage des signes avec des sous-titres et une voix off. Et lorsque l’ABF s’est retirée, la Société biblique suisse (SBS) a pris le relais avec l’évangile de Luc. Mais ces produits n’ont pas plus décollé à la vente. D’où la décision de transférer ces enregistrements sur Internet.

Un travail subtil
« Des groupes de toute la francophonie ont travaillé avec des biblistes, des aumôniers et des interprètes en langue des signes, explique Solange Ruedin, animatrice pastorale pour les sourds et les malentendants à Yverdon-les-Bains ». Un travail subtil, car il faut rendre le texte dans son authenticité. « Pour les mots bibliques du lexique, par exemple Abraham ou Isaïe, il fallait choisir un son qui rende justice au texte originel, dit Solange Ruedin. Ce travail a notamment été mené par les aumôniers vaudois et genevois spécialisés auprès des sourds et malentendants: les pasteurs Anne-Lise Nerfin et Jean-Charles Bichet, les animatrices catholiques Erica Cséfalvay et Solange Ruedin ainsi que Robin Masur, de la communauté œcuménique des sourds vaudois.
Le groupe d’aumôniers travaille déjà à la suite: la Genèse et le lectionnaire catholique du dimanche. L’idée est de faire participer d’autres groupes francophones, qui sont les bienvenus pour poursuivre la démarche.

Bernard Litzler, cath.ch

 www.bible-lsf.org

mardi, 29 septembre 2015 09:28

Un plan prometteur !

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NY UN PomodoroSculpture d'Arnoldo Pomodoro, ONU, NY, 2011 (photo D. Colas)Les Etats membres des Nations Unies ont adopté à New York l’Agenda 2030 pour le développement durable, qui concerne les 15 prochaines années. Il se présente comme un prolongement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Le plan englobe ainsi des objectifs de lutte contre la pauvreté, de production de denrées alimentaires, d’énergie, d’eau, ainsi que de maintien de la biodiversité. La protection engagée du climat et la préservation des océans constituent chacune un objectif en soi.

Ce nouvel agenda est considéré comme ambitieux et novateur par les observateurs avertis. Ainsi Thomas Vellacott, directeur général du WWF Suisse, a-t-il déclaré dans un communiqué : « Les nouveaux objectifs dépassent nos prévisions et relancent l’espoir que les Etats membres de l’ONU tirent désormais tous à la même corde et mettent en œuvre les chantiers nécessaires pour atteindre ces buts. » C’est aussi l’avis de Gilles Carbonnier, professeur d’économie du développement à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève. Interrogé par Radio Vatican le 25 septembre 2015, il a expliqué que « ce qui est vraiment novateur dans les Objectifs de développement durable qui sont adoptés, c’est leur aspect universel avec des engagements qui concernent tant des pays en développement que des pays industrialisés. » Reste que les chefs d'Etat et de gouvernements devront se mettre d’accord sur la mise en pratique de ces objectifs, et notamment sur la question sensible du financement. C’est sur cette question que pourrait naître des tensions.

Vous pouvez écouter ici les commentaires de Gilles Carbonnier.

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