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Politique internationale

mercredi, 10 août 2016 10:47

Afrique du Sud : l'ANC contesté

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Qui l’eut cru ? L’ANC, le parti de Nelson Mandela, est en perte de vitesse. Aux récentes élections municipales, elle a perdu deux grandes villes Prétoria et Port Elisabeth, le Cap étant déjà le fief de la Democratic Alliance (DA), soit de l’opposition. Mais on s’y attendait : Jacob Zuma, que la DA avait appelé « le cancer de la politique sud-africaine », est de plus en plus contesté à cause de ses démêlés avec la justice : viol, corruption (notamment avec la famille indienne Gupta), refus de payer les frais de sa somptueuse villa sécuritaire à Nkanda (20 millions d’euros). Le 5 avril dernier, le Parlement l’avait sauvé de justesse de la destitution réclamée par l’opposition.

Ce Zoulu (fief Durban) né en 1942, analphabète jusqu’à 17 ans – il avait appris à lire à Robben Island, la célèbre prison de Mandela-, n’est plus à la hauteur de la complexité des problèmes politiques, sociaux et économiques de l’Afrique du Sud. Sorte de Trump qui se croit tout permis parce qu’il est le chef de la tribu, il ne convainc plus la classe moyenne bien éduquée, multiraciale et démocrate. Mais ce n’est pas là le seul facteur de cette défaite retentissante de l’ANC, qui n’engrange plus que 54 % des voix alors qu’elle avait la majorité absolue il y a 20 ans. Il y a encore le taux de croissance du pays, évalué à 0 % en 2016, et le taux du chômage (26 %).
L’opposition DA est bien structurée et implantée partout. Par son caractère multiracial, elle rappelle l’opposition DTA en Namibie qui, en 1975 déjà, avait fait le choix de ne pas être liée à une ethnie et encore moins à une religion. Mais Jacob Zuma, par son incapacité à résoudre les problèmes, a provoqué en outre la naissance d’une gauche radicale, celle du trublion Julius Malema, 35 ans, exlu de l’ANC, et qui a pris la tête de l’EFF (Combattants pour la liberté économique) qui représente 6 % de la population, en particuliers des jeunes, et qui a 25 députés au Parlement. Il y a quelques mois il avait menacé de prendre les armes... Les derniers résultats de l’ANC sont une sérieuse mise en garde et un appel à se débarrasser de Jacob Zuma et de certains de ses collaborateurs corrompus.

lundi, 08 août 2016 14:25

Cinq ans après, un Nobel

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Cinq ans après la « révolution de jasmin », la démocratie tunisienne reste fragile, chancellant sous les coups du terrorisme djihadiste. La remise officielle, le 10 décembre 2015, du prix Nobel de la paix au Quartet - quatre organisations de la société civile tunisienne - constitue un motif d’espoir pour le jeune pays. Le comité Nobel récompense notamment le dialogue qui a eu lieu entre les organisations laïques et le mouvement issu de l’islam politique. Une première dans le monde arabe.

lundi, 08 août 2016 11:36

Négoce international

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«Prendre ses responsabilités - renforcer la justice»[1] : c’est sous ce titre qu’a été lancée la Campagne œcuménique de carême 2016 des œuvres d’entraide suisses[2], axée sur les violations des droits humains et les atteintes à l’environnement liées au commerce mondial. Action phare en Suisse, l’initiative «Pour des multinationales responsables»[3].

Conditions de travail déplorables dans des usines textiles en Asie, travail des enfants dans la production de cacao en Afrique de l’Ouest, pollution de l’eau en République démocratique du Congo : dans de nombreux pays, des sociétés suisses sont impliquées dans des cas de violation des droits humains ou de pollution massive de l’environnement.
Bien que ces affaires fassent régulièrement les gros titres, le gouvernement et le parlement suisses ont, jusqu’à présent, refusé d’agir : ils préfèrent demander aux entreprises d’assumer de manière « volontaire » leur responsabilité sociale et environnementale. Pourtant la Suisse a un rôle important à jouer, car elle abrite de nombreuses multinationales. Le Conseil fédéral l’a d’ailleurs reconnu : le secteur des matières premières (les négociants et les entreprises minières qui ont leur siège dans notre pays), en plein essor en Suisse, présente un « risque de réputation » pour notre pays, qui compte désormais parmi les plus grandes places de négoce au niveau mondial.

jeudi, 30 juin 2016 15:50

Drones tueurs. Aux limites du droit

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Depuis plus de dix ans, le drone surveille et tue. L’armée américaine y a recours régulièrement, éliminant leaders et militants dits terroristes en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie. L’usage de l’arme s’étend à d’autres nations, et son marché est en plein essor. Or l’usage de drones de guerre est controversé au regard du droit international et soulève d’épineuses questions éthiques.

mercredi, 01 juin 2016 16:31

Turquie. Le réveil de la question kurde

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En Turquie, la présence voisine de Daech, la politique peu claire du président Erdoğan à son égard ainsi que le déclin de l’Etat de droit minent le dialogue entre le gouvernement et les Kurdes autonomistes. Le conflit armé sur le sol turc a repris ses droits.

mercredi, 01 juin 2016 16:28

Une coûteuse alliance

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Si ce sont bien dans les enjeux économiques et diplomatiques que l’on trouve les racines du soutien de l’Occident à l’Arabie saoudite (pays à l’islam des plus intransigeants), c’est par contre sous l’angle doctrinal et historique que doit se comprendre d’abord le positionnement saoudien. Les manoeuvres théologico-politiques du royaume se sont révélées payantes, mais l’arrivée de Daech fait vaciller son assurance.

Le refus affiché par la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie d’accueillir des réfugiés d’autres continents a choqué l’Occident. Et démontré, si c’était encore nécessaire, l’existence d’un fossé culturel entre l’Est et l’Ouest. Une différence de fond qui s’explique par l’histoire.[1]

On aurait pensé que les quatre nouveaux membres de l’Union européenne en Europe centrale (la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie) avaient toutes les raisons pour accueillir les réfugiés qui frappent à leur porte. Nombreux sont ceux qui se souviennent qu’après l’insurrection hongroise de 1956, le monde a reçu 200 000 réfugiés, soit 2 % de la population du pays ; le même nombre de Tchécoslovaques a fui après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968 ; et 250 000 Polonais ont trouvé refuge à l’Ouest après la proclamation de la loi martiale en 1981, qui a mis fin à l’expérience de la fédération de syndicats Solidarność (solidarité en polonais). Et pourtant ces pays se renferment face aux nouveaux malheureux issus d’Asie et d’Afrique, au point d’ériger des murs et des barbelés, à l’instar de ceux qu’ils ont eux-mêmes connus dans le passé et qu’ils ont défait en signe joyeux d’une nouvelle époque, celle où ils ont pu rejoindre l’Europe.

cliniqueEntrée de la cliniqueLes cliniques clandestines pour combattants djihadistes blessés du front syrien sont nombreuses en Turquie. Si elles ne sont pas officiellement reconnues par le gouvernement turc, elles travaillent la main dans la main avec les hôpitaux du pays. Ce travail médical et humanitaire sert aussi de couverture au trafic d’armes. Un reportage édifiant.

Une flopée d’hommes discute à voix basse devant l’entrée d’un garage d’un banal immeuble gris à trois étages. Ce ne sont pas des mécaniciens. De longues barbes mangent leurs visages durs et méfiants, marqués de cicatrices. Certains sont mutilés, d’autres sont assis sur des fauteuils roulants. Nous sommes dans une clinique clandestine de combattants djihadistes, à Reyhanli, dans la province turque d’Hatay, près de la frontière syrienne. Les factions rebelles islamistes de Syrie y envoient leurs blessés se faire soigner avant de les réexpédier au front.

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