bandeau art philo

Lettres

mardi, 08 septembre 2015 14:59

Baudelaire.La modernité héroïque

Écrit par

« Je veux montrer comment Baudelaire est enchâssé rigoureusement dans le XIXe siècle », écrivait Walter Benjamin à Gershom Scholem. Il ne s’agit pas de décrypter dans les thèmes baudelairiens les bouleversements économiques et sociaux, mais, par un effet de miroir, d’éclairer les uns par les autres. » La naissance de la société industrielle de masse, l’avènement du prolétariat, l’expérience de la foule dans la grande ville, la marchandise, la perte d’auréole du poète, autant de situations à partir desquelles Baudelaire, le premier à avoir appréhendé la force productive de l’homme réifié, ici rapproché de Blanqui et de Nietzsche, invente, selon Benjamin, un héroïsme moderne.

jeudi, 20 août 2015 09:21

Sade et la Révolution

Écrit par

Sade, un athée en amour,

Que n’a-t-on pas écrit contre et en faveur de Sade, tour à tour haï comme le plus scélérat des philosophes, l’ennemi du genre humain et encensé comme le père et le prophète de la modernité, le Saint-Just de la littérature, l’émancipateur de l’humanité, le martyr de cette liberté libre de toutes entraves et accouchée aux forceps de la pensée révolutionnaire, dans les fleuves de sang versés au nom de la vertu par la Terreur républicaine.

mercredi, 22 avril 2015 09:24

Philippe Sollers. Ou l'homme armé

Écrit par

Armé, Philippe Sollers, mais contre quoi ? Contre la bêtise et la technologie. Contre l’envahissement, la colique d’informations, le bavardage intempestif. Le téléphone portable a transformé le monde en une immense cabine téléphonique en plein air, en une vaste loge de concierge. Faut-il répondre à ce bavardage par d’autres mots, fussent-ils spirituels, cinglants ou frappés au coin du plus cartésien des bons sens ? Peine perdue. Vous ne serez pas entendu. Fuir à l’autre extrémité du monde ? Le monde n’a plus d’extrémités. Il est le même partout. Sa transparence est absolue.

mardi, 21 avril 2015 10:27

La romancière du vrai. Mme de Lafayette

Écrit par

Mme de Lafayette
OEuvres complètes
Paris, Gallimard
La Pléiade 2014, 1664 p.

L’œuvre de Madame de La Fayette est placée sous le signe de l’ordre, de la raison, de l’ordinaire et de la vraisemblance. C’est un théorème, une démonstration. Madame de La Fayette délaisse l’extraordinaire, le merveilleux, le chevaleresque, l’extravagant, bref tout ce qu’on appela communément pendant longtemps le romanesque, tout ce qui faisait battre le cœur des nobles intrigants et frondeurs, des précieux et des précieuses de la chambre bleue d’Athénaïs de Rambouillet.

jeudi, 22 janvier 2015 01:00

Es-tu encore magique ?

Écrit par

Jusqu'aux temps modernes, la montagne a terrifié les hommes comme le désert et la mer, car ils ne pouvaient ni la cultiver ni la domestiquer. Elle était libre. Elle échappait à la mainmise de l'homme. Aussi était-elle tenue pour sacrée. Dieu l'avait créée pour imprimer dans le cœur de sa créature un reflet de sa divine majesté. S'y aventurer, l'escalader était une profanation. Moïse seul était monté au sommet du mont Sinaï pour s'entretenir avec Dieu et recevoir de sa main ses commandements. Jésus choisit lui aussi une montagne pour y prêcher son fameux sermon, et le Golgotha est une colline.

Christian Bernard est né à Strasbourg en 1950. Concepteur et directeur du Musée d'art moderne et contemporain de Genève (Mamco), il est l'ancien di - recteur de la Villa Arson à Nice et critique d'art. Il poursuit depuis des années une intense activité de poète.

mardi, 16 décembre 2014 01:00

Alain Fournier. Un roman d'autrefois

Écrit par

Alain Fournier, Le Grand Meaulnes
Paris, Flammarion
2014, 290 p.

« Mon credo en art : l’enfance. Arriver à la rendre sans aucune puérilité, avec sa profondeur qui touche les mystères. Mon livre futur sera un perpétuel va-et-vient insensible du rêve à la réalité. Rêve entendu comme l’immense et imprécise vie enfantine planant au-dessus de l’autre et sans cesse mise en rumeur par les échos de l’autre. »

Art épistolaire, art perdu ? On n'écrit plus de lettres, de même qu'on ne se bat plus en duel : deux conséquences d'une même cause, on n'a plus le temps. Le travail tient nos nuques courbées sur nos écrans comme des galériens sur leurs rames. A-t-on encore le temps de parler à Dieu et aux femmes, de faire son examen de conscience, de dire ses prières ?

Page 3 sur 15