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Lettres

mercredi, 22 avril 2015 09:24

Philippe Sollers. Ou l'homme armé

Écrit par

Armé, Philippe Sollers, mais contre quoi ? Contre la bêtise et la technologie. Contre l’envahissement, la colique d’informations, le bavardage intempestif. Le téléphone portable a transformé le monde en une immense cabine téléphonique en plein air, en une vaste loge de concierge. Faut-il répondre à ce bavardage par d’autres mots, fussent-ils spirituels, cinglants ou frappés au coin du plus cartésien des bons sens ? Peine perdue. Vous ne serez pas entendu. Fuir à l’autre extrémité du monde ? Le monde n’a plus d’extrémités. Il est le même partout. Sa transparence est absolue.

mardi, 21 avril 2015 10:27

La romancière du vrai. Mme de Lafayette

Écrit par

Mme de Lafayette
OEuvres complètes
Paris, Gallimard
La Pléiade 2014, 1664 p.

L’œuvre de Madame de La Fayette est placée sous le signe de l’ordre, de la raison, de l’ordinaire et de la vraisemblance. C’est un théorème, une démonstration. Madame de La Fayette délaisse l’extraordinaire, le merveilleux, le chevaleresque, l’extravagant, bref tout ce qu’on appela communément pendant longtemps le romanesque, tout ce qui faisait battre le cœur des nobles intrigants et frondeurs, des précieux et des précieuses de la chambre bleue d’Athénaïs de Rambouillet.

jeudi, 22 janvier 2015 01:00

Es-tu encore magique ?

Écrit par

Jusqu'aux temps modernes, la montagne a terrifié les hommes comme le désert et la mer, car ils ne pouvaient ni la cultiver ni la domestiquer. Elle était libre. Elle échappait à la mainmise de l'homme. Aussi était-elle tenue pour sacrée. Dieu l'avait créée pour imprimer dans le cœur de sa créature un reflet de sa divine majesté. S'y aventurer, l'escalader était une profanation. Moïse seul était monté au sommet du mont Sinaï pour s'entretenir avec Dieu et recevoir de sa main ses commandements. Jésus choisit lui aussi une montagne pour y prêcher son fameux sermon, et le Golgotha est une colline.

Christian Bernard est né à Strasbourg en 1950. Concepteur et directeur du Musée d'art moderne et contemporain de Genève (Mamco), il est l'ancien di - recteur de la Villa Arson à Nice et critique d'art. Il poursuit depuis des années une intense activité de poète.

mardi, 16 décembre 2014 01:00

Alain Fournier. Un roman d'autrefois

Écrit par

Alain Fournier, Le Grand Meaulnes
Paris, Flammarion
2014, 290 p.

« Mon credo en art : l’enfance. Arriver à la rendre sans aucune puérilité, avec sa profondeur qui touche les mystères. Mon livre futur sera un perpétuel va-et-vient insensible du rêve à la réalité. Rêve entendu comme l’immense et imprécise vie enfantine planant au-dessus de l’autre et sans cesse mise en rumeur par les échos de l’autre. »

Art épistolaire, art perdu ? On n'écrit plus de lettres, de même qu'on ne se bat plus en duel : deux conséquences d'une même cause, on n'a plus le temps. Le travail tient nos nuques courbées sur nos écrans comme des galériens sur leurs rames. A-t-on encore le temps de parler à Dieu et aux femmes, de faire son examen de conscience, de dire ses prières ?

mercredi, 15 octobre 2014 15:11

Noblesse oblige

Écrit par

L'écrivain français a toujours eu un peu honte de n'être qu'un homme de lettres. Beaucoup ont été tentés par la politique. Sinon par la politique active, ils ont du moins éprouvé le besoin de dire leur mot sur les affaires publiques. Sous forme pamphlétaire (genre très français) ou autre. Cette mode ou cette maladie commence avec Voltaire. Chateaubriand, Lamartine, Hugo, Barrès ont suivi et la liste n'est pas close.

vendredi, 19 septembre 2014 10:24

Gilles F. Jobin. Jouer avec la joie

Écrit par

Gilles F. Jobin, Jouer dans le noir,
Genève, Samizdat 2013, 84 p.

Gilles F. Jobin est né en 1948 à Bon - court (Jura) et vit à Delémont. En 2013, il publie son premier livre, composé de 73 vignettes en forme d'autobiographie, de fictions et d'éléments d'actualité. N'a-t-il pas eu le temps d'écrire avant ? Ou n'a-t-il pas connu l'envie ou la nécessité de publier ? Traversé par l'exigence et la tendresse de dire, son recueil est un condensé d'humanité. Et l'homme, un véritable poète.

Sylvain Thévoz : Votre recueil, ce sont 73 textes courts, de même dimension. Travaillez-vous « sous contrainte », qu'elle soit formelle ou stylistique ? Comment structurez-vous vos poèmes ?

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