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Lettres

mardi, 29 novembre 2016 15:00

Une littérature impure

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Des goûts et des couleurs en littérature, de leur bien-fondé ou de l’inanité ou de l’inutilité des jugements littéraires. Sur quel critère sont-ils fondés? Le goût change, l’homme aussi. Ce que l’on aimait hier, l’aimera-t-on aujourd’hui ? Relit-on ce qu’on a aimé enfant? Finit-on toujours les lectures commencées? Se souvient-on même de ce que l’on a lu? Où finit le bavardage? Où commence la littérature  L’enfant distingue-t-il entre la grande et la moins grande littérature? Ces distinctions ne sont-elles pas le fait d’adultes rassis, de dégustateurs un peu blasés qui n’ont plus grand appétit.

lundi, 28 novembre 2016 17:09

Le philosophe caméléon

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Le poète John Keats disait: «Ce qui choque et scandalise le vertueux philosophe comble d’aise le poète-caméléon.» On peut se demander si le courant moderniste ou post-moderniste de la philosophie occidentale n’a pas fait sienne, en la prenant dogmatiquement au sérieux, l’assertion d’un poète qui n’était lui-même, comme il le dit, qu’un caméléon. Car il s’agit bien là d’une contestation radicale de l’esprit de sérieux, de fixité et de certitude, par des philosophes qui se posent comme des antiphilosophes, des contre-philosophes, sans pour autant être des poètes. Des poètes de la philosophie.

lundi, 28 novembre 2016 16:39

Le Nid

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Le Nid est un récit inédit écrit pour notre revue. Hyperréalisme et imaginaire se côtoient dans les romans et nouvelles de Marie-Jeanne Urech. Dernier en date, Malax (Vevey, Hélice Hélas 2016, 112 p.), un polar noir, à l’humour absurde.

lundi, 28 novembre 2016 15:34

La saison du poète

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«A ce moment l’aube se leva; sachant que Shéhérazade ne commencerait à parler qu’à la nuit, le préfacier en profita et, baisant le sol devant le roi lecteur, il dit...» (Mille et une nuits.)

Spécialiste de littérature anglaise, Gérard Joulié a traduit de nombreuses œuvres pour les éditions l’Âge d’homme, notamment de Chesterton et Saki. Il participe depuis 1984 à la rubrique lettres de choisir. Il publie des recueils de poèmes et de prose sous le pseudonyme Sylvoisal.

gerard colombatL’automne arrive, et avec les attendus prix Nobel 2016. L’an passé, le prix littéraire a distingué pour la première fois une femme de langue russe, Svetlana Aleksandrovna Alexievich, pour son œuvre engagée et courageuse, qui part et parle des profondeurs du cœur. Et qui dénonce les mensonges de l’État soviétique.

« Si tu es blessé, ne crains pas de m’appeler. Appelle-moi, toute honte bue. Et moi, j’irai jusqu’à ta porte, même par des chemins semés d’épines. Je veux que personne, même pas Dieu lui-même, n’ajuste l’oreiller sous ta tête. » (Gabriela Mistral, Poemas del éxtasis, IX)
Svetlana Aleksandrovna Alexievitch raconte qu’elle était en train de repasser du linge lorsqu’elle reçut l’appel de l’Académie de Suède lui annonçant qu’elle était la lauréate du prix Nobel de littérature 2015. L’écrivain habite un petit appartement à Minsk, au bord d’un lac, logement qui changea d’aspect dans les jours qui suivirent ce fameux appel téléphonique.

dimanche, 25 septembre 2016 10:17

Sa rencontre avec Dieu

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AlexisJeni 2016Alexis Jenni 2016 © C. FossatiHomme de lettres et de sciences, Alexis Jenni n’avait enfant qu’une image floue de la foi. Pourtant, du plus loin qu’il se souvienne, l’écrivain français avait «le goût de Dieu». De son parcours d’athée à sa rencontre avec Lui, il a fait un livre : «Son visage et le tien». Choisir lui consacre un article dans sa revue de l’automne et propose ici la vidéo de la conférence qu’il a donnée à l’Espace Fusterie de Genève, en juin 2016, dans le cadre des rencontres «Un auteur, un livre».

mercredi, 10 août 2016 15:16

Victor Frankenstein. Démiurge des Lumières

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En 1816, la romancière anglaise Mary Shelley rédige à Cologny l’histoire d’une pathétique créature cadavérique qui épouvante la société d’alors. Ce faisant, elle pose les jalons d’un imaginaire littéraire de l’expérimentation humaine et animale, menant à la post-humanité.

Après le Golem (hercule argileux de la kabbale), qu’anime le rabbin Loew dans le ghetto de Varsovie sous Rodolphe II de Habsbourg,[1] la figure de la créature révoltée contre son créateur inspire la romancière Mary Wollstonecraft Godwin, bientôt Shelley. Ayant fui l’Angleterre puritaine de la Regency, elle s’installe en mai 1816 à Cologny (villa Diodati, surplombant Genève), avec sa demi-sœur Claire Clermont et son futur mari, le poète Percy B. Shelley. Les accompagnent l’écrivain Lord Byron et le médecin William Polidori.

lundi, 08 août 2016 15:12

La voie du blâme

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Pascal Quignard,
Critique du jugement,
Paris, Galilée 2015,
264 p.

Les mystiques sont hérétiques car leur affaire est de trouver Dieu par des voies singulières. Leur démarche n’est pas en accord avec l’intention simple et somme toute assez démocratique qui est visible dans l’Evangile : le même Dieu pour tous. Les mystiques se posent en aristos, en spécialistes, en connaisseurs de Dieu - eux qui se méfient tant du savoir et qui prétendent que Dieu est inconnaissable et qu’il ne se connaît même pas lui-même - et se réservent une grâce choisie, trouvée par une voie savante et ardue - fût-elle celle du blâme, fût-elle contraire à tout savoir, qu’il soit philosophique ou théologique.
Pascal Quignard s’inscrit indéniablement dans cette lignée de mystiques plus ou moins sauvages dont l’Eglise a gardé certains dans son giron et dont elle a excommunié beaucoup d’autres. Dans le cas de Quignard elle n’aura pas d’excommunication à prononcer, ce dernier s’étant, si j’ose dire, excommunié lui-même depuis longtemps en déclarant sinon haut et fort, du moins dans chaque ligne de ce qu’il écrit, son athéisme.

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Coédité par choisir et les éditions Slatkine, ce recueil regroupe douze nouvelles retenues par le jury du concours pour écrivain(e)s lancé par notre revue lors de son 60e anniversaire.

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Michel Gounot Godong

Hier traîtres ou champions de la version, aujourd’hui passeurs de culture, voire même auteurs, les traducteurs suscitent un intérêt certain. Une évolution qu’analyse Josée Kamoun.


Michel Gounot Godong

Scénarios de films imbibés de whisky, cinéastes alcooliques, publicités pour des marques de bière: l'ivresse côtoie depuis des décennies Hollywood. Virée éthylique avec Patrick Bittar dans le cinéma étasunien.