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De g. à dr. : André Malraux, Marcel Gauchet, Edgar Morin et Jacques Monod (haut) ; John Updike, Emmanuel Carrère et Michel Houellebecq (bas). © Ldd« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas. » Même si l’orientation majoritaire des sociétés occidentales sécularisées paraît contredire ce propos attribué à André Malraux, divers témoignages et observations liés à l’actualité récente conduisent à l’évoquer à nouveau, en suscitant des interrogations sur les liens possibles entre le besoin de religion et le vide existentiel des sociétés contemporaines.

Professeur émérite de Science politique à l’Université de Toulouse-Capitole. Auteur de nombreuses études consacrées à l’histoire des idées, dont Les Non-conformistes des années 30. Une tentative de renouvellement de la pensée politique française, Paris, Seuil 2001, 576 p.

jeudi, 01 juin 2017 09:34

La démocratisation du radicalisme

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Que l’on parle de politique ou de religion, le radicalisme repose sur la certitude de détenir la vérité et sur le désir d’imposer celle-ci à tous, par n’importe quel moyen. Cette tentation totalitaire habite l’homme depuis toujours, mais elle trouve aujourd’hui les moyens de son épanouissement.

Ana Petrache vient de publier sa thèse Gaston Fessard: un chrétien de rite dialectique ? (Paris, Cerf 2017, 304 p.), qui porte sur la pensée de ce jésuite contre toute forme de totalitarisme. Elle s’intéresse aux relations entre le religieux et le politique et a travaillé pour la Fondation pour la recherche et le dialogue interreligieux de l’Université de Genève.

M. Spilker, réd. en chef de kath.ch, et U. Tilgner © Jacques BersetM. Spilker, réd. en chef de kath.ch, et U. Tilgner © Jacques BersetFustigeant la politique occidentale au Moyen-Orient, le journaliste allemand Ulrich Tilgner, qui a couvert pendant plus de trois décennies les endroits chauds du Moyen-Orient, a déploré la visite du président américain Donald Trump en Arabie saoudite, pour y vendre des armes pour plus de 100 milliards de dollars. Invité à Einsiedeln le 21 mai 2017 par l’œuvre d’entraide catholique Aide à l’Église en détresse (AED), ce grand spécialiste du Moyen-Orient était l’un des débatteurs à une table-ronde sur la responsabilité des religions dans la guerre.

Lutter contre les terroristes islamiques uniquement par des moyens militaires ne suffit pas, cela peut même être contre-productif, estime Ulrich Tilgner. «Un civil tué dans un bombardement, ce sont à coup sûr dix nouvelles recrues pour Daech!»

Caire«La charité est l’unique extrémisme des croyants...» Naïf? Pas tant que cela. Le pape François est malin. Par là il nomme directement le cœur du problème: la vengeance dans les mentalités arabes (et juives) qui empêche toute réconciliation, prolonge les guerres indéfiniment et refuse que la paix s’installe.
Au Caire, les 28 et 29 avril, il a prononcé à son arrivée deux discours de paix et de réconciliation très applaudis, qui ont été retransmis à la Une de la TV égyptienne. Le premier lors de la Conférence pour la paix à la célèbre université millénaire sunnite d’Al-Azhar et l’autre à l’accueil du maréchal Al Sissi devant un parterre de diplomates. Il fallait voir l’accolade chaleureuse du grand imam Ahmed al-Tayeb pour saisir les profonds sentiments d’amitié qui lient les deux hommes, en même temps que le vif désir de l’imam que son «frère de Rome» vienne l’aider à établir la paix dans son pays si fragilisé.

jeudi, 27 avril 2017 08:10

Le fort sens religieux de l'Egypte

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À la veille du voyage du pape François en Égypte, les 28 et 29 avril 2017, le Père Samir Khalil, jésuite égyptien de renommée internationale, a expliqué à I.MEDIA pourquoi l’Egypte possède une place à part dans le christianisme au Moyen-Orient. Il est directeur du CEDRAC, Centre de documentation et de recherches arabes chrétiennes, au sein de l’Institut pontifical oriental à Rome. Une information de cath.ch.

Pere Samir Khalil Samir Photo Jacques BersetÀ la question de savoir pourquoi le monachisme connaît un renouveau dans le pays, le Père Samir rappelle qu'il s'agit là d'une tradition égyptienne ancrée.

lundi, 24 avril 2017 16:59

Alep, vers la résurrection

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10 avril 2017, transfert des dépouilles. Aujourd’hui on a transféré la dépouille de mon père au cimetière officiel. Depuis 2013, les cimetières étaient en ligne de front. L’État avait donné un terrain aux chrétiens, pour qu’ils y enterrent provisoirement leurs morts, près du monastère des sœurs carmélites. Maintenant qu’on a de nouveau accès aux cimetières, les communautés chrétiennes commencent à transférer les dépouilles, à condition que le décès ait eu lieu au moins deux ans auparavant.
Malheureusement, pas mal de gens ne sont pas venus pour demander le transfert des dépouilles de leurs proches; ou bien ils ne sont plus là, ou bien ils n’ont pas assez d’argent pour payer les frais de ce transfert, ou, et c’est le cas pour quelques-uns, ils n’ont pas de caveau familial et cela coûte cher d'en acheter un.

mardi, 11 avril 2017 09:21

Les sèves divines

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«Pensant que c’était le jardinier» (Jean 20,15).

Lorsque Marie, la première, rencontre le Seigneur ressuscité, elle voit en lui un jardinier. Est-ce une méprise ou au contraire la manifestation de son profond enracinement en l’être de Dieu, auquel, depuis le premier jour, le Créateur nous appelle et nous forme?

Dans le célèbre chapitre 20 de l’évangile selon saint Jean, Marie, la première, rencontre le Christ ressuscité seule à seul. Eplorée, elle a cherché en vain le Seigneur dont le corps ne se trouve plus dans le tombeau. Après diverses péripéties, elle est abordée par Jésus lui-même: «Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?» Marie alors, «pensant que c’était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi j’irai le prendre» (Jn 20,14-15). On connaît la suite: Jésus se contente de l’appeler par son nom: «Marie» et elle, «s’étant retournée, lui dit en hébreu : Rabbouni, ce qui veut dire Maître» (Jn 20,16). J’aimerais m’arrêter sur cette énigmatique mention du jardinier.

eucharistIl est temps pour les évêques catholiques de cesser d’attendre un accroissement du nombre des vocations au sacerdoce célibataire et de reconnaître que l’Église a besoin de prêtres mariés pour servir le peuple de Dieu. Nous ne pouvons pas avoir une Église catholique sans la célébration des sacrements; et on a besoin de prêtres pour célébrer l’eucharistie, entendre les confessions et donner l’onction aux malades. Au cours de son dernier repas, Jésus a dit: «Faites ceci en mémoire de moi», mais il n’a pas dit: «Instituez des prêtres célibataires.» La nécessité de l’eucharistie prend le pas sur le célibat des prêtres.

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Coédité par choisir et les éditions Slatkine, ce recueil regroupe douze nouvelles retenues par le jury du concours pour écrivain(e)s lancé par notre revue lors de son 60e anniversaire.

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